Que de bonnes raisons d’attaquer la Libye !

Est-ce le pétrole ? la démocratie ? l’or ?… chacun a son explication des évènements en Libye. Mais, quand on examine les motivations d’une guerre, elles sont toujours multiples ; et, pour la Libye, sans vraiment y être pour grand chose, elle s’est bien trouvée dans l’œil du cyclone !

La guerre a été déclarée par la France (on ne dit pas « déclarer la guerre » : la formule politiquement correcte est « résolution 1973 de l’ONU » ; mais, le « Machin » étant objectivement aux ordres de l’Empire étasunien et de son armée, l’OTAN, la formule ancienne revient au même et a l’avantage de la clarté). Que se mêlent donc Sarkozy – certes valet des USA – et son vice-ministre des affaires étrangères, BHL, d’émeutes à Benghazi ? Les droits de l’Homme nous a-t-on sorti de la boite comme d’autres en extraient un lapin… Ce n’est pas sérieux ! Jamais au monde une guerre n’a été humanitaire, et jamais elle ne le sera. Même en 42, si les Américains sont entré dans le conflit contre Hitler, ce n’était ni pour les démocraties européennes sous le joug fasciste, ni pour sauver les Juifs ; c’était au contraire pour de sains intérêts économiques et stratégiques. Et il en va de même en Libye.

Si l’on se rappelle de ce qui passait en boucle dans les médias avant la « révolution libyenne », on va se souvenir soudain que le monde était préoccupé à juste titre par la plus grosse catastrophe nucléaire de tous les temps, Fukushima. Depuis la Libye, on ne s’inquiète plus de l’évolution de « l’accident » nucléaire japonais. Or, quel est la pays de la planète le plus investi dans l’énergie atomique ? la France. Lequel fait en sorte que les télés ne parlent plus trop des dangers de la technologie d’AREVA en lui offrant un nouveau sujet en pâture ? la France. La catastrophe imprévue de Fukushima a une incidence sur le déclenchement de l’invasion de la Libye par l’OTAN. Mais ce n’est pas la seule.
Le pétrole ? évidemment que le vol du pétrole libyen – comme cela a déjà été fait en Irak – a son importance. Surtout cela permettra de rentabiliser l’intervention : l’OTAN se remboursera sur le pétrole du coût de la bataille et pourra présenter une comptabilité équilibrée. Cela étant avancé, le pétrole n’aurait pas suffi à justifier cette guerre : les réserves libyennes n’ont aucune commune mesure avec celles du Golfe !

Par contre, en pleine tourmente des économies européennes et américaines, face aux deux monnaies de singe qui révèlent chaque jour un peu plus leurs vacuités, Kadhafi voulait créer une monnaie africaine garantie sur l’or – or dont il possédait une importante réserve (164 tonnes – la coalition occidentale a-t-elle mis la main sur ce butin de guerre hautement convoité ?). Cette monnaie aurait nui à l’euro, et surtout au pétro-dollar sur lequel repose la crédibilité de la FED et de toute la finance anglo-saxonne ; il fallait empêcher les projets contre les banquiers de l’Empire du leader libyen. Cela fut parfaitement fait. Jp-Morgan, Rothschild, Rockefeller et leurs amis peuvent dormir tranquilles !

Protéger les populations civiles du fou de Tripoli, cela n’a bien sûr, comme dans toute guerre civilisée, eu aucune importance. La guerre est inhumaine et n’est jamais « humanitaire » ; ce concept d' »intervention humanitaire » est même grotesque, et il faut être un esprit dérangé pour y croire une seconde. La guerre coûte beaucoup trop cher pour s’y amuser à secourir des populations étrangères ! Kadhafi a-t-il commis des massacres à Benghazi ? peut-être le saura-t-on un jour… Par contre, ce que l’on sait, c’est que cela n’a pas joué pour déterminer l’intervention.

Ce que l’on sait aussi, c’est que Kadhafi avait une très mauvaise image dans les opinions occidentales. Du fait des médias, dont les journalistes avaient pour lui une sincère détestation, du fait aussi du personnage et de ses outrances – sa mégalomanie l’amenant à se déguiser lui-même en caricature de dictateur paranoïaque, personnage quelque peu machiste qui a tout pour déplaire à un public européen. À cela il faut ajouter un attentat aérien d’il y a 20 ans qui lui a été attribué, la ténébreuse affaire des « infirmières bulgares » (dont il semble qu’un des chefs des rebelles soit parmi les responsables), et puis la réalité d’un pays qui n’est pas un bon élève d’Amnesty International mais se fait au contraire remarquer par ses manquements répétés au droits de l’Homme et à la liberté d’expression (couramment confondue avec la démocratie en Occident) : la coupe est pleine pour que les peuples de l’Empire n’aient pas d’empathie pour le régime kadhafiste… (Pourtant, et malgré la popularité inexplicable du dandy débraillé de la place des Vosges, l’entrée en guerre de l’OTAN était désapprouvée par plus de 60% des Français !)

Une autre raison géostratégique s’est imposée. L’Occident avait perdu cet hiver deux de ses grands amis : le dictateur tunisien Ben Ali, dont la férule sur sa population était tant appréciée que la France avait même, par la voix de son ministre des affaires Étrangères, envisagé un temps de prêter main-forte à son allié pour mater sa population ; et puis l’Égypte, dont l’autocrate pro-occidental Moubarak avait été déchu lui aussi quelques temps plus tard. Grandes pertes pour l’Empire ! De l’intérêt de placer son pion pile entre ses deux pièces : en Libye. Une fois entré dans ce pays, il sera donc fondamental de s’y implanter durablement pour perpétuer une menace sourde sur les indisciplinés voisins. Pour justifier cette installation militaire en Libye, il ne faudra pas venir totalement à bout des forces fidèles au leader déchu : il sera bien qu’il demeure une guérilla anti-occidentale ! quelques attentats sanglants seraient même bienvenus pour souder les opinions occidentales derrière les soldats de l’Empire. De plus, la rébellion libyenne ayant semble-t-il des sympathies islamistes radicales, cela pourrait relancer le choc des civilisations en perte de vitesse depuis l’exécution (ou l’ex-filtration ?) de l’agent sponsorisé par la CIA, Ben Laden. Un scénario « à la libanaise » où personne ne sait plus qui est l’ennemi de qui, voilà qui étoufferait les doutes des opinions publiques et les convaincraient de la pleine légitimité de l’OTAN ! Ajoutons encore qu’avec ce pion en Libye, l’OTAN met aussi un pied en Afrique, et ce dans le pays ayant le plus haut niveau de vie du continent, on ne peut plus qu’applaudir la pertinence de cette conquête !

Voilà toutes les excellentes raisons pour la coalition occidentalo-qatari d’envahir la Libye. Une dernière est probablement la trop grande distance prise par Kadhafi d’avec le Kremlin ; la hautaine fierté du Colonel l’a enclin à ne pas se prosterner devant l’Ours russe… et celui-ci n’est pas intervenu dans la tourmente pour, d’un coup de patte, éloigner l’agresseur. Une leçon claire pour la Syrie qui sait maintenant ce qu’il lui reste à faire pour ne pas se faire bouffer elle aussi par Washington et ses amis ! Enfin, comme les « rebelles pacifiques et démocrates » pourraient bien être démasqués bientôt par des médias investigateurs occidentaux comme étant en fait des terroristes islamistes armés , la décrédibilisation de l’OTAN – l’ennemi déclaré de la Russie – qui ne pourrait que s’ensuivre, serait très profitable à cette dernière…

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