PMA pour tous.s.es

Il suffit ! On va nous bassiner avec la péèma pendant des plombes, c’est dans les tuyaux, or tout cela est du bidon de tôle rouillée sans un gramme de plomb dans la tête. La gosse PMA n’est pas davantage un truc pour faire des mioches que son frère PMU n’est un truc pour gagner au tiercé. Oui, il arrive que l’on gagne au turf en ayant joué trois bourrins, mais le PMU n’est pas fait pour ça, il est au contraire destiné à piquer leur pognon à ceux qui avaient espéré en gagner en y jouant. De même que le PMU est une affaire de fric avant tout, la PMA est d’abord une histoire de gros sous.

Tout cela s’appelle du foutage de gueule et rien d’autre.

« Homosexuelles » (c’est le truc à la mode, d’autant plus à la mode que ça caresse les droitards dans le sens de leur poil anti-muz), « désir d’enfant » et « amour » puant à toutes les sauces, tous les ingrédients de la daube publicitaire sont réunis pour vendre le produit. Car la péèma, la PMA, la « procréation médicalement assistée », en termes propres l’ « insémination artificielle », qu’est-ce sinon que de vendre du faux, de l’artificiel, de la technique industrielle à de pauvres gourdes ? Rien. Qu’est-ce qui est avant tout produit sous le sigle de PMA ? du PIB ! la PMA est avant toute autre chose productrice de produit intérieur brut : les blouses blanches tripoteuses d’éprouvettes et de leurs contenus, en s’agitant et ce qu’il y a dans celles-ci, par leur agitation même, font du « travail », ils s’agitent pour faire du PIB. Et c’est cela qui pousse à légaliser la PMA : le fric, le fric qui part en Belgique ou en Espagne et que l’on veut que récupère le lobby des diafoirus de l’Hexagone.

Mais on nous camoufle ça sous de l’ « éthique » (et toc) qui serait touchée, ou pas, par le fait que l’on engrosse les filles sans mettre en elle l’outil propre à cet effet. Sophismes. On va nous raconter qu’une femme voudrait être mère sans faire ce qu’il faut pour cela, ce truc tout bête de faire ça avec un mec qui va lui donner gratos, et écologiquement, ce qu’il faut pour devenir ce qu’elle désirerait être. C’est quoi, ces filles qui veulent être dépucelées par le môme qui va sortir de leur vagin ? elles se prennent pour la Vierge Marie ? idées chrétiennes devenues folles, dirait à juste titre Chesterton ! Arrêtez là le délire !

On va me raconter que les zétérosexuelles, les femmes en couple avec un homme infécond, y ont droit ; alors que celles qui ne sont pas dans cette situation n’ont pas cette possibilité. Oui, l’argument n’est pas infondé. Pourquoi cette femme mariée avec un homme stérile ne fait pas l’enfant que veut son couple avec le facteur comme il se disait que cela se faisait jadis ? J’opine, si une femme veut un enfant, elle doit faire ce qu’il faut pour le faire avec l’homme qui se présente susceptible de lui donner ce qu’elle attend. Bien des couples de lesbiennes et de gays se sont ainsi mélangés pour faire des enfants ensemble. Ça n’a rien coûté à personne et tout est très bien ainsi. Mais on en revient au flouze, à l’oseille, au grisbi. Évidemment qu’il n’est pas normal qu’une femme, sous prétexte que son mari ne peut pas le lui faire, ait droit de se faire inséminer sur fonds publics par un sperme anonyme ! C’est injustice. La prise en charge par la solidarité nationale d’une PMA devrait être exclusivement réservée aux femmes pour lesquelles seule une procréation assistée médicalement est nécessaire. Celles qui peuvent faire un môme avec le premier venu hormis leur compagnon ne devraient en aucun cas voir leur coûteuse fidélité vaginale subventionnée par la Sécurité sociale. Car c’est injustice. Mon Dieu ! elles devraient faire la chose avec un homme qui n’est pas celui-etc. ? Tu parles ! comme s’il n’y en avait pas d’autres que celui-là qui lui sont montés dessus ! ou comme si c’était la mer à boire que de se faire couvrir par un homme ! Non mais qu’est-ce que vous voulez me faire croire ? Qu’il y a quelque chose de saint au fond de ce truc-là ? vous rigolez ! La chochotte va être traumatisée parce que quelqu’un dont elle n’est pas amoureuse lui a fait la chose ? Eh bien si c’est ça, mieux vaut que cette mijaurée n’ait jamais d’enfant ! car pauvre môme que celui qui serait celui d’une telle névrosée.

Il y a une une question annexe, celle des reconnaissances de parentalité. Le problème est que nous sommes sous le Code civil ; or, ce code, moderne à l’époque où il a été mis en place par Napoléon, est ridicule au regard (non pas de la morale qui aurait évolué) de la science contemporaine. Et la loi Taubira a été catastrophique de ce côté-là : elle a aggravé encore la ringardise de ce texte qui ne correspond plus à rien aujourd’hui. Quand le Code civil a été rédigé, il était impossible de savoir qui était le père biologique d’un bébé. Le code a tranché que le mari de la mère était père de l’enfant, ce qui (aujourd’hui cela représente encore une naissance sur dix) n’était bien souvent pas le cas ; mais on n’avait guère de moyen, à l’époque, même en cas de soupçons sérieux, de vérifier que le père légal ne l’était pas biologiquement. Les tests de paternité font de cette loi, débilement étendue aux couples de même sexe par la poétesse à balle-deux Christiane, quelque chose de proprement antédiluvien. Il faut une évolution législative de la parentalité, scinder la parentalité biologique de celle effective de l’éducateur, c’est une obligation scientifique (et foutez-moi la pais avec l’ « éthique » !). Il faudra aussi reconnaître divers niveaux de parentalité biologique pour la même raison scientifique. Il y a des parentalités par les ovules, et par le ventre pour la GPA, parentalités assez semblables aux fraternités « de lait » des bébés qui étaient jadis allaités par des nourrices. Il y a surtout la parentalité génétique, par les gènes obtenus exclusivement d’un seul homme et d’une seule femme, parentalité qu’il est indispensable que les législations arrêtent de dénier dans la mesure où ce sont les seules scientifiques.

Alors, quelle serait la solution juste en matière de PMA ? Elle est évidente : les inséminations artificielles ne devraient être prises en charge que et seulement que pour les femmes dont le problème de fécondation n’est pas dû à l’infertilité de son compagnon. Les autres devraient pouvoir le faire mais uniquement de leurs propres deniers. Les fantasmes, dont la fidélité sexuelle, ça se paye ! Oui à l’autorisation de la PMA pour toutes en France, mais non à son remboursement (sauf exceptions déjà citées) par la solidarité nationale !

 

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L’union de la droite souverainiste

Vu de la planète Jupiter, lieu où je me suis caché jusqu’à nouvel ordre, l’épisode « Philippot quitte le FN » est très amusant. Résumons. Ce week-end, Nicolas Dupont-Aignan invite à un rassemblement de la droite allant depuis LR jusqu’au Front national, lui-même se situant au centre du jeu (on le comprend, c’est la meilleure place). Mais bon… tout cela n’est pas sorti ce week-end ! Depuis bien avant les présidentielles, deux mouvements politiques s’opposent radicalement, en particulier hors de la boboïtude de la gaugauche-panier qui court de NKM, Hamon jusqu’au Parti communiste. L’un de ces mouvements est souverainiste, français, antilibéral et antimondialisation (la moitié des Insoumis est de ce bord) ; l’autre est conservateur, voire réactionnaire, et promouvant la « civilisation européenne », économiquement ultralibéral et islamophobe, voire raciste, sur les bords.

Très clairement, toutes les interventions de Marine Le Pen, la chef du FN, ont toujours été du premier côté, celui de la souveraineté nationale et elle ne s’est jamais montrée « identitaire » et encore moins économiquement libérale. Son père, le chansonnier de talent Jean-Marie, a lui erré par-ci par-là selon son inspiration. Mais pas sa fille, qui n’est pas si cabotine que son père ; elle, Marine, a toujours tenu une ligne antimondialiste et donc anti-européiste puisque l’UE est le cheval de Troie de la mondialisation en Europe.

Mais la « droite » (entre guillemets puisque je n’ai toujours pas plus compris ce que c’est que ce qu’est la « gauche ») croit avoir trouvé son Graal. Ce Graal est culturel, défendre les « valeurs » de la France ou, plus précisément, celles de l’Europe, une Europe fantasmée, chrétienne, blanche et anti-mahométane. (Passons vite sur le fait que si je devais définir « l’Europe », je dirais que c’est comme « l’Indochine » : un ensemble de populations qui ont en commun d’avoir passé le plus clair de leur temps à se faire la guerre. À ce titre, la Turquie de la Sublime Porte est tout à fait « européenne ».) S’appuyant sur les ascendances grecques et romaines antiques, ce courant nous fait du n’importe quoi. Les civilisations grecques et romaines, polythéistes et machistes, n’ont rien à voir avec notre société occidentale contemporaine. Quant aux Celtes et aux Germains, eux aussi étaient polythéistes alors que les Occidentaux d’aujourd’hui sont monothéistes, exactement comme les musulmans avec lesquels ils rêvent de « choc des civilisations », voire athéistes (c’est-à-dire adeptes d’une secte monothéiste qui se passe du seul dieu qui restait). Laissons de côté la question religieuse même si elle mériterait que l’on s’y attarde tant elle est à mourir de rire.

La droite nouvelle qui sort de l’œuf où elle s’était planquée est portée par les « Identitaires », Julien Rochedy (un ex-FN) et un rigolo de Youtube, Daniel Conversano (célèbre pour s’être fait casser la gueule par l’homme au canapé rouge). Éric Zemmour, peut-être par désespoir de voir une autre opposition naître pour faire front à la politique menée en France sans aucun changement depuis 1983, milite pour cette ligne.

Parlons du Front national ! Ce parti, fondé avec le chansonnier, fut un ramassis de tout et n’importe quoi : des nationalistes, d’anciens résistants et d’anciens collabos, des gaullistes et des Algérie-française. Du rien, et pendant des décennies ce rien a été égal à moins de 1 %. Mais le parti et la situation ont évolué, l’invasion migratoire en a été le moteur et a dopé les scores du FN dans deux directions différentes : l’une contre le mondialisme industriel et financier qui veut cette immigration pour l’exploiter, l’autre contre la culture propre aux migrants. La première, celle de l’infrastructure économique, était celle parfaitement portée par Florian Philippot et suivie jusqu’alors par Mme Le Pen, et même par son père dans les années 2000. La seconde est celle d’alliés du FN – tels Robert Ménard ou Gilbert Collard – et nombre de ses militants pour qui la superstructure idéologique est déterminante. Pour ces derniers, peu ou prou, le souci, outre la race, est que les immigrants n’ont pas la culture du cru.

Au FN, la « ligne Philippot » est très critiquée : beaucoup ont envie de « casser du bougnoule » sans s’embêter avec des considérations antimondialistes et en se disant que cette guerre qu’ils attendent sera plus facile en s’alliant avec tous les « Européens ». Qui plus est, l’ex numéro 2 du parti est réputé homosexuel, ce qui n’est pas bien du tout (et ce même si, alors qu’ils étaient globalement opposés au mariage gay imposé par Hollande-Taubira, ils sont prêts à avaler cette couleuvre pour la bonne raison que les musulmans condamnent, quasi unanimement, l’homosexualité. Leur message devenant : « Les pédés avec nous contre les bronzés ! ») pour des gens qui n’ont que le fait d’être réactionnaires à vendre. En résumé, avec le départ de Philippot du Front, c’est la ligne droitarde anti-musulmane, anti-africaine et, par ailleurs, fustigeant ces « fainéants », comme dirait l’autre, d’assistés qui reçoivent des aides sociales tandis qu’eux-mêmes, les pauvres, sont sans cesse à bosser.

Voilà donc Philippot hors du FN… alors que Dupont-Aignan comptait bien sur lui pour faire la jonction à laquelle il avait pensé. C’est-à-dire que le président de DLF se trouve contraint d’avoir à choisir entre un démissionnaire et une ligne droitarde et homophobe. Pourtant, ce départ du FN devrait faciliter le rapprochement entre le droite classique des Republicans conservateurs, bourgeois et catholiques de Fillon qui, eux aussi, préfèrent eux-mêmes donner l’obole de leur main (Dieu le leur rendra) que de le laisser faire par l’État. Car, au fond, quelle différence entre la droite de Wauquiez-Morano et celle du FN si ce n’est ce que représentait Philippot, c’est-à-dire avant tout la sortie de l’Union européenne et la sortie de l’euro ?

Disons-le, la balle lancée par NDA va être difficile à reprendre ! Impossible de se rapprocher de Philippot en même temps que des eurobéats de l’ex-UMP. Et impossible, sans se renier totalement, de se rapprocher d’un FN devenu franchement marqué à droite et rêvant de la croisade de la chrétienté européenne contre les barbus… Eh bien, bon courage à tous !

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Intervention de Bastien Lachaud à l’Assemblée nationale

 

Intervention du député Bastien Lachaud à l’Assemblée nationale le lundi 24 juillet 2017 à propos de la loi dite de « confiance » ou de « moralisation »

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« Si vous voulez détruire l’avarice, commencez par détruire le luxe qui en est la source » : ces mots de Cicéron, prononcés il y a maintenant deux mille ans, résonnent particulièrement à nos oreilles car ils font écho intimement à la réalité contemporaine de notre pays et, plus largement, du monde. Nous vivons dans une société profondément inégalitaire. L’argent seul est synonyme de réussite sociale. La valeur d’une personne est aujourd’hui appréciée à l’aune de son seul revenu ou de son patrimoine. Jamais les écarts de fortune n’ont été aussi grands. Les riches sont toujours plus riches, les pauvres, toujours plus pauvres. Les écarts ne cessent de s’accroître : la fortune des 1 % les plus riches a dépassé celle des 50 % les plus pauvres. En vingt ans, les revenus des plus riches ont progressé 182 fois plus rapidement que ceux des plus pauvres.

Ces hyper-riches voient leurs revenus et leur patrimoine s’envoler. Les écarts de richesse s’accroissent de façon exponentielle. Mais que font-ils de leur richesse ? Est-elle utile écologiquement ou socialement ?

Prenons un exemple pour en juger : la « guerre des yachts ». Elle a commencé en 1997 quand le milliardaire Leslie Wexner a inauguré son yacht long de 96 mètres, soit 33 de plus que son principal rival. Aujourd’hui, on assiste à une véritable compétition sur l’eau. Pour y tenir son rang, il faut être prêt à dépenser 330 millions d’euros et à rivaliser d’imagination en matière d’équipement intérieur. À ce jeu, le milliardaire Paul Allen est relativement doué : il possède un yacht de 126 mètres de long, équipé d’un terrain de basket, d’un héliport, d’une salle de cinéma et d’un sous-marin en fond de cale.

L’argent n’est plus caché, il faut l’exhiber. Thorstein Veblen, économiste du XIXe siècle, expliquait fort justement que la possession de la richesse est un moyen de différenciation. Elle n’a pas vocation à répondre à un besoin matériel – ce qui est aisément assumé – mais à conférer une distinction provocante, ce qui suppose d’exhiber les signes d’un statut supérieur. Cela nourrit une consommation ostentatoire et un gaspillage généralisé. Car que reste-t-il à acheter après les yachts que je viens de décrire ? Autre chose, n’importe quoi, car la satiété ne connaît pas de limite dans une compétition somptuaire.

Au-delà de l’indécence sociale, ces comportements posent un problème pour la survie même de notre écosystème. En effet, nous ne sommes pas dans une période neutre de l’humanité : son existence même est menacée car nous utilisons chaque année plus de ressources que notre planète n’en produit. L’écosystème humain doit être préservé. Une bifurcation de notre modèle de société est indispensable pour assurer notre survie.

Pourtant, cette classe dirigeante prédatrice et cupide, l’oligarchie, est un obstacle sur ce chemin. Aucun projet, aucun idéal ne la guide. Au XIXe siècle, l’exploitation du prolétariat était justifiée par le sentiment d’incarner le progrès scientifique ou encore les idéaux humanistes des Lumières. Après-guerre, il fallait défendre la liberté face au contre-modèle totalitaire. Mais aujourd’hui, à l’heure de la fin de l’histoire, l’idéologie capitaliste ne sait plus que s’auto-célébrer.

Reprenant les paroles de Mme Thatcher, l’oligarchie, qui étend son pouvoir dans tous les domaines, prétend qu’il n’y a pas d’alternative : pour en finir avec l’injustice, il suffit d’accroître toujours plus la fortune des riches. Cette prétendue utilité économique de l’oligarchie ne sert que sa propre reproduction. Le nombre de pauvres et les inégalités en sont la preuve criante.

Pourtant, le mode de vie de ces hyper-riches est érigé en modèle pour la société alors même qu’il contribue à sa destruction. C’est le président Macron, alors ministre du soi-disant ennemi de la finance, François Hollande, qui résumait cette injonction en une phrase éclairante : « Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires ». Cette phrase s’inscrit dans la lignée du président Sarkozy dont le conseiller affirmait que si, à 50 ans, on ne possédait pas de Rolex, on avait raté sa vie. L’argent, l’argent, voilà l’horizon que les dirigeants de ce pays fixent à notre jeunesse ! Voilà d’où vient la corruption de ce pays ! Voilà les comportements qu’il faut combattre !

Le plus grand corrupteur est au pouvoir, c’est l’argent roi ! Lorsque l’on s’attaque à un mal, il faut en arracher les racines, sinon il repousse. Et pourtant, cette lutte, il n’en est absolument pas question dans ce projet de loi. Pire, les avancées que les sénateurs avaient osé introduire contre l’avis du gouvernement – les insensés ! – ont été systématiquement supprimées à la demande du gouvernement.

Ce projet de loi n’est absolument pas à la hauteur des enjeux. Peut-être parce qu’il s’agit d’une loi de moralisation, bien que vous refusiez ce terme, madame la ministre. En effet, la moralisation consiste à rendre les actions conformes à certains principes. Mais la définition de la morale est collective et floue : est moral ce qui est socialement acceptable. Or la société accepte beaucoup de choses, pourvu qu’elle y soit habituée et qu’elle les considère comme normales. Et, dans notre société, il est normal de s’enrichir à outrance.

Pire encore, la morale relèverait de l’appréciation personnelle de ce qui est socialement acceptable. La morale finit par être ma morale, ce que j’estime moral de faire. Dit ainsi, on comprend mieux l’échec de tous ceux qui ont voulu moraliser le capitalisme.

La loi de moralisation vise à rendre acceptable ce qui ne l’est pas pour le moment, soit en limitant certaines pratiques, soit en renforçant certains contrôles pour rendre les pratiques conformes aux attentes du plus grand nombre. Il s’agit de changements dictés par les attentes d’une société et non par ce qu’il faudrait faire. Il s’agit davantage d’éviter les affaires – je n’y reviens pas – que de rendre la vie publique conforme à ce qu’elle devrait être.

Pourtant, Mme le rapporteur l’a noté, la vertu est une qualité individuelle, non un principe collectif. Étymologiquement, elle signifie l’excellence, ou le fait, pour une chose, d’être parfaitement conforme à ce qu’elle devrait être. Il appartient aux institutions de prévoir un cadre dans lequel les pratiques sont vertueuses. Sans ce cadre contraignant, tout repose sur l’appréciation personnelle. Nous avons donc besoin d’une véritable loi de vertu républicaine. Si vous voulez lutter efficacement contre la corruption, il faut que les corrupteurs soient poursuivis !

Comment lutter contre la mainmise de l’oligarchie sur notre société ? Tout d’abord en réduisant les écarts de salaires. Déjà, en 2000, l’un des grands penseurs du management américain, Peter Drucker, avait lancé cette mise en garde : « Il y a trente ans, le facteur multiplicatif entre le salaire moyen et le salaire le plus élevé d’une entreprise était de 20. Maintenant on avoisine les 200. C’est extrêmement pernicieux. Le banquier J.P. Morgan avait fixé comme règle que le top management ne devait pas avoir un salaire qui excède vingt fois celui d’un salarié moyen. Cette règle était très sage. Il y a aujourd’hui une attention démesurée portée aux revenus et à la richesse. » Voilà ce que disaient les penseurs du management américain en 2000.

Aujourd’hui, nous n’en sommes plus là. Il y a eu 16,8 millions pour Olivier Brandicourt, le président-directeur général de Sanofi, en 2015. À votre avis, combien d’années de SMIC cela représente-t-il ? Mille deux cents ! Mille deux cents années de SMIC ! Si seulement c’était une exception… Mais non, c’est une pratique courante : la rémunération moyenne des patrons des 120 plus grosses entreprises française s’élève à 3,5 millions d’euros. Celle des patrons du CAC 40 est de 5 millions. Comment les Français, dont le revenu médian, certains ici l’ont oublié, est de 1 700 euros par mois, peuvent-ils avoir confiance – c’est le titre choisi pour ce projet de loi – dans une société qui permet de tels écarts de revenus ? Ce n’est pas possible !

Il faut imposer un écart maximum de salaires de 1 à 20 dans les entreprises. Tout grand patron qui voudra augmenter son salaire devra ainsi augmenter tous les autres. Voilà une mesure vertueuse pour l’entreprise, pour l’économie, et pour la France. Et pourtant, madame le garde des sceaux, rien de tout cela dans votre projet de loi !

Si au moins, ces hyper-riches payaient leurs impôts en France ! Mais non : les paradis fiscaux les accueillent à bras ouverts ; ils y courent pour protéger leur fortune car l’imposition des successions, fortunes et autres patrimoines y est réduite à la portion congrue.

Il n’est même pas besoin de partir au bout du monde. Les paradis fiscaux sont à nos portes, au sein même de l’Union européenne. L’évasion fiscale, l’optimisation pour les moins téméraires ou les plus pleutres, font d’ailleurs partie des règles de bonne gestion. L’évasion fiscale des entreprises coûte au moins 100 milliards de dollars par an aux pays pauvres, selon l’association OXFAM. Avec cette somme, les 124 millions d’enfants non scolarisés pourraient bénéficier d’une éducation.

Pire, ces paradis fiscaux sont un moyen utile de pression pour suggérer aux États d’abaisser la fiscalité sur les riches. Vous connaissez, mes chers collègues, cette antienne selon laquelle si on les taxe, les riches vont partir. Eh bien, qu’ils partent ! Ils ne servent à rien, eux qui ne veulent même pas contribuer à l’effort national.

Et d’ailleurs, s’ils partent, nous saurons les poursuivre. Parce qu’il faut instaurer une taxation différenciée : tout citoyen devra payer au fisc le différentiel entre ce qu’il aurait payé en France et ce qu’il a payé dans son pays de résidence. Voilà une autre mesure que nous proposons. Notre inspiration ? La Corée du Nord, messieurs les Républicains ? Même pas : les États-Unis d’Amérique, qui appliquent une telle législation depuis des années, sans que leurs riches ne se soient enfuis !

En France, cette législation aurait une conséquence immédiate : en finir avec les 90 milliards par an de fraude fiscale. Savez-vous ce que cela représente ? Une fois et demie le budget de l’éducation nationale, à l’heure où le ministre des finances publiques se gargarise de couper 4,5 milliards dans les finances publiques ! Et que dire de la baisse des allocations logement pour les étudiants, de la hausse de la CSG pour les retraités ? Tous les étudiants ne vivent pas avec 1 000 euros par mois comme le faisait notre président !

Tout ça pour quoi ? Pour le bien de la France et des Français, des plus démunis et des classes moyennes ? Que nenni ! Pour financer la baisse de l’impôt sur les grandes fortunes. On voit que les riches ont été bien entendus et servis par le gouvernement.

Au lieu de reproduire des solutions qui ne marchent pas, mieux vaudrait lutter contre la fraude fiscale. Voilà une proposition utile et simple. Et pour favoriser cette lutte, qu’y aurait-il de mieux que de faire sauter le verrou de Bercy, cette tradition digne de l’Ancien Régime, qui crée une juridiction à part et empêche le pouvoir judiciaire d’initier une procédure pénale en cas de fraude fiscale ? Pourtant, madame le garde des sceaux, il n’y a rien de tout cela dans votre loi. Pire : vous avez demandé à votre majorité de supprimer l’amendement du Sénat.

Pour que de telles pratiques puissent se déployer dans la société, il faut bien que l’influence de l’oligarchie s’étende jusqu’à la haute administration. Le pantouflage et le conflit d’intérêts sont donc des pratiques contre lesquelles il faut lutter.

Pantouflage : le terme s’appliquait à l’origine aux polytechniciens qui préféraient partir dans le privé – la pantoufle – plutôt que dans la fonction publique – la botte. Aujourd’hui, pourtant, ils sont nombreux à être à la botte de la finance et de l’oligarchie.

 

Et c’est encore plus vrai dans les grands corps : 75 % des inspecteurs des finances pantouflent dans leur carrière, à l’image du président Macron. Leur salaire est ainsi multiplié par dix, voire plus. Avant, il fallait choisir entre le pouvoir et l’argent. Aujourd’hui, on peut avoir les deux en très peu de temps. Voilà un mélange des genres qui ne donne pas confiance. En effet, les conflits d’intérêts sont nombreux, comme le montrent les différents exemples qu’il nous est donné de voir.

Une dizaine de conseillers du président Hollande sont ainsi partis dans le privé au cours de son mandat. Julien Pouget, conseiller économie, parti travailler pour Total. Xavier Piechaczyk, conseiller transports et environnement, rejoignant le directoire de RTE – Réseau de transport d’électricité. David Kessler, ancien conseiller culture et communication, parti travailler pour Orange Studio. Benoît Loutrel, numéro deux de l’ARCEP, recruté par Google France.

Mais c’est bien le secteur bancaire qui détient la palme du pantouflage, donc du conflit d’intérêts. Les exemples sont légion. Ne citons que les plus explicites, comme David Azéma, directeur général de l’Agence des participations de l’État, recruté par une des plus grandes banques américaines, Merrill Lynch, ou Pierre Mariani, directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy au budget avant de rejoindre BNP Paribas et de prendre la direction de la banque Dexia.

L’un des exemples les plus emblématiques et les plus scandaleux est celui de l’ancien directeur du Trésor et directeur général des finances publiques Bruno Bézard, recruté par un fonds d’investissement franco-chinois, Cathay Capital, alors qu’il avait connaissance de la situation de l’ensemble des entreprises françaises dans lesquelles l’État avait des participations.

Le président de la commission de déontologie explique lui-même que la loi est compliquée et qu’il est nécessaire de légiférer pour clarifier les choses. Que dire en effet du rétro-pantouflage de ces fonctionnaires qui reviennent dans la fonction publique après être passés par le privé, donc après avoir noué des contacts très proches avec les entreprises dont ils ont à réguler – ou non – les affaires ?

On peut citer Nicolas Namias, passé par la direction du Trésor, la Banque populaire Caisse d’épargne, puis devenu conseiller du Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Sa complaisance au moment de l’élaboration de la loi de séparation bancaire de 2013, qui n’a eu d’impact que sur 0,5 % des activités de la BNP Paribas et de Natixis, pose question, car il a été recruté un an plus tard à la direction stratégique de Natixis. Au final, peut-on être sûr qu’il défend l’intérêt général, comme doit le faire tout bon fonctionnaire ?

L’ancien secrétaire de l’association Finance Watch use d’une expression bien trouvée à ce propos : selon lui, on a toujours un petit lutin à l’arrière de son cerveau, qui vous dit que ce n’est peut-être pas très malin d’aller à l’encontre des désirs du secteur bancaire, au cas où… Voilà ce que se dit un fonctionnaire de l’inspection générale des finances et des grands corps de l’État ! Il faut que cela cesse !

Afin de prévenir toute situation potentielle de conflit d’intérêts et de garantir l’entier engagement au service de l’État et de l’intérêt général des fonctionnaires, le passage dans le privé pour des activités de conseil ne devrait pas pouvoir avoir lieu avant une période d’attente. C’était d’ailleurs le cas avant 2007. Le Sénat avait proposé de restaurer ce délai, mesure sage. Vous en avez décidé autrement. Il faudrait interdire aux hauts fonctionnaires de pantoufler avant d’avoir rempli leur obligation décennale au service de l’État. Aux termes d’une telle mesure, Edouard Philippe n’aurait pas pu rejoindre AREVA sept ans seulement après être sorti de l’ENA. Au final, il n’y a rien dans ce texte pour lutter contre les conflits d’intérêts et le pantouflage.

Enfin, pour contribuer à restaurer la confiance dans l’action publique, il faut que les Français puissent avoir confiance dans la presse ! Ce n’est pas le cas. L’enquête annuelle de l’institut Kantar pour le quotidien La Croix, datant de février 2017, révèle une dégradation accrue des relations entre les Français et les supports d’information : 52 % ont confiance dans les informations qu’ils écoutent à la radio, 41 % dans celles de la télévision. La concentration des médias au sein de quelques grands groupes industriels est véritablement un recul pour leur indépendance vis-à-vis des puissances de l’argent et des intérêts privés : 80 % des médias sont aux mains de neuf milliardaires ! Au total, ils sont une vingtaine à détenir la quasi-totalité des supports médiatiques. Et d’ailleurs, combien d’entre eux ont voté pour le président Macron ?

La mercantilisation des médias opère une transformation jamais atteinte dans notre pays. Désormais, le système médiatique est organisé dans la perspective d’accroître les profits publicitaires. En vertu de cette logique financière à courte vue, les propriétaires des médias généralisent aux salariés des méthodes de management totalement étrangères à celles qui ont toujours prévalu dans ce milieu. En lieu et place d’une gestion horizontale entre pairs, ils installent des directeurs généraux et des directeurs de rédaction missionnés pour appliquer les objectifs de restructuration et d’orientation éditoriale.

Les éditocrates se succèdent pour nous répéter matin, midi et soir qu’il n’y a pas d’alternative au démantèlement du code du travail et des services publics ou au recul de l’âge de la retraite. Les pouvoirs politiques successifs ont renoncé à réguler ce secteur. Pourtant, on pourrait proposer l’élection du président de France Télévisions et de Radio France plutôt que sa nomination, une limitation de la concentration des médias entre les mains de quelques-uns ou l’instauration de vrais pouvoirs pour les rédactions au détriment des propriétaires.

Des solutions existent. Pourtant, madame la garde des sceaux, il n’y a rien dans cette loi pour réguler le secteur de la presse et contribuer à restaurer la confiance dans l’action publique.

Mais alors, à quoi sert le texte que vous nous soumettez ? Voilà une vraie question ! Ce texte vise à réguler les actions des élus, notamment des parlementaires, et, à la marge seulement, celles de l’exécutif. Pourquoi supprimer la réserve parlementaire mais ne pas toucher à celle du gouvernement ou du président ? Soit le système est néfaste et l’on supprime l’ensemble des réserves ; soit il est bon, et on les maintient toutes.

Pourquoi favoriser l’exécutif au détriment du Parlement ? Les mesures que vous nous proposez semblent s’inscrire dans la volonté affichée du Président et du Gouvernement de réduire les prérogatives du Parlement afin d’accroître leur propre pouvoir. Je crains que cette loi ne serve qu’à stigmatiser les élus. Alors, évidemment, il y a parmi eux des brebis galeuses, mais pas plus que dans les autres secteurs de la société.

Je peux vous assurer que si l’on prend les mesures que je viens de détailler et dont vous n’avez malheureusement pas vu le rapport avec les textes en discussion, nous aurons mis un terme à tous les débordements que nous avons connus. En tout cas, rien de ce que vous proposez n’est de nature à bouleverser profondément l’ordre actuel ou à restaurer la confiance dans l’action publique. Cette confiance a été perdue plus par les promesses non tenues que par les affaires. Comment expliquer l’abstention massive qui se développe sinon par l’application sans faille, depuis plusieurs années, d’une politique guidée par le libéralisme économique le plus orthodoxe ?

Il convient de redonner le pouvoir aux citoyens et de contraindre les élus à respecter leurs promesses pour rompre ce cercle vicieux. Refonder le peuple en refondant la République, grâce à une assemblée constituante, voilà la solution !

Mais en attendant la convocation d’une telle assemblée, il est possible d’agir dès maintenant. Quoi de mieux, pour contraindre les élus à tenir leurs engagements, que d’instaurer un véritable référendum révocatoire, de permettre aux citoyens de démettre un élu en cours de mandat, s’il ne respecte pas son programme ? De nombreux pays le font. Nous devons mettre en place une telle mesure. Nous devons permettre aux citoyens de proposer eux-mêmes une loi – pas le faux-semblant de référendum d’initiative parlementaire créé par Sarkozy en 2008, qui n’a jamais servi, vu qu’il a été pensé afin de ne pas pouvoir servir.

Mais de tout cela, Mme le garde des sceaux, il n’est pas question dans votre loi.

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Quelle est cette peinture ?

Ce fameux tableau est un mouvement partant du bas à droite vers le haut à gauche. Ce qui frappe donc, tout d’abord, c’est que, dans une civilisation où l’on lit de droite à gauche et de haut en bas, il s’agit d’un mouvement rétrograde. Ce mouvement, qui est le sujet principal de ce tableau, est inscrit au centre de la toile par un quadrilatère blanc cassé formant comme une flèche orientée, si l’on prolonge les lignes supérieures et inférieures du quadrilatère, vers son point de fuite à l’angle du haut à gauche de la toile. Le quadrilatère est prolongé au-dessus de lui par de larges formes indéfinies, d’un blanc beaucoup plus vif, dont la direction générale, à l’opposé de celle que l’on peut interpréter (si l’on s’arrête à la représentation, on est au contraire victime de l’illusion d’un mouvement de drapés allant vers la droite et en bas) est toujours en direction du coin en haut et à gauche du cadre, voire même un peu au-dessus du cadre.

Le point central du tableau est occupé par une figure arrondie et blanche, particulièrement inexpressive, couronnée d’une forme d’un blanc plus vif. Cette lactescence prend sa source légèrement au-dessous dans une forme imprécise qui remonte jusqu’au rond blanc par une courte ligne blanche ; ce blanc se répercutant un peu en haut et à gauche de cette forme arrondie dans un forme frappée par la lumière et franchement dirigée vers le haut. Toutes ces blancheurs centrales sont jointes les unes aux autres par une forme verticale de couleur sombre prenant naissance plus bas et montant, depuis le bas jusqu’à la forme frappée de lumière en haut à gauche. La conclusion est que, plus on monte, plus on quitte le noir et l’on s’envole vers le haut gauche.

Comme en écho, plus en bas et à droite – ou plutôt, le mouvement général étant du bas à droite vers le haut à gauche, la forme verticale sombre portant des points de lumière blanche se situant après et non avant cet écho, c’est en quelque sorte la forme noire qui est l’écho de celle-ci –, on trouve quasi la même forme en rouge, seule tache rouge conséquente du tableau, que la forme sombre. Plusieurs lignes interrompues accompagnent, dans ce carré en bas à droite, la direction vers le haut à gauche. Tout cela concourt à souligner la direction du bas à droite vers le haut à gauche.

Le carré en bas à gauche est assez différent. S’il est avant tout marqué en son milieu par une figure de lumière en arc de cercle horizontal dirigé toujours vers le haut à gauche, il y a ici aussi, comme dans le carré en miroir, de nombreuses lignes interrompues mais elles sont cette fois dirigées vers le centre du tableau, c’est-à-dire vers la droite. L’effet rendu étant que ces vecteurs sont dirigés vers la forme arrondie centrale et que, de ce point de blancheur, ils vont être canalisés vers le haut à gauche. Le point central, cette rondeur quasi blanche, est en effet un point de convergence assez marqué : il l’est particulièrement par un un ensemble de segments de lignes partant du coin en bas à gauche et remontant quasi sans interruption jusqu’à ce centre, pour cette demi-diagonale quasi parfaite, l’artiste use d’habiles subterfuges (divers emboîtements de formes figuratives).

En résumé, il s’agit d’une étude assez révolutionnaire dans son genre puisqu’elle violente les habitudes occidentales en invitant à se tourner vers la gauche plutôt que vers la droite. Passons sur les détails anecdotiques de ce qu’est censé représenter le tableau (détails sur lesquels s’attardent généralement les commentateurs) qui ne méritent pas de s’attarder dessus. Mais, « était-ce l’intention de l’auteur » ? diront peut-être certains… En art, l’ « intention d’auteur » n’a aucun intérêt.

Au fait, vous avez bien sûr reconnu cette célébrissime étude (le tableau monumental prévu n’ayant lui-même jamais été peint) ?

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Le Grand Remplacement

Ah oui ! le « grand remplacement ». Qui a deux yeux pour voir, voire pour pleurer, ne peut pas se poser cette question. Le grand remplacement est un fait, la question à se poser n’est pas de savoir s’il existe mais s’il est bon ou mauvais. Ensuite, se posent d’autres questions : savoir ce qu’il faut faire de ce fait avéré, et, pour l’observateur, savoir comment et pourquoi il a lieu.

Bien sûr, d’abord, qu’est-ce que le « grand remplacement » ? C’est un concept, un « syntagme », une thèse diront les ombrageux, formé par l’écrivain à la belle plume Renaud Camus. Celui-ci remarque qu’il y a, à cause de l’immigration massive, connue par la France et l’Europe depuis des décennies, une raréfaction de la population indigène par rapport à celles importées des « remplaçants ». Historiquement, l’afflux d’immigrés n’est pas nouveau en France, il date du début du XXe siècle et a connu des vagues successives : Polonais, Italiens, Espagnols, Portugais… Ces immigrés se sont assimilés, souvent avec difficultés, au pays d’ « accueil » auquel ils ont servis de bras pour servir son industrie. À partir des années 60-70, les vagues migratoires sont plutôt venues du Maghreb puis d’Afrique noire et ces immigrés-là se sont manifestement moins bien intégrés à la société française. Jusqu’ici, ce « grand remplacement » n’est que reconnaissance du factuel que personne ne devrait contredire.

Or Renaud Camus ne s’arrête pas là et analyse que ce sont les différences raciales et culturelles de ces nouveaux arrivants (contrairement aux précédents immigrants, ces derniers ne sont pas des Blancs mais des Noirs, des Arabes et des Berbères, ils ne sont bien souvent pas chrétiens, même d’origine, mais souvent musulmans) qui font qu’ils ne s’assimilent pas et ne pourront s’assimiler. Certes, M. Camus a raison de soutenir qu’un Lillois « de souche » a davantage de différences avec un Dakarois qu’avec un Madrilène ; mais on peut tout de même opposer que, pour ceux arrivés alors même que commençait à prospérer la crise en France, pétrolière dès 1971 puis financière et aggravée lourdement en 2007-2008, crise ininterrompue depuis lors et n’ayant guère de raison sensée de se résorber jamais, bien au contraire, les conditions sociales ne sont pas favorables à ces derniers immigrés contrairement à ceux venus pendant les Trente Glorieuses.

Dernier point qui concerne le grand remplacement effectif de population, point polémique cette fois, Renaud Camus apparie ce Grand Remplacement de sa solution : la « remigration », le retour des immigrés derniers arrivés, ceux d’Afrique principalement, dans leur continent d’origine : « Le Grand Remplacement est une calamité tandis que la remigration, elle, est un remède, une façon de traiter le mal, une solution. » Cette « remigration » n’est pas défendue que par Renaud Camus mais aussi par quelques Africains eux-mêmes qui prônent le retour au pays. Les « identitaires » se nourrissent aussi (si ce n’est, malheureusement, de la prose de l’écrivain) de cette idée de faire migrer en sens inverse les immigrants d’hier et d’aujourd’hui.

– Raciste ! – Gauchiste toi-même ! – voire « islamo-gauchiste » ! Les passions s’envolent et les noms d’oiseaux avec. D’un côté, on vitupère le remugle nauséabond des zeurléplussombres, de l’autre, on brocarde le padamalgam plein d’angélisme de trois petits singes bobos. Guère de doute que, en ce qui concerne les plus ultras des deux camps, on n’a pas tort de dénoncer la paille dans l’œil de l’autre ! Passons.

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Dans son roman de 2010, La Carte et le territoire, Houellebecq (assassiné par un collectionneur d’œuvres d’art, RIP) imagine que, dans le « début des années 2020 », le gouvernement, suite aux graves crises économiques qui ne manqueront pas de venir prochainement, prendra soudain conscience du problème migratoire ; et, supprimant les aides sociales qu’il ne peut plus payer dans un pays à l’économie en déroute, verra se faire d’elle-même une remigration volontaire en masse des immigrés d’hier, ne touchant plus ces aides dans un pays économiquement sinistré, vers leurs pays d’origine. Cela se ferait si bien que, dans les années 2030-2040, la France ne serait plus peuplée quasi que de populations « de souche ».

Ces prophéties du Prix Goncourt 2010 semblent logiques, les crises à venir étant plus que probables dans ce pays qui est déjà, contrairement à l’Afrique globalement (40 habitants au km² contre une centaine dans l’Hexagone), quasi surpeuplé par rapport à ces capacités. En effet, si l’Afrique a connu un boum démographique impressionnant, ce n’est que pour faire suite à une sous-population (seuls 100 millions d’habitants en 1900 ! trois fois la France de 1800 sur un territoire 45 fois plus vaste !). Surtout, notre pays n’a aucun avantage économique en terme de matières premières (qui sont foison dans le Continent noir) et son industrie est à terre, reste sa productivité du travail exceptionnelle… mais ce serait être niais que de s’imaginer que le « savoir-faire français » soit irremplaçable.

Il faudrait être fou pour vouloir à tout prix sauvegarder sa place de 5e ou 6e puissance mondiale à ce pays ! cela se paierait par la dégradation du pouvoir d’achat des Français. Mieux vaut conserver un certain niveau de vie des gens d’ici qu’une place d’honneur pour leur France au tableau des nations ! (On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre.)

Malheureusement… Malheureusement pour l’heureux scénario de Michel Houellebecq, la France est une province de l’Union européenne et cette Europe de Bruxelles-Berlin n’a toujours pas renoncé à se faire. En revanche, les européistes ont saisi, comme les souverainistes, que, faute qu’il n’y ait de peuple européen, l’Europe unie qu’ils veulent ne se fera jamais. Aussi, plutôt que de se fatiguer en vain à mentir pour faire accroire aux peuples de l’Europe que leurs populations récalcitrantes ont quelque chose à gagner à leur projet jupitérien, ils se sont mués en « remplacistes », ont adopté la formule de Brecht et décidé de « dissoudre le peuple », les peuples de l’Europe, dans l’immigration massive. Ils ont cogité que, quand il y aura 20 % d’Africains du Nord, 20 % de Noirs africains et 20 % d’immigrés venant d’autres continents dans chaque peuple européen, l’homogénéité démographique européenne sera réalisée par ce melting-pot. (C’est d’ailleurs pour cette seule raison qu’ils insistent tant pour que les Pays de l’Est « accueillent » leurs migrants.) Quand ce grand mélange sera fait, youpi ! ils pourront faire tranquilles cette Europe à laquelle ils tiennent tant (sans que l’on ne sache bien pourquoi) et dont ne veulent pas vraiment, à juste raison, les peuples de souche quand les populations immigrées n’ont guère idée de quoi il s’agit et ont bien d’autres choses à penser.

Le plus comique dans l’affaire n’est-il pas que bien des identitaires, face à l’invasion migratoire actuelle, appellent les « de-souche » de toute l’Europe, plus ou moins les Blancs et les chrétiens, à s’unir entre peuples différents d’Europe contre les migrants ? C’est-à-dire qu’ils appellent à faire l’Europe pour se défendre de migrants envoyés par ceux-là même qui, à Bruxelles, programment ce déferlement de migrants pour faire quoi ? l’Europe ! Si bien que l’on se retrouve avec cette confusante configuration où ceux qui veulent des migrants et trop de ceux qui n’en veulent pas travaillent de fait pour le même but : faire cette Europe dont ne veulent pas les Européens !

 

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Sont trop nions les macroniens

Sont pas mignons avec leurs tronches de premiers de la classe ? Certes, vous me direz, comme je vous connais, petits sauvageons que vous êtes, que les premiers de la classe, on la leur met au cirage. Mais que faire face à tous ces enmarcheurs pleins de rêves dans les yeux ? Quand vous voyez deux amoureux dans la rue, ou ailleurs, vous la leur dites, la vérité, que, dans pas tant d’années que ça, ils se mettront sur la gueule ? Alors, tous ces mignons idiots qui ne connaissent rien au fait politique et qui sont dans leur petit cocon macronien ridicule, doit-on les faire revenir sur terre pour les faire se rendre compte qu’ils sont en plein délire ? Paraît que si l’on fait ça à des somnambules comme eux, cela peut avoir des conséquences très graves… Alors, ne doit-on pas leur accorder au contraire cette même commisération que l’on a pour ceux qui se bisoutent niaisement quand on sait tous qu’ils se détesteront dans un mois ou deux ans ? C’est si mignon, les amoureux, aussi bêtes soient-ils !

Dur dilemme !

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Macron ne veut pas se résoudre à ce que le FN soit le finaliste qui décide de l’autre

J’ai regardé l’interview de ce week-end d’Emmanuel Macron par Laurent Delahousse sur France 2. Rien n’a été dit qui dise quoi que ce soit et encore moins. Le candidat qui se proclame faire face à la « haine » (le FN selon lui) s’y présente, par trois fois, comme celui de la « colère ».

Je note cette phrase : Macron se définit comme « l’émergence d’une nouveauté profonde, radicale ». Il est donc l’émergence, vers le haut, de quelque chose de profond plongé dans les racines, vers le bas. Est-ce une figure de style, un oxymoron, ou une maladresse ? Ça ne raconte surtout pas grand-chose, n’importe quel candidat pourrait reprendre une telle phrase à son compte, ça ne mange pas de pain ! Je crois que c’est surtout assez symptomatique d’un caractère de « grandeur et décadence » du personnage, genre de Phaéton (ou d’Icare) qui a volé le char du soleil et retombe dans les profondeurs de l’océan.

Plus loin, M. Macron nous affirme que « faire, ça fait partie du pouvoir ». Certes, ça ressemble à un sujet de dissertation de philo mais il suffit de réfléchir trois secondes pour conclure que non, le pouvoir est la possibilité de lancer quelque chose, mais ce n’est pas « faire » qui le dépasse. C’est même le contraire : c’est le pouvoir qui n’est qu’une partie de faire.

Étrange encore que cette déclaration : « Je ne veux pas me résoudre à ce que le Front national soit le finaliste qui décide de l’autre. » Macron ne se résoudrait donc pas ce que le FN soit finaliste – il l’est, il y a deux finalistes, Mme Le Pen et M. Macron. Ne se résoudrait-il pas, alors, à ce que sa concurrente soit celle « qui décide de l’autre » ? Excusez-moi ! Ça n’a juste aucun sens, je ne comprends même pas ce qu’il a voulu dire, cette phrase est proprement inepte.

La seule chose qui nous en apprenne peut-être un peu sur le « projet » (mot qu’affectionne, autant que le fait le monde de l’entreprise, le leader d’En Marche) qu’il défend, c’est de qualifier d’ « empêché par les circonstances » François Hollande. En effet, s’il excuse celui auquel il veut succéder à l’Élysée, c’est donc qu’il juge que son « projet » était bon mais que les « circonstances » ont « empêché » Hollande de le mener à terme. Pour quelqu’un qui se prétend si différent et si loin du « système », voilà qui sonne faux !

Passons vite sur une belle faute d’accord, lui qui joue les grands intellectuels (mais en colère) dans un monde de brutes, par laquelle Emmanuel pourrait gagner un l et un e et s’appeler Emmanuelle : « Les lectures auxquelles elle [sa grand-mère] m’a ouverte ». Eh ! rigolo! C’est avec « m’ », toi, Macron, le philosophant du CAC40, que s’accorde ouvert, et ça fait donc « ouvert » et non « ouverte »… à moins que tu ne sois une fille.

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Petite réflexion sur la présidentielle

En fait, l’intérêt des Insoumis de Jean-Luc Mélenchon est l’élection de Mme Le Pen et la défaite de Macron. Certes, je ne suis pas neutre dans cette affaire puisque les gaullistes de Debout La France, ma famille politique, ont appelé avec Dupont-Aignan à voter pour la candidate du FN au second tour. Toutefois, même si, quant au choix fait par Nicolas Dupont-Aignan, choix plus que justifié par la gravité dont sont conscients les Insoumis de l’accession à la présidence de la République du candidat de la finance, je ne désapprouve pas ce choix, malgré tout, il y a longtemps, pour des raisons tout autres et qui ne sont que les miennes, que j’ai déterminé que, personnellement, sans appeler le moins du monde à faire comme moi, je suis de ceux qui ont choisi de voter blanc dimanche prochain.

Car voilà, les faits sont là. Si Emmanuel Macron est élu le 7 mai, les législatives qui suivront verront l’électorat se radicaliser autour des formations arrivées en finale ; et, comme ils le font à chaque élection, comme ils l’ont fait en 2002 alors que la gauche était favorite face à « super-menteur » Chirac avant le premier tour, les Français accorderont un ticket gagnant au vainqueur du second tour, les En Marche d’abord qui rafleront une quasi majorité des sièges à l’Assemblée, le FN ensuite (et ses alliés dans une bien moindre mesure). Dans ce cas de figure, la France insoumise devrait s’en sortir pas trop mal et pourrait devancer la droite autoproclamée « républicaine » (à moins que ce ne soit Republican) de LR-UMP. Le PS, faute de s’être montré socialiste depuis des lustres, assoira sa quarantaine de dépités pour cinq ans.

Mais, faisons un peu de politique-fiction, si c’était Mme Le Pen qui battait Macron au second tour, s’il se ferait alors le même genre de radicalisation de l’électorat autour des mêmes formations politiques, l’ordre en serait très différent. S’il est loin d’être certain que le RBM, même avec DLF, pourrait parvenir à faire entrer une majorité au Palais Bourbon, il aurait tout de même droit à son ticket gagnant et à ses conséquences et ferait un très beau score qui devrait lui permettre de réunir le plus grand groupe parlementaire. Par contre, tout le monde a compris qu’Emmanuel Macron est un « one shot », un candidat qui ne sert qu’une seule fois. Son mouvement En Marche serait décrédibilisé par une défaite et se verrait renvoyé très loin (si quelqu’un ose encore se présenter sous cette étiquette) aux législatives. Derrière les marinistes et leurs soutiens, le mouvement de Mélenchon devrait être celui qui gagnerait le second groupe et deviendrait le leader de l’opposition tant il est difficile de croire la droite classique en capacité de recomposer quelque chose pour lequel beaucoup de Français pourraient encore avoir envie de voter, ce après deux défaites consécutives, celle du 1er tour avec Fillon, celle du 2nd où elle s’est mise en rang pour soutenir sans condition un Macron qui se verrait battu dans cette éventualité. Pour le PS, après son ralliement à Macron, une défaite de celui-ci serait fatale à ce parti par trop ridiculisé ; et les voix « de gauche » seraient de toute évidence tentées de se reporter sur les candidats des Insoumis. Car il y aurait bien sûr une prime devant l’électorat, en même temps que la réprobation morale des médias aussi unanimes qu’unanimement détestés, à celui qui n’aurait pas appelé à un front républicain qui aurait failli.

Je ne crois pas une seconde que Jean-Luc Mélenchon s’abaisse (comme l’avait fait Jacques Chirac en 1981) à de tels calculs politiciens et ne crois pas davantage que cela pourrait justifier son absence d’empathie pour ce « front républicain » auquel la bien-pensance veut le soumettre à tout prix : Mme Le Pen n’est pas son père, quant au « candidat de l’extrême-marché », il est bien loin d’être Chirac, celui de la « fracture sociale » ! cela seul suffit à légitimer de ne pas avoir envie de donner sa voix à ce visage de la finance qu’incarne si bien Emmanuel Macron.

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Mélenchon sur sa pirogue

« Trois pôles se disputent l’hégémonie idéologique sur notre société. Le premier : « ma tribu d’abord, périssent les autres ! » C’est la règle brune. C’est l’extrême droite de Madame Le Pen qui domine ce bloc où l’on trouve aussi Dupont-Aignan et Asselineau. Le second c’est : « chacun pour soi, le marché pour tous ». C’est la règle d’or. Ici domine à cette heure la candidature d’Emmanuel Macron. Le troisième c’est le « tous ensemble ». C’est ce que fédère en majeure partie ma candidature. » Le crétin, ou le salaud, qui raconte cela n’est pas, on aurait pu le croire, Apathie, mais son jumeau à cheveux et lunettes, Mélenchon.

Dans le petit monde manichéen post-soviétique du Pol-Pot du Front de Gauche, dit France insoumise, avec, pour logo, une espèce de spermatozoïde, il y a Pétain (le FN, DLF et l’UPR), il y a Bastiat-Hayek-Friedman (Macron), et puis il y a les bons, lui, le petit père des peuples français. Finalement, la caricature dessinée au burin ici, c’est ni plus ni moins celle de 1850 : la droite, la gauche, enfin les socialistes devenus « de gauche » aujourd’hui en même temps que la gauche s’est fait appeler, comme le PS, socialiste. Ce qui permet, habile tour de passe-passe, au leader minimo « insoumis » de réactiver le clivage droite-gauche (utile quand on a choisi ce « gauche » pour qualifier son parti quand il ne veut plus dire grand-chose à personne depuis bien longtemps). Nulle nécessité de critiquer cette caricature de pensée, peut-être n’est-ce que politichiennerie de la part de Mélenchon et qu’il est moins bouledogue que ce qu’il montre ?

Voyons plutôt de quoi il retourne sérieusement !

« Pareille aux kaléidoscopes qui tournent de temps en temps, la société place successivement de façon différente des éléments qu’on avait cru immuables et compose une autre figure. » Proust

Politiquement, la France est divisée en quatre grands courants qui s’opposent et se conjuguent à partir de quatre pôles, les deux premiers clairs – mondialistes et ceux qui s’y opposent –, les deux suivants opaques – le bon vieux clivage droite-gauche de mémère dont le sens échappe autant aux vrais gens qu’à ceux qui sont instruits.

– Le premier groupe clair est mondialiste, premier puisqu’il est à l’Élysée, et ce depuis très longtemps. C’est celui du capitalisme financiarisé et de la mondialisation vendue à l’ultralibéralisme. On y défend l’Europe, le marché libre et son autorégulation naturelle, il a trois candidats concurrents à cette présidentielle : Macron, Fillon et Hamon.

– Le second groupe politiquement clair est celui qui s’oppose à ce premier, critiquant le mondialisme, le libéralisme et donc l’Europe. Il est celui de tous les autres candidats, à plus forte raison, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan, François Asselineau et Jacques Cheminade.

Concrètement, l’économie étant la superstructure de tout le reste, ces cinq candidats ont quasi le même programme (on ne s’y oppose que sur des sujets secondaires : les ovocytes, la PMA, l’islam, l’immigration, toutes choses qui dépendent directement de l’économique). Oui MLP, NDA et JLM ont le MÊME PROGRAMME !

On peut décomposer ainsi :
– les mondialistes de droite : UMP-LR, UDI, Modem,
– les mondialistes de gauche : PS, EELV, EM,
– les antimondialistes de droite : FN, DLF, UPR,
– les antimondialistes de gauche : FdG, NPA, LO.

Les frontières entre droite et gauche sont très poreuses : classer à droite l’UPR est aussi peu cohérent que de mettre le En Marche de Macron à gauche (Madelin serait de gauche ?).

Il y a entre les chapelles des nuances et des contradictions internes qui font leurs singularités : l’immigrationnisme est d’essence foncièrement mondialiste, ça ne se discute même pas. Il en est de même de tout ce qui concerne GPA, PMA, et même IVG : tous ces procédés concourent à commercialiser et financiariser la vie intime (l’IVG est bénéfique pour le PIB !).

Réciproquement, les positions de défense de la famille, voire des mœurs, de certains partis de droite, notamment de Fillon, sont incompatibles avec le libre commerce et la mondialisation qu’ils défendent par ailleurs (Madelin, encore lui, est appréciable dans le sens où il est libéral et donc pour Macron). La perspective fermée à l’immigration de candidat des republicans est de même incohérente.

On ne peut pas être critique de la mondialisation, a fortiori souverainiste, et défendre le mariage gay (qui est avant tout commercial et ludique) et l’ouverture des frontières aux immigrés.

On ne peut pas être contre l’immigration et favorable au libre marché, ce serait refuser aux hommes ce que l’on promeut pour les marchandises et les capitaux, cela n’a aucun sens.

Les partis les plus cohérents parce qu’ils opposent clairement les mondialistes à ceux qui en sont le plus entièrement critiques, ayant saisi que l’on ne peut pas faire de détail, sont l’UPR, DLF et le FN du côté « souverainiste » (avec des nuances pour chacun d’eux), en réalité antimondialiste, face à un vrai candidat cohérent du mondialisme (si cohérent qu’il ne peut l’exprimer tant pas grand monde ne veut de ce globalisme), Emmanuel Macron dont on peut saluer que ce candidat promeuve vraiment quelque chose.

Quant à M. Mélenchon, il navigue dans des eaux qui sont vaseuses. Il refuse certaines conséquences de sa critique de la mondialisation et l’arrête sur plusieurs thèmes à des conceptions mesquines purement gaugauche-panier (les zentizimmigrés, les zantifas d’un autre siècle, le elgébétisme et le féminisme à balles-deux…). Il est de ceux (quasi tous le sont plus ou moins) qui veulent ménager la chèvre et le chou. C’est évidemment ridicule puisque le marché est le plus fort : le laisser entrer ici, c’est lui ouvrir toutes les portes. Se défendre face à l’offensive mondialiste portée avec brio par Macron, cela ne peut se faire que totalement, on ne peut pas garder des petits éléments de mondialisme si l’on veut vraiment s’opposer à ses conséquences désastreuses. Mélenchon, certes avec panache, n’est qu’un commandant de pirogue.

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Le quinquennat de Sens commun

Le quinquennat de Sens commun*

  • Allocution du 18 septembre 2017

Françaises, Français,

Vous m’avez élu à la présidence de la République et je prends très au sérieux la charge que vous me donnez. Je tiens à remercier ceux, majoritaires dans le pays, qui, en déposant un bulletin François Fillon dans l’urne, m’ont confié la lourde tâche de conduire notre pays, la France. Il me faut les rassurer de suite qu’ils n’ont pas eu tort : je mettrai en route le programme pour lequel vous m’avez choisi.

[…]

Vous connaissez mon attachement aux valeurs de la famille et savez combien je suis un homme de conviction. J’ai donc décidé, dès à présent, de la mise en place d’une commission qui, sous la direction de Luc Chatel, étudiera les possibilités, si ce n’est de l’abroger, de revenir sur certains excès consécutifs à la loi dite du « mariage pour tous ». Dans ce sens, j’ai d’ores et déjà suspendu les décrets de Mme Taubira concernant la transcription en droit français de l’adoption d’enfants nés de mère porteuse ou par PMA à l’étranger en contravention avec la loi nationale.

Par ailleurs, avec mon gouvernement, nous allons restaurer une véritable politique de la famille par une revalorisation sensible des allocations familiales pour les pères et mères d’enfants. Je dois vous avouer que nous envisageons aussi de restreindre la portée du « délit d’entrave à l’IVG ». Tout en étant sensible au problème des grossesses indésirées, il nous faut nous interroger, dans un pays civilisé et développé comme le nôtre, le pays de la liberté d’expression, je vous le rappelle, sur la pertinence d’empêcher ceux qui voudraient proposer aux femmes d’autres solutions que le recours à l’avortement de pouvoir leur présenter leurs propres alternatives.

Nous sommes par ailleurs très préoccupés par ce que certains appellent la « théorie du genre » et étudierons comment revenir sur certaines dérives de cet enseignement, dérives craintes, à juste titre, par beaucoup de parents. Père moi-même de cinq enfants avec ma femme, Penelope, vous savez tous combien ces questions me sont chères.

  • Allocution du 25 avril 2018

Françaises, Français,

La commission présidée par Luc Chatel a rendu hier ses conclusions dont j’ai pris connaissance avec l’intérêt que vous devinez. Les rapporteurs insistent sur la difficulté de revenir sur cette mesure phare, le mariage entre personnes de même sexe, de mon prédécesseur à l’Élysée. En effet, les dernières recommandations de l’Union européenne, dont la France est membre, ce en conformité avec les prescriptions onusiennes, insistent sur la possibilité d’étendre sans restriction le mariage à toutes les formes de pratiques sexuelles et le plus librement possible.

Par ailleurs, la Cour européenne de justice et la Cour européenne des Droits de l’homme ont averti que tout retour en arrière sur ces questions au sein de l’Union serait poursuivi devant leurs tribunaux. Personne ne voudrait abandonner l’Europe de paix et de prospérité dans laquelle nous sommes depuis cinquante ans ; aussi, mon gouvernement ne reviendra pas sur la loi du mariage pour tous.

Toutefois, conformément à ce qu’avait promis avant de se dédire Monsieur Hollande, nous allons instituer la possibilité d’ « objection de conscience » pour les maires qui, au nom de principes qui sont les leurs – je pense notamment à l’objection soulevée par le maire de Puteaux, Souad Elkhomri –, ne voudraient pas célébrer de telles unions. Les préfets pourront dès lors désigner un maire de substitution pour marier les couples si le maire sollicité s’y refuse.

En ce qui concerne le délit d’entrave, le Conseil d’État s’est opposé à ce que l’on revienne sur ce texte et nous en prenons acte avec consternation.

  • Allocution du 12 novembre 2018

Françaises, Français,

Je suis heureux de vous confirmer que notre politique familiale a porté ses fruits puisque la natalité en France a augmenté d’un dixième de points. C’est une grande réussite et mon cœur vibre à l’idée de tous ces petits Français que nous allons aider à grandir dans ce beau pays. Malgré les difficultés économiques persistantes, nous continuerons dans ce sens. Cela pèse lourdement sur les finances de l’État, mais c’est un réel choix de l’avenir, l’avenir au travers des enfants pour demain.

En revanche, la décision de ne plus retranscrire en droit français les enfants nés par procréation médicalement assistée ou par gestation pour autrui s’étant vue attaquée par les instances juridiques européennes, soucieux de garder les meilleures relations qui soient avec nos partenaires, j’ai demandé à Madame la ministre de la Justice, Nathalie Kosciusko-Morizet, de rédiger un nouveau décret dans des termes moins idéologiques que ceux de Christiane Taubira. De toute façon, notre intention n’a jamais été de discriminer des enfants innocents à cause de fautes éventuelles qu’auraient pu commettre leurs parents naturels ou adoptifs. Ces petits garçons et filles seraient devenus, et nous nous en réjouissons, français à leur majorité, nos amis européens tiennent à ce que cela ait lieu plus tôt, cela ne change pas grand-chose et nous serons tout aussi satisfaits de les accueillir, dès leur arrivée sur le sol français, comme membres à part entière de la communauté nationale.

  • Allocution du 2 juillet 2019

Françaises, Français,

Suite à certains excès qui ont alimenté la polémique autour des études de genre, je tiens à fermement démentir certaines rumeurs persistantes. Non, les études de genre n’impliquent pas la négation de l’identité sexuée mais permettent, au contraire, de la redéfinir en fonction des perceptions des individus. Je rappelle, à ce propos, que j’ai été un précurseur, et j’en suis fier, quand c’est mon ministre, Luc Chatel, sous la présidence Sarkozy, il y a bientôt dix ans, qui a eu la sagacité d’importer les conclusions de philosophes et sociologues de l’université américaine dans nos programmes de sciences naturelles. Ce faisant, la France ne sera pas en retard sur cette grave question et nous pourrons nous réjouir des chercheurs de haut niveau que ces études nous font espérer.

Il me faut rassurer tous les parents, ces études ne présentent aucun danger. Mais, et même si je ne veux pas incriminer nos enseignants, il se trouve qu’il y a effectivement eu quelques erreurs regrettables de quelques pédagogues ayant mal compris certaines préconisations de l’Éducation nationale. Ces fautes seront sanctionnées si nécessaire mais ne remettent en rien en question l’enseignement du genre à l’école. D’ailleurs, les études de genre sont désormais incluses dans les programmes de quasiment tous les pays européens, elles seront d’un grand bénéfice pour tous les Français.

  • Allocution du 20 juin 2020

Françaises, Français,

Vous savez mes convictions et combien elles sont inébranlables. Pour autant, notre pays traverse une crise difficile en ce moment. Ayant, suite au quinquennat Hollande, hérité d’une situation désespérée, nos réformes du Code du travail et de la durée du temps de travail n’ont pu, autant qu’on l’aurait voulu, redresser la balance des paiements de la France. La dette pèse plus que jamais, nous ne pourrons nous ranger sur les critères de Maastricht sans quelques mesures de rigueur.

Les marchés financiers, dont dépend notre économie, exigent que mon gouvernement coupe dans certaines dépenses. Nous ne pourrons, chers concitoyens, conserver l’euro, cette monnaie à laquelle les Français tiennent tant, sans qu’il n’y ait certaines contreparties. Il me faut donc, au moins provisoirement, revenir sur certaines aides sociales, notamment les prestations familiales et limiter leur poids sauf à alourdir de façon insoutenable les impôts des Français.

Jusqu’à ce que nous ayons enfin reçu récompense des efforts conséquents, mais indispensables, suite aux réformes que nous avons lancés avec courage des marchés de l’emploi et de l’âge de la retraite, jusqu’à ce que nous soyons entrés dans une meilleure conjoncture, je me vois contraint, et vous comprenez bien combien c’est pour moi douloureux, de diviser par deux les montants des prestations familiales en les limitant à deux enfants ayant droit par foyer. Ceci ne pourra être que temporaire mais c’est nécessaire pour que notre pays puisse encore rayonner, grâce à l’Europe, dans le monde.

  • Allocution du 21 décembre 2020

Françaises, Français,

À quelques jours seulement de Noël, cette fête qui célèbre la naissance d’un enfant auquel vous me savez attaché, nous avons enfin de grands motifs de satisfaction. Oui, notre pays va mieux. L’économie redémarre, les statistiques le démontrent.

La mesure que notre gouvernement a eu l’audace de prendre, l’été dernier, a en effet porté ses fruits. Ces fruits sont ces enfants que des mères françaises, avec une charité que j’oserai qualifier de chrétienne, font naître depuis que nous avons légalisé la gestation pour autrui sur notre sol. Nous pouvons, mes chers compatriotes, nous enorgueillir que la France est, et ce en seulement quelques mois, passé premier exportateur dans le monde. Les revenus de ce commerce, un commerce que je n’hésiterai pas à qualifier d’amour, sont lucratifs et viennent redonner espoir aux malheureuses femmes que la crise persistante avaient conduites bien en deçà du seuil de pauvreté. Plus que le savoir-faire français, c’est l’être humain conçu dans des ventres français qui envahit la planète. Français, et Françaises d’abord, soyons fiers de nous !

 

  • Allocution du 12 juin 2021

Françaises, Français,

Je suis bien aise de vous faire part de mon intention de briguer un second mandat à la tête de l’État. Oui, je ne ferai pas davantage durer le suspense, je serai, en avril 2022, parmi les candidats à la présidence de la République.

Suite à la nouvelle loi sur la parité que nous avons fait voter, loi qui impose, je vous le rappelle, qu’à chaque élection se présentent autant de candidats femmes qu’hommes, conformément à la loi de juin dernier qui autorise légalement à déterminer son sexe d’appartenance, je me présenterai sous e164a012cf8ca78c0ee8e4144a272439le nom de Françoise Fillon. En effet, Françaises, Français, mes cher.e.s compatriotes, j’ai réalisé que j’étais une femme tout au fond de moi. Cela n’aura aucune incidence sur mon mariage puisque, dans le même temps, Penelope, mon épouse-mari que j’aime, a, de son côté, compris qu’elle était en fait un homme. Croyez, cher.e.s concitoyen.ne.s, que je serai heureuse d’être la première femme présidente de la France !

* Sens commun est un mouvement politique créé afin de récupérer les éléments les plus droitards de la Manif pour tous au profit de l’UMP-LR, et donc de Fillon.

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