Bonne année !

Bonne année 2011 ! mais comment pourra-t-elle être « bonne » ?
Rien d’autre n’est-il pas à en attendre que les pires choses ?
Le plus gros de tout serait le rebondissement de la crise financière, non pas parce que la relance n’est nulle part au rendez-vous, mais parce que rien n’a été fait contre la crise de 2008. Certes, on a condamné Madoff et ce pauvre Kerviel, et on a glosé contre les « paradis fiscaux », on a promis de tout arranger et de « moraliser le capitalisme ». Or ni Madoff, ni Kerviel, ni les paradis fiscaux, ni même la « titrisation », ne sont en rien responsables de quoi que ce soit dans la crise systémique financière la plus grave que notre société n’ait jamais connu !
Cette crise est due à des prêts consentis à des travailleurs insolvables. Pourquoi ces prêts absurdes ont été consentis ? parce que les fonds spéculatifs les plus divers manipulent des montagnes d’argent dont ils ne savent que faire et foncent donc à la première opportunité qu’on leur montre un peu juteuse pour placer ces montagnes de dollars ou d’euros que possèdent des fortunes obscènes. Pourquoi ces travailleurs ont-ils du emprunter ? parce qu’ils ne sont plus rémunérés honnêtement pour le travail qu’ils font, leurs salaires n’augmentent pas, leur pouvoir d’achat baisse.
Or, depuis la crise, ces pauvres sont devenus encore plus pauvres, ils sont des centaines de milliers à camper à travers les États-Unis, n’ayant plus leurs maisons (maisons qui sont restés vides faute d’acquéreur, ou faute que les banques qui les ont confisquées ne les mettent en vente – ce qui ferait encore chuter le marché de l’immobilier !).
Les augmentations de salaire nécessaires pour contrer la crise n’ont pas eu lieu. Au contraire ! Les revenus des salariés s’effritent comme neige au soleil, beaucoup ont perdu leur emploi, et l’année 2011 s’annonce déjà comme celle d’un record du chômage. Pire que tout, l’Europe s’est lancé dans de suicidaires plans d’austérité, rigueur qui va détruire la consommation et assassiner dans l’œuf toute hypothétique velléité de redémarrage de l’économie.
Mais les plus riches se sont encore enrichi ! La spéculation, s’accrochant moins que jamais sur quoi que soit de tangible, est repartie tant bien que mal. Si nombre de retraités potentiels ont vu partir en fumée les subsides de leur fonds de pension, les riches d’entre les riches emmagasinent plus que jamais des fortunes qui ne leur sont d’aucune utilité, ni à leurs descendants naturels. (Au point qu’ils promettent l’héritage de la plus grosse partie de leur trésor à des fondations : ils sont devenus la noblesse d’Ancien Régime qui, par ses œuvres, sauvait ici ou là quelques misérables.)
Avec ces riches qui ne peuvent pas dépenser tout ce qu’ils gagnent (qu’en ferait-il ?), avec des pauvres qui ne peuvent plus acheter faute de revenus décents, il ne va rester que le prêt à leur consentir pour que les stocks de marchandises ne restent pas invendus. Ce prêt ne sera jamais remboursé… Et si on ne prêtait pas ? alors les prix des marchandises baisseront pour trouver acheteur, et, comme les bénéfices de la vente auront été écornés, les salaires baisseront d’autant, et la course à la baisse des prix et des salaires sera lancée, c’est la déflation.
Mais la déflation n’incite pas à se presser dans son achat : « pourquoi acheter aujourd’hui ? le prix aura baissé demain ! » M Trichet et sa BCE de notre malheur pourront être contents : pas d’inflation en vue ! Cette inflation si terrible… terrible surtout pour le capital : à 10% l’an d’inflation, en 5 ans seulement, le capital net a perdu la moitié de sa valeur effective ! Alors que la déflation, c’est le contraire : la capital est de plus en plus puissant, ceux qui ont un joli bas-de-laine le voient devenir magnifique.
Attendons donc, confiants, le rebonds de la crise !
Et puis il y a l’Europe et ses dettes souveraines… Dans le 1er trimestre, la Grèce et le Portugal – qui a vu sa note descendue la semaine dernière – devront faire appel aux marchés pour abonder leurs finances. Pourquoi ces marchés seraient assez fairplay pour ne pas faire la fine bouche et ne réclameraient pas que les autres États et la BCE ne viennent garantir les prêts qu’ils consentiraient ? (À leur place, je ne me gênerais pas !) Et puis viendra le tour de la Belgique et de sa dette record, peut-être même l’Espagne que la crise immobilière ravage, voire l’Italie, la France… Alors le gros mot, le jour où les maîtres teutons de l’UE diront « Nein ! », devra bien être prononcé : restructuration de la dette, c’est-à-dire défaut de paiement. Les conséquences seront une augmentation automatique de tous les taux de prêts accordés aux États de l’euro (euro dont la valeur s’effondrera inévitablement – ce qui ne sera pas un mal pour la France !), l’Allemagne et ses satellites d’Europe du nord peut-être exceptés. Quant à quitter l’euro, il ne sera plus question que de savoir qui le fera en premier et comment : est-ce que l’Allemagne renoncera à prêter sa monnaie à ses mauvais voisins et restaurera le Mark ? est-ce que le Portugal sera exclus de la zone euro ? est-ce que la Grèce restaurera le drachme pour sauver ses citoyens de la dépression, de la ruine et des émeutes ?
Si la crise n’est pas revenue, si la zone monétaire allemande ne s’est pas rétrécie, alors les atlanto-européistes pourront brûler un cierge à St-Dollar au nouvel an prochain !

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