La loi est-elle là pour résorber les inégalités naturelles ?

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Je me suis procuré une étude passionnante du think-tank Teva-Norra qui présente des solutions réalistes à notre monde pourri d’inégalités naturelles. (Je ne révélerai pas ma source !)

La voici :

La loi est-elle là pour résorber les inégalités naturelles ?

Bien que cela puisse y beaucoup ressembler, il ne s’agit pas d’un sujet pour le « bac de philo ». Il s’agit au contraire d’une affirmation de NVB – dite Belkassine par ses détracteurs qui font là un parallèle malveillant avec notre célèbre immigrée bretonne un peu simplette d’une bande dessinée mythique -, la ministre du droit des femmes qui, prenant dignement la suite de Jules Ferry quand il déclamait, en 1870, qu’il fallait « atténuer de plus en plus, à travers les âges, les inégalités primitives données par la nature« , affirmait dernièrement que la réponse à cette question serait oui, ce face au rétrograde (et même catholique !) père de La Morandais sur le plateau de BFM-TV.

« La nature a créé des inégalités et la loi est là pour les résorber », a-t-elle déclaré (à 13′ sur la vidéo).

Les termes du sujet :

La loi est l’expression de l’État pour régir la société qu’il domine. En système réputé démocratique, il est considéré que cette loi est l’expression de la volonté populaire (voir Rousseau dans Le Contrat social). Nous ne développerons pas plus ce point assez consensuel.

– Pour ce qui est de « résorber » – faisant référence à un terme médical qui vise à extraire progressivement du pus d’un malade – il s’agit de faire disparaître quelque chose : ici les inégalités naturelles qui seront à éradiquer du corps social considéré comme le malade à guérir.

Les inégalités visées ici sont bien les différences de valeur. Nous excluons (peut-être à tort?) une inégalité mathématique qui donnerait comme but de la loi qu’elle devrait indifférencier les humains en clones identiques, ce qui est encore du domaine de l’utopie développée par Aldous Huxley dans Le meilleur des mondes.

– Enfin, le terme « naturel », qui vient qualifier l’inégalité, en exclut heureusement celles qui seraient culturelles ; c’est-à-dire celles qui viendraient des privilèges d’éducation, de revenus, de fortune, de train de vie, etc.

Citons Jean-Jacques ROUSSEAU (Discours sur l’origine de l’inégalité, 1755) :
 » Je conçois dans l’espèce humaine deux sortes d’inégalité ; l’une que j’appelle naturelle ou physique, parce qu’elle est établie par la nature, et qui consiste dans la différence des âges, de la santé, des forces du corps, et des qualités de l’esprit, ou de l’âme, l’autre qu’on peut appeler inégalité morale, ou politique, parce qu’elle dépend d’une sorte de convention, et qu’elle est établie, ou du moins autorisée par le consentement des hommes. Celle-ci consiste dans les différents privilèges, dont quelques-uns jouissent, au préjudice des autres, comme d’être plus riches, plus honorés, plus puissants qu’eux, ou même de s’en faire obéir.  »

Quelles sont les inégalités naturelles ?

1) La Mort

La première, et la plus injuste de toutes ces inégalités naturelles, ce ne peut être que celle face à la mort. Untel vivra un siècle tandis qu’un Mozart quitte le monde à 36 ans, d’autres beaucoup plus jeunes. Sauf à exécuter tous les nouveaux-nés à la manière d’un Hérode dans ces bons jours, aucune résorption de cette inégalité n’est possible à l’heure actuelle. Mais toutes les forces de la recherche médicale pourraient être orientées pour éradiquer le fait que certains meurent trop jeunes. On tend d’ailleurs à faire en sorte que les progrès de la médecine permettent à chacun d’avoir un laps de temps de vie plus raisonnable. Dans ce sens, la mortalité infantile a énormément régressé en un siècle.

Resterait encore à diminuer, dans ce vœu égalitaire, la vie de ceux à qui la nature en octroie une très (trop ?) longue. C’est ce à quoi nous invite Jacques Attali dans cette déclaration : « Aussi longtemps qu’il s’agissait d’allonger l’espérance de vie afin d’atteindre le seuil maximum de rentabilité de la machine humaine, en terme de travail, c’était parfait », déclaration qui met en corrélation espérance de vie et utilité de l’homme travaillant pour la communauté. Ainsi, si l’homme n’est plus utile à la société productrice, celle-ci serait légitime à vouloir s’en défaire ; ce qui aurait l’avantage de lisser les durées de nos existences et de supprimer le privilège de certains d’avoir une vie indécemment longue. On peut remarquer d’ailleurs que, face à une catastrophe démographique annoncée en Chine (la politique de « l’enfant unique » entraînera à moyen terme – 20 ans – un vieillissement économiquement insupportable de sa population), l’espérance de vie y régresse heureusement. Dans le même sens, le gouvernement Ayrault promet une loi pourl’euthanasie qui débarrassera la société française des personnes séniles qui auront été reconnues comme acceptant de bon cœur leur exécution.

Si le terme de « résorber » nous semble ici trop ambitieux, on pourra donc se féliciter qu’effectivement les progrès de la médecine et la banalisation de l’euthanasie vont bien dans le sens de réduire les différences entre les durées de vie : diminution de la mortalité infantile en même temps qu’élimination des vieillards inutiles à l’économie, dispendieux par leurs soins et leurs pensions de retraite, et dont la fréquentation pourrait n’être pas agréable. (Nous pourrions suggérer à Stéphane Hessel, Edgar Morin et Michel Serres – qui sont d’un âge indécemment avancé – de donner l’exemple et de s’euthanasier derechef au nom de l’égalité qu’ils bafouent tandis qu’ils partagent nos désirs égalitaristes.)

Dans le même ordre d’idée que l’inégalité face à la mort, celle face à la maladie, qui fait que certains ont des défenses immunitaires très faibles tandis que d’autres sont très bien armés, cette inégalité est combattue par la médecine. Pour un optimum d’égalité vers sa résorption, envisager d’éliminer les gens trop en bonne santé ou trop fragiles va entrer en opposition avec la volonté de vouloir accorder un temps de vie égal à tous. Nous ne voyons que l’espoir de progrès de la recherche scientifique pour mettre fin à cette intolérable inégalité naturelle.

2) Le Charme naturel

La seconde inégalité qui s’impose ne peut être que l’inégalité de « beauté » ; nous entendons par « beauté » ce qui relève du charme naturel, de l’élégance des traits, des formes physiques innées, du timbre de la voix même, etc. à ce propos, le poète ne déclare-t-il pas que « la beauté est la seule injustice acceptable » ! En effet, certains jouissent d’un privilège condamnable d’être naturellement beaux tandis que d’autres sont injustement stigmatisés à cause de leur disgrâce. Notre ministre, par exemple, est belle : visage aux traits agréables, sourire charmeur, formes correctement proportionnées (très belles jambes entre lesquelles tant d’hommes aimeraient connaître une « petite mort ») ; mais il y a inégalité, par exemple face à une Roselyne Bachelot au visage ingrat et au galbe anarchique. Si l’on suit le projet de Mme la ministre, il serait donc juste que toutes les femmes – et tous les hommes – puissent avoir accès à des modifications de leur anatomie (prises en charge par l’État) pour corriger ces inacceptables différences qui font qu’un individu laid (homme ou femme et quel que soit son désir sexuel) aura peu de chances de séduire quand un autre « beau » aura tous les assouvissements dont il rêve (cf Le goût des femmes laides de Richard Millet). Dans ce sens égalitariste, toutes les chirurgies plastiques – remboursées par l’État, nous insistons – doivent être promues pour rendre tous les individus à peu près (ne soyons pas trop jacobin !) aussi désirables. Appareils dentaires, chirurgie esthétique, prothèses ou réductions mammaires, pénoplastie, gonflements des muscles… tous doivent avoir le moyen d’accéder également a minima à un coefficient de séduction optimum.

Resterait le souci des gens trop « beaux » ! par exemple Najat. La solution évidente serait de les difformer en leur ôtant (par chirurgie ?) de leur séduction pour qu’ils ne rayonnent plus par cet injuste charme inné. La taille notamment est un souci à ce propos ; ne faudrait-il pas (cela me semble indispensable pour donner sens au souhait de Mme Vallaud-Belkacem – repensons aux « talonnettes » d’un non regretté président) de délimiter que, en particulier pour les hommes, seuls auront droit de vivre ceux qui ont une taille raisonnable, c’est-à-dire entre 1m65 et 1m80 par exemple ? (Or, là, nous nous trouvons face à un dilemme par rapport à l’espérance de vie : contraints d’attendre que les gens aient grandi avant de les reconnaître inaptes à cause de l’inappropiation de leur taille, comment leur ôter cette espérance désormais ? Les pronostics eugéniques prénataux pourront peut-être résoudre ce nouveau souci.)

Nous nous félicitons que la puissance publique prenne en charge de corriger beaucoup de ces inégalités physiques en remboursements de frais de chirurgie plastique, pour autant, le compte n’y est pas : quelle que soit l’orientation de leurs choix sexuels, les « belles nanas » et les « beaux mecs » ont un privilège naturel inacceptable qu’il est urgent que, pour l’égalité, la puissance publique corrige. (Nous connaissons personnellement deux hommes – dont il se trouve qu’ils soient tous deux d’orientation homosexuelle -, or l’un, Anthony que nous saluons au passage, est grand et avenant – par ailleurs militant PS – et a une multitude d’amants, tandis que l’autre, Olivier, petit, également sympathique nous l’avouons, mais dont l’idéal politique libertaire est très éloigné du nôtre, est lui seul et délaissé : Mme la ministre se doit de répondre, en bon égalitarisme, aux désirs légitimes d’amour du second, quelles que condamnables puissent être ses idées subversives.)

Pour ce qui est des obèses chroniques ou des handicapés disgracieux, ne serait-il pas judicieux, au vu de l’impossibilité de les amener à un charme équivalent, de les faire disparaître ? Nous sommes ici encore devant le dilemme de leur promettre une durée de vie égale aux autres quand leur laideur naturelle manque de solution. Mais l’ouverture vers d’autres cultures nous inspire : du moins pour les femmes, il faut noter que certaines musulmanes adoptent la burqa qui a l’avantage de rendre toutes les femmes qui la portent également désirables. Ce pourrait être une solution à envisager dans un louable souci d’égalité. De même qu’une burqa unisexe pour égaliser les potentiels de séduction de tous les humains, on pourrait, à l’opposé, promouvoir l’interdiction de se refuser à un partenaire volontaire. « Chacun appartient à tous les autres », n’est-ce pas la sagesse vecteur de stabilité dans le Meilleur des mondes ! Ainsi, si tous pouvons profiter de tous les corps à notre disposition dont le consentement sera automatique dès lors qu’il aura été présenté dans des formes à définir (le viol consistant à prendre quelqu’un par surprise ne saurait être acceptable), il n’y aurait plus d’inégalité naturelle devant l’assouvissement de tous nos désirs sexuels. Dans une société où se plier au désir légitime de chacun, quant à un acte d’amour physique, serait enfin décrété, l’inégalité serait éteinte quant à cette injustice qu’est le charme inné des individus. Restera qu’il faudra résoudre le souci de personnes qui, belles comme notre ministre, en viendraient à être beaucoup sollicitées au point de ne plus pouvoir que passer leur temps à assouvir les ardeurs de tous les mâles ; nous ne voyons pas de solution pour le moment, mais faisons confiance aux gens de « progrès » pour apporter à nos ténèbres les idées lumineuses auxquels ils nous ont habitués depuis des siècles.

3) L’Intelligence

Parmi les inégalités innées, il y a celles de l’intelligence dont nous nous offusquons qu’elle soit si mal répartie. Tous les tests scientifiques de QI à ce sujet sont catégoriques : quel que soit le milieu social, ce caractère est inégalement partagé. Il se trouve que des études affirment par exemple que les Noirs sont reconnus comme moins intelligents que les Blancs, et ceux-ci bien moins intelligents que les Asiatiques ; cela n’étant qu’une moyenne : il y a beaucoup de Noirs à Mensa (nous en savons quelque chose) qui est l’association, sans aucun doute possible, la moins pauvre en matière grise de la planète. Nous nous doutons que notre ministre compense par sa beauté naturelle une déficience en ce domaine (certes, elle est diplômée de Sciences-Po, mais les études sociologiques prouvent que la réussite dans les études comme sociale ne se justifie pas par l’intelligence – voir les travaux à ce sujet de Pierre Bourdieu). Pour que ces inégalités d’intelligence n’aient plus cours, il serait bien que tous les déficients mentaux soient supprimés (bien sûr avant leur naissance, sinon on retomberait dans le dilemme de ne pas leur accorder une égale durée de vie) ; en parallèle, bien sûr, ceux qui sont trop intelligents devraient l’être aussi pour que ne restent que des personnes à peu près aussi malignes que notre chère Najat. Nous ne ferions ici que suivre l’idée de Gracchus Babœuf quand il voulait que toute supériorité fût « réprimée sévèrement » et « poursuivie comme un fléau social ».  De cette façon, nous n’aurions plus dans la société que des gens moyennement doués, société apaisée dans laquelle aucun « surdoué » ne pourrait amener des idées déplaisantes pour l’opinion vulgairement commune qu’aime ceux qui réussissent (indépendamment de leur intelligence, rappelons-le). L’égalité est à ce prix que nous nous privions de « génies » tels Mozart qui, reconnaissons-le, jettent un discrédit gênant sur ceux qui les entourent.

4) La Race

Nous ne nous étendrons pas sur les inégalités dues à la « race ». En effet, ce terme de race ne correspond qu’à des différences visibles entre des hommes aux traits et couleurs variables mais ne débouche sur aucune base scientifique qui viendrait étayer nos perceptions visuelles, voire olfactives pour l’ex-président Jacques Chirac dans un célèbre de ses mots (après les intenses recherches en ce sens depuis la fin du XIXe, les sociétés eugénistes et racialistes ont disparu après-guerre et Julian Huxley a abandonné la sienne en Angleterre pour devenir le premier président de l’UNESCO). Le racisme, encore trop courant, qui s’apparente chez certains à une phobie de tel ou tel type humain, est déjà complètement absent de la loi. Pour lutter contre les discriminations (par exemple à l’embauche, mais aussi dans les cours de récréation…) dont sont victimes des gens de toutes couleurs, des procédures existent déjà (les prud’hommes notamment). Or il est souvent difficile de prouver qu’il y aurait discrimination due à la « race » ; l’employeur par exemple, sauf à exprimer et avouer une répulsion raciste, citant de bonne ou de mauvaise foi d’autres justifications à sa décision que le plaignant considère lui comme « raciste ». Sauf à pénétrer les consciences avec des technologies qui n’existent pas encore, la dimension raciste ou non d’un acte est invérifiable si elle n’est pas revendiquée (mettons de côté que l’aveu peut lui aussi être un mensonge). Tout au plus peut-on espérer qu’une surveillance généralisée des communications de chacun – par exemple de toutes les interventions sur des forums internet et les courriels, les caméras de surveillance, etc. – pourra servir d’indice pour condamner quelqu’un comme raciste quand celui-ci récuserait pourtant ce racisme.

5) Le Sexe

Notre ministre l’étant du droit des femmes, il nous faut nous intéresser aux inégalités entre les deux sexes reconnus : masculin et féminin. Nous remettons en avant le projet du port obligatoire d’une burqa unisexe qui aurait l’immense avantage d’indifférencier tous les corps humains. Pour ce qui est des voix, outre la possibilité de généraliser l’utilisation d’appareils de déformation vocale pour converser (ce qui éviterait que s’entendent des accents stigmatisants, voire des « défauts » – terme impropre que la novlangue se doit de corriger positivement – de prononciation), il serait plus simple que tout humain soit contraint à n’échanger que par écrit ; cela aurait la précieuse utilité de pouvoir contrôler tous les propos tenus sans contestation possible de son auteur. Dans cet ordre d’idées, les genres grammaticaux masculins et féminins seraient bien sûr proscrits de toute publication ; le seul admissible étant un édulcorant « neutre » uniformisateur. Nous insistons – en attendant un clonage égalitaire que la science future nous permettra peut-être – sur l’indiscutable avancée vers l’effacement des inégalités naturelles que serait une société où tous seraient couverts de la tête aux pieds de ce voile égalitariste. Nous remarquons que séduction, sexe, pigmentation de la peau, origine ethnique, la taille même (des « talonnettes » pouvant aisément dissimuler cette inégalité inacceptable), tout cela serait ainsi dissimulé sous un simple drap dont la couleur, par but égalitariste toujours, se devrait d’être la même pour tous – nous suggérons un genre d’arc-en-ciel beaucoup plus agréable à l’œil que le noir des adeptes de la burqa islamique. Nous nous félicitons que cette solution soit par ailleurs très simple et peu coûteuse dans les temps de crise économique actuelle. Nous ne pourrions que saluer ici un pas en avant définitif vers une société beaucoup plus égalitaire. (Ce vêtement aurait par ailleurs la qualité appréciable de gommer les différences culturelles de fortune et rien ne ressemblerait plus désormais à un homme riche qu’une femme pauvre.)

Il nous faut mentionner, par souci d’universalisme, la dimension culturelle dans la différenciation des sexes, ce qui est mis en lumière par l’existence des inter-sexes, c’est-à-dire ce que l’on nomme vulgairement « hermaphrodites », des individus présentant à la fois des attributs physiques sexuels naturels masculins et féminins. Quoique très rares, ces cas ne peuvent être passés sous silence dans une approche sérieuse de la question. Mais la solution défendue plus haut d’une « burqa laïque » résoudrait le problème de discrimination que notre société fait indiscutablement peser sur ces personnes, allant même jusqu’à couramment les nier ou les associer à des transsexuels (la transsexualité ne pouvant en aucun cas être considérée comme « naturelle » puisqu’elle passe, elle, par des opérations chirurgicales et l’absorption de produits chimiques, elle ne fait partie du champ de ces inégalités naturelles que nous avons seules choisi de traiter ici).

6) Le Mariage et les enfants

Puisque c’est à l’occasion d’un débat sur la réforme du mariage voulue par le gouvernement, il nous faut examiner les inégalités d’orientation sexuelle. Nous noterons que considérer que « hétérosexualité » et « homosexualité » sont des déterminismes naturels est particulièrement idéologique et tend à nier le libre-arbitre et l’influence culturelle de l’éducation et de l’environnement dans la sexualité ; en effet, l’homme défini ainsi n’aurait pas de droit à un « choix » sexuel et serait soumis à un seul destin auquel il ne pourrait que se soumettre. Rappelons que les scientifiques qui ont en ce sens cherché un « gène de l’homosexualité » (auquel donnait foi notre ancien président Nicolas Sarkozy) n’ont rien trouvé. Indiquons aussi qu’une incidence culturelle semble se dessiner puisque les pratiques amoureuses entre hommes notamment ont été historiquement et géographiquement beaucoup plus courantes dans certaines sociétés que dans d’autres : la Rome et la Grèce antiques, la Renaissance italienne, la cour de Louis XIII, l’Indochine bouddhiste, etc. ont connu beaucoup plus de ces pratiques qu’ailleurs ou à d’autres moments ; de même, la société occidentale a vu une indéniable croissance de sa population « homosexuelle » depuis une cinquantaine d’années. Il semble donc bien qu’il y ait une incidence culturelle sur la sexualité (les anthropologues ont aussi trouvé des peuples dits « primitifs » où certaines « homosexualités » peuvent être obligatoires tandis que d’autres peuples ne comprennent même pas ce que cela peut signifier, ce qui semble nous confirmer l’importance culturelle sur l’orientation de l’objet du désir sexuel).

Pour autant, admettons, pour poursuivre l’analyse, le postulat que « hétérosexualité » et « homosexualité » auraient quelque chose à voir avec une inégalité naturelle. Si la loi se veut de « résorber » cette inégalité naturelle, il faudra donc qu’elle donne les mêmes droits à ces deux groupes assez artificiellement définis sur un présupposé contestable. Or, la loi a déjà depuis bien longtemps supprimé toutes les discriminations qui pesaient sur les personnes en fonction de leurs pratiques sexuelles (hormis le viol, la pédophilie, la zoophilie, la nécrophilie…). Pour ce qui est du « mariage », le Conseil constitutionnel a relevé qu’il n’y avait aucune forme de discrimination puisqu’il n’est pas exigé des époux qu’ils aient telle ou telle sexualité : il unit au contraire un homme et une femme sans se préoccuper de connaître quoi que ce soit de leur vie amoureuse qui demeure du domaine de l’intime. Il ne s’agit donc pas ici d’inégalité. De même pour l’adoption d’enfants, une personne célibataire pouvant y prétendre légalement, il ne lui est pas exigé – et nous nous en félicitons – que les ébats éventuels de l’adoptant ne soient qu’« hétérosexuels ». A égalité avec un autre homme ou femme, quelles que soient leurs sexualités pratiquées ou non, tous sont considérés également par la loi quant à l’adoption. Une personne d’un couple non marié dit « homosexuel » peut, en théorie, légalement adopter un enfant à égalité d’un autre couple traditionnel non marié.

Pour ce qui est du « droit à l’enfant » et à la procréation médicalement assistée, cette dernière n’est pas autorisée en France pour les célibataires, quelle que soit encore une fois leur sexualité. Par contre, un couple d’homosexuels (un « gay » et une lesbienne) peut parfaitement convoler et la femme pourra alors demander à bénéficier d’une PMA si elle a pris soin d’épouser un homme stérile. Cela est bien compliqué : la vie n’est pas simple ! On peut par contre mettre en lumière qu’il y a ici une inégalité, mais elle n’est pas entre homosexuels et hétérosexuels mais entre couples féconds et couples stériles (or cette inégalité-là est sans nul doute « naturelle »), voire entre couples mariés et non mariés (ce qui est par contre culturel : le « mariage » ne saurait être qualifié de « naturel »). Si la société le veut, elle pourrait changer la loi qui interdit d’avoir recours à la PMA aux non-mariés. Pour ce qui est de la phobie des « homosexuels », heureusement fort rare, les discriminations qu’elle pourrait entraîner sont déjà pourchassées par la justice. C’est d’ailleurs ces seuls cas de protection des personnes victimes en raison de leur orientation sexuelle supposée qui sont présents dans la loi actuelle qui, sinon, ignore toute mention d’hétéro ou d’homosexualité.

 

CONCLUSION :

Regrettant d’avoir certainement négligé des pans symptomatiques de cette question fondamentale de société, nous espérons pour autant en avoir fait un tour très large, si ce n’est complet. Nous tenons à mettre l’accent, pour conclure, sur le fait évident que la résorption des inégalités naturelles ne sauraient se faire par des mesures cosmétiques, voire symboliques (telles que le « mariage pour tous ») ; elles exigent au contraire une action résolue, courageuse et très radicale. Les solutions pragmatiques qui ressortent de notre étude d’un sérieux absolu quant à ce dessein politique en font foi.

Cependant, quelque enthousiasmantes soient les mesures que nous préconisons pour parvenir à gommer, sinon résorber, les inégalités naturelles, nous devons avertir les décideurs que nous ne ressentons pas une adhésion populaire à ce projet humaniste. Nous craignons, dépassant très largement le cadre des archaïsmes des religieux pour aller jusqu’à nos propres partisans et électeurs des partis qui promeuvent avec insistance un progrès sociétal revivifiant, une certaine réticence au vœu exprimé par notre ministre. Si nous ne pouvons que le regretter bien sûr, il nous faut aussi avertir que cette idée de « résorption des inégalités naturelles », quelque agréable à l’oreille sonne-t-elle, induit des législations qu’une très grande proportion des populations encore trop rétrogrades refuserait sans détour. Dans une société qui garde encore trop de démocratie pour que les personnes de talent et de conviction puissent régner sans partage, il nous a semblé opportun de conseiller de ne pas précipiter la révolution vers la société égalitaire et totalitaire à laquelle nous aspirons tous.

Teva-Norra, Paris le 19 janvier 2013

 

« L’égalité est une injustice faite aux coupables. » Louis Pauwels, Blumroch, 1976.

 

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