Badiou vs Finkielkraut, le débat pour demain

Hier soir Alain Badiou face à l’autre Alain, Finkielkraut. Badiou, celui dit de gauche puisque communiste, l’autre dit de droite, parce que pas communiste. Souvent j’ai trouvé Finkielkraut intéressant dans sa dénonciation de la déroute manifeste du système scolaire ou du manque de fermeté politique face à l’islam le plus réactionnaire, mais je ne suis quasi jamais d’accord quand il parle de son autre nation, Israël. Mais Badiou est lui de gauche, comme beaucoup de mes amis politiques…
Ce débat m’a convaincu : l’avenir est du côté de Finkielkraut, Badiou n’est qu’une vieille perruche récitant les vieilles lunes d’antan – égalité, indifférenciation, multiculturalisme, tolérance, compromission, en un mot : universalisme, c’est à dire cosmopolitisme. L’avenir est toujours du côté de la vérité, car le réel est vrai, Finkielkraut est dans le vrai, parce qu’il est dans le réel.
Il y avait vraiment réuni là, et dans des intervenants de qualité, les deux oppositions les plus caricaturales des deux idées politiques qui vont déchirer l’Occident dans les décennies qui suivent : le mondialisme universaliste et conquérant de Badiou, la nécessité de se situer dans une Histoire par un attachement à un héritage culturel pour Finkielkraut. La mondialisation (dont Badiou rêve – à son âge, comment le désabuser ? – qu’elle débouche sur un « grand soir » planétaire) est une machine en route depuis une cinquantaine d’années, elle a surtout prouvé son pouvoir de destruction tous azimuts ; le retour aux racines, prôné par Finkielkraut, est une saine réaction à cette agression contre la planète, contre les cultures, et contre les hommes. La jeunesse est du côté de Finkielkraut, et Badiou n’est plus qu’un vieux crouton.
Je m’imaginais que Badiou saurait me séduire en s’insurgeant de l’écrasement des pauvres par le capitalisme, il n’en a jamais parlé, et c’est Finkielkraut qui a dénoncé le capitalisme ! Au contraire, Badiou critique la démocratie parlementaire (il lui préfère la dictature du prolétariat ?), regrette peu ou prou l’Urss, fait implicitement l’éloge du terrorisme…
Qu’il soit communiste (tendance Chine ?) ou umpiste ne change rien : il promeut la même société que veulent construire tous les apôtres de la mondialisation – se nomment-ils DSK, Sarkozy, Hollande, DCB ou Badiou – ; ils veulent tous se débarrasser d’une démocratie qui les contraint à satisfaire ce peuple qu’ils ne rêvent (à coups d’immigration comme Badiou) que de dissoudre, ils agissent pour la disparition des identités culturelles qui les ennuient pour l’édification de leur grand projet mondial, en deux mots : ils n’aiment pas ce peuple.
Je ne sais pas où est la droite où est la gauche dans ce débat politique de demain (hier le libéralisme est bien né à gauche !), je sais que c’est là que se dessineront les camps : celui du mondialisme de Badiou, celui plus nationaliste de Finkielkraut. À chacun de déterminer sa place dans ce futur échiquier politique ! Je ne suis pas mondialiste.

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