L’ordalie

Le soleil éclaire cette froide après-midi de printemps. Les écuries des jouteurs préparent leurs camps, dans le silence : la trêve de Dieu s’étend sur le pays. Mais demain sera l’ordalie !

L’angoisse, surtout dans les camps les plus certains de leur victoire, leur fait perdre leur arrogante suffisance et retrouver une sainte humilité. Les guerriers sont écrasés dans la prière et le repentir.

Ce ne seront pourtant ni ceux qui vaincront ni ceux seront battus qui se rendront sur le champ de bataille au jour du Seigneur. Ce sont les gens, les gens du Peuple, qui choisiront. On a ordonné la sérénité et le mutisme des adversaires et de leurs armées pour ce jour de sabbat étrange où la question qui court dans les consciences est tue.

Dans ce recueillement subit oublié depuis des mois, les fastes du Spectacle, éteints depuis la nuit, ne pérorent plus leurs fois. Le vent cinglant qui caresse les terres du royaume y fait seul circuler sa pensée impie.

Les hommes, nus sans ce dévoiement de gloses, retrouvent leur innocence natale. C’est du moins ce que tous les justes attendent de ce cette mutique flamboyance. Huit héros, les armes à la main toutes ces dernières semaines, tomberont demain.

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