Le chemin désespérant de Stéphane et Edgar

 Edgar Morin, intellectuel français : « Il faut incontestablement espérer que se mette en place une confédération mondiale, qui serait elle-même une confédération de confédérations à l’échelle des continents, dont l’Europe pourrait être un modèle et un exemple. Il faudrait créer des instances mondiales pour réguler des problèmes vitaux comme l’écologie, le nucléaire, et le développement économique. » (LF)

  • Euh ? Non !  

La vieillesse est un naufrage ! Les vieux ? faudrait s’en débarrasser à la naissance ! Telle ne peut qu’être la conclusion d’un esprit vif et sensé à la lecture du livre en forme de demi-Que-sais-je qu’a brouillonné l’Indignant, Stéphane Hessel, le faisant – on ne sait par quelle retorse chafouinerie – co-signer par l’intellectuel introduit Edgar Nahoum, dit Edgar Morin.

On reconnait manifestement dans ce catalogue d’idées politique- ment correctes la patte indigente et populiste de Super-résistant-moi-j’ai-tout-fait comme quasi exclusive rédactrice, un « Indignez-vous le retour » pour prolonger le succès imméritédu premier opuscule (« un appel, pas seulement deux pages qu’on lance dans la nature comme le manifeste du parti communiste« … qui fait 90 pages face aux 16 pages du décati prétentieux !). Même style pompeux et creux, même épaisseur – deux de nos grands penseurs du temps nous pondent moins de 60 pages…

Paradoxalement, « Le chemin de l’espérance » a été le titre retenu pour l’ouvrage, quand c’est au contraire un véritable chemin de désespérance que ce recueil d’imprécations grandiloquentes et de pensées communes. Mais entrons plus avant dans cette « politique de l’humanité » (à opposer à une politique de l’animalité peut-être ?) proposée par nos deux compères.

On a déjà entendu le disque de la mère Stéphane Dessous-de-bras que tout va mal que les gens y sont même pas gentils que c’est pas bien et que y faut s’indigner très fort. Na ! Quand un tel crétinisme est élu au top des ventes, l’avenir de l’humanité s’assombrit soudain. On retrouve les mêmes gargarismes débiles dans leur désespérant chemin.

Et comme quoi que les « armes nucléaires, le déchaînement des conflits ethno-religieux, la dégradation de la biosphère, le cours ambivalent d’une économie mondiale incontrôlée, la tyrannie de l’argent, la conjonction d’une barbarie venue du fond des âges et de la barbarie glacée propre au calcul technique et économique », c’est vraiment très mal, si ! Ce qui nous vaut des formules qui fleurent bon la naïveté, voire la niaiserie, sinon l’hypocrisie : « Le développement économique n’a pas apporté son pendant moral »… Ouah ! On croirait du Hollande en spectacle au Bourget.

C’est le niveau zéro de l’analyse politique qu’atteignent ces bourgeois. Bien que moi-même anticommuniste (pas primaire, secondaire, j’ai lu Le Capital), je découvre mille fois plus d’intelligence dans les diatribes d’Arlette Laguiller et celle qui lui succède que dans les imprécations de ces lamentables imitateurs de Statler et Waldorf. Pleurons en chœur sur « la solitude », « l’alcoolisme, la consommation de drogues, la dépression, les maladies psychiques » et toutes autres choses très vilaines. Alors qu’il y a tant de « besoins de salubrité, de convivialité, de secours multiformes, d’esthétique de la vie quotidienne ». Appelons-en donc à « la revitalisation des solidarités » et à « la compréhension humaine ». Quel programme !

Il nous faut renoncer à une « conception quantitative … du bien-être matériel » grâce à « la connaissance … des risques … que vit l’humanité », ce qui « nous préparera à affronter les crises qui secoueraient de plus en plus la planète » à l’avenir. On est dans le discours culpabilisant (même s’il n’est pas toujours infondé) des décroissants, c’est un appel à une prise de conscience résignée de nos conditions de vie. (Contentez-vous de toujours moins, et faites pas chier ! auraient-ils pu dire en n’usant pas de circonvolutions.)

C’est à une « insurrection des consciences » qu’en appellent les chéris, car « la forme suprême de la reconnaissance d’autrui est l’amour » (amen), qu’il nous faut « une nouvelle politique, une politique du vouloir-vivre » qui « prendra les traits d’une politique du bien-vivre ». « Le vouloir-vivre nourrit le bien-vivre, le bien-vivre nourrit le vouloir-vivre » : si la formule peut sembler quelque peu heideggérienne, il suffit de la renverser pour comprendre à quoi elle est censée s’opposer et en démasquer la vacuité : une politique du ne-pas-vouloir-vivre ? du vouloir-mourir ? du mal-vivre ? du bien-mourir ? Cette phrase qui sert de conclusion au discours de nos sémillants escrocs, c’est du aussi joli-mignon que c’est complètement creux. Du vent, du beau-parler, du rien-vouloir-dire, de la bouse pour attirer les mouches.

Face au constat ô combien ténébreux d’une « bureaucratisation généralisée » dans laquelle « la corruption est devenu un phénomène majeur », il faudra « briser la bureaucratisation » et s’engager dans une « réforme débureaucratique qui dérobotiserait les travailleurs des administrations et des entreprises ». (On objectera, sceptique, que, en « rendant l’initiative » aux fonctionnaires comme le préconisent nos réformateurs, il semble qu’on mette justement en place les armes de l’arbitraire et de la corruption…)

Alors, de même que le néolibéralisme ne marche pas donc il faut PLUS de néolibéralisme, de même que l’Europe ne marche pas donc il faut PLUS d’Europe, la voie vers cette « débureaucratisation » passera par… la création de nouvelles administrations : « un Conseil d’État éthique », « un Conseil permanent traitant des transformations sociales et humaines », «un Conseil permanent chargé d’inverser le déséquilibre » dans la relation capital-travail, « Un Conseil permanent de lutte contre les inégalités », « un Office public de la consommation » (pour éduquer ces andouilles de consommateurs à préférer « l’alimentation de proximité » et les « produits de qualité fermière »), « une Ligue nationale des consommateurs », enfin « des Maisons de la Fraternité » avec « un Service civique de la fraternité ».

Outre qu’elles exploiteront les appelés à ce « Service » et les nombreux bénévoles des « institutions publiques ou privées de solidarité existant déjà », elles pallieraient, « vu les difficultés d’admission dans les hôpitaux », aux carences du service public de la santé par des « dispensaires fournisseurs de soins d’urgence » au rabais. Ce, donc, par un recours à l’entreprise privée ou associative sous-formée et sous-payée (voire gratuite). Le MEDEF en a rêvé, Hessel et Morin aussi !

Soyons révolutionnaires même jusqu’à attendre « un solennel appel de citoyenneté adressé aux richissimes pour qu’ils envisagent d’eux-mêmes une nouvelle nuit du 4 août scellant un abandon d’une partie de leurs richesses, comme l’ont déjà fait certains milliardaires américains » ; nos sans-culotte veulent-ils rétablir le système aristocrate de redistribution qui faisait financer l’aide aux pauvres au bon vouloir miséricordieux des puissants du Royaume plutôt que par les prélèvements fiscaux ?

Par deux fois dans ce court texte, nos « démocrates » en appellent à la sagesse asiatique. Ces deux seules références ne sont pas innocentes. C’est Confucius qui est mis à l’honneur. Notamment sa « bienveillance » requise quant à l’exercice de la « responsabilité et du pouvoir ». Or, le confucianisme, qui a toujours été la doxa chinoise, de la dynastie des Shang jusqu’à l’actuel Parti Communiste, ce n’est rien d’autre qu’un appel à la résignation car « la soumission au père et au Prince va de soi » (Wikipedia) ; le confucianisme étant une morale d’une société très hiérarchisée dans laquelle aucune entrave démocratique n’est tolérable.

On appréciera particulièrement un glissement zemmourien ; cela concerne ces « jeunes délinquants » aptes à « réhabilitation et rédemption …  en particulier les immigrés ». Immigrés qu’on nous enjoint à ne pas considérer « comme des intrus à rejeter », les « droits des immigrés » étant « le principe fondateur, générateur et régénérateur de la France » (!).

« Nous devons prendre conscience » du jeu et des intérêts que défend le prêche de nos deux nouveaux – mais vieux – curés (à « l’air pas catholique », en eût dit Georges Frêche), une gouvernance oligarchique mondiale. Pas plus que pour leur cousin Attali, la démocratie qu’ils invoquent n’a de présence concrète dans leurs propositions. Il faut bien comprendre que, regrettant ce « processus de dégénérescence, de dessèchement de la démocratie » et sa « dérive oligarchique », nos amis désignent comme responsable « l’incapacité des citoyens à acquérir des connaissances techniques et scientifiques qui leur permettraient de comprendre et de traiter des problèmes de plus en plus complexes ». Ben oui bande de nases qui me lisez, si on ne respecte pas vos opinions, c’est parce que vous n’êtes que des cons ! (Évidemment, il faut leur reconnaître que nos deux faux-culs le disent plus élégamment.)

Et on en reparlera quand on vous aura enseigné « ce qu’est la connaissance », « ce qu’est l’être humain », « la consommation », « une claire conscience de la condition humaine » (enseigner une conscience ?), et plein d’autres choses vachement bien que les ploucs y savent pas qu’est-ce que c’est et que les deux crevards, eux, ben y z’ont tout bien compris parce que y sont allés aux universités, eux. Cette Université qui devra, outre une culture générale « méta-professionnelle » (mets ta sœur), « fournir des enseignements professionnels » (comme maintenant, quoi) : le changement ? c’est pareil !

Notre couple de fossiles est « de gauche », c’est dans la perspective de sa « régénérescence » vouée à « s’européiser et se répandre sur la terre entière » qu’ils se placent. Cette gauche, il lui faut recomposer ses partis en revenant aux « quatre sources qui l’alimentent » : la socialiste d’amélioration sociale, la communiste de fraternité « communautaire », l’écologique d’interdépendance d’avec « notre Terre-mère » (Gaïa ?), et… celle « qui reconnaît en notre Soleil la source de toutes les énergies vivantes » – la gauche aurait donc une origine dans le culte d’Aton ! Nos sbires se retrouvent-ils dans des projets illuminatis ?

Il ne faut pas chercher, chez ce vieux renard de Morin – on le connait et le révère depuis des lustres -, de solution à notre crise de société, car il est une des causes idéologiques du problème. Il ne faut pas davantage, parce qu’il aura obtenu le prix Mychkine 2012, prendre Stéphane Hessel pour le prince des idiots qu’il feint d’être. Si pour eux ça sent le sapin (plutôt l’acajou), les deux affreux ont un projet pour nous…

« Nous ne pouvons décider seuls du destin de notre planète » sentencent les deux momies. « Face à tous les problèmes globaux de l’ère planétaire », il faut aller vers « le dépassement des souverainetés absolues des États-nations », ce en « opérant la synthèse du meilleur de toutes les civilisations » « au terme de multiples processus réformateurs-transformateurs qui se conjoindraient comme les rivières confluent pour former un fleuve puissant » (parabole-cliché pour dire que « l’union fait la force »). Nous pouvons « d’ores et déjà proposer aux nations une gouvernance mondiale qui non seulement réformerait et refonderait l’ONU, mais créerait des instances planétaires de décision pour les problèmes vitaux ». Y a pas le choix les amis ! « There is no alternative » disait Misses Margaret Alzheimer

A priori, je suis contre l’euthanasie. Pourtant, avec ces deux ignobles dégénérés, j’hésite à n’être pas pour, et même à se passer et de leur consentement et d’attendre que leur santé décline pour pratiquer la libératrice intervention. C’est comme un titre de Boris Vian qui me vient à l’esprit en pensant à cette malicieuse paire de séniles, voire un impératif inspiré par le vénérable Pr Choron…

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Un commentaire pour Le chemin désespérant de Stéphane et Edgar

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