L’union libre

sp708_South_Park_Is_Gay_2À l’heure du dit « mariage pour tous » (« sauf pour moi » nous dit le locataire du lupanar de la Pompadour qui y a pris ses aises avec sa riche courtisane), revenons un peu sur ce mariage qui fut la norme absolue des siècles passés depuis au moins les Romains. En effet, vivre « à la colle », c’est une découverte de 68, le grand 68 de ses héros qui en ont fait fortune – les Cohn-Bendit, Serge July, Glucksmann, Kouchner… Après 68, la norme n’est plus de se marier, ni à l’église ni à la mairie, foin de ces sacralisations profanes ou sacrés ! Du moins, voici la légende.

Et voilà le résultat : « Dans l’immeuble où j’habite, nous sommes dix ménages, dont le premier locataire est le seul marié. »* Belle évolution ! Sauf que… Cette phrase, ce témoignage d’un Lillois que le mariage n’est plus la norme, il ne date pas de 1968, ni d’après ; en fait, il a plus d’un siècle : il a été publié par le journal Le Matin au début du siècle – du XXe siècle ! – et repris dans un livre du professeur de philosophie et journaliste Gustave Téry (p. 73). Car oui, hormis cette génération de l’après-guerre de nos parents ou de nos grands-parents, le mariage n’a jamais été « la norme ».

Capture du 2013-04-23 17:19:07*

Le mariage a toujours été la norme dans les milieux sociaux, non pas les plus chrétiens (le mariage était rare au fervent Moyen-Age), mais les milieux sociaux les plus fortunés. Car le mariage y correspondait, dot comprise, à la transmission d’un héritage. Si ce mariage a si bien fonctionné et s’est promu en norme dans les Trente Glorieuses, c’est justement à ce moment où chacun se voyait s’enrichir et prospérer, s’embourgeoiser. Depuis que la bourgeoisie a décidé de ne conserver que pour elle la richesse créée (surtout à partir des années 80), le taux de mariage a décru par rapport à celui de l’union libre.

Gageons que le mariage homosexuel qu’on nous fessecartman promet ne mariera que des petits-bourgeois. Il paraît, d’ailleurs, qu’il n’y a pas beaucoup « d’homosexuels » dans les usines ou sur les chantiers ? Les « cowboys pédés qui mangent du pudding » (dixit Eric Cartman) ne seraient donc que fantasme ? Bourgeois (ayant leurs paquets de 100 000 euros) et bohèmes (avec l’orgasme individuel comme credo), voilà aux attentes de qui répond le mariage hollandais. Encore une bonne raison de n’en pas vouloir !

* Les extraits sont tirés de Les divorcés peints par eux-mêmes, Gustave Téry

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