Mariage pour tous

hollande-sarko-attac1Un peu d’histoire. Au début, des enfants naissaient aux femmes, ceux-ci restaient avec leur mère et formaient donc des familles, mais elles étaient matriarcales, elles se créaient autour de la mère et de ses enfants, la conception était déconnectée des rapports sexuels, les couples n’existaient pas, il n’y avait que des étreintes furtives entre hommes et femmes de familles différentes. Il existe encore au XXIe au moins une société de 40 000 âmes qui a conservé ces mœurs matriarcales (au grand dam de beaucoup de féministes qui prétendent que la société matriarcale n’existe pas), c’est le peuple des Mosos (les Nâ) au Tibet. Là-bas, pas de couple ni de contrainte morale sexuelle : dans un reportage de Planète, ils parlaient d’une fille de 20 ans qui y avait eu 1000 amants (Carla Bruni-Sarkozy, petite joueuse !).

 

Puis nos ancêtres ont fait le lien entre rapports sexuels et procréation. Là est née la société patriarcale ; elle n’est pas la société où les hommes dominent mais celle où ceux-ci se mettent avec des femmes pour qu’elles leur fassent des enfants qui seront bien les leurs, ce en échange de l’engagement définitif du père à rester toute sa vie avec la mère de ses enfants. De là vient aussi la polygamie : quand un homme désire faire couple avec une autre femme (plus jeune en général…) que sa première épouse, il ne la répudie pas, il reste avec elle mais prend une deuxième épouse. De là aussi le gynécée grec où les femmes étaient enfermées pour s’assurer de leur fidélité absolue. De là toutes les familles dont nous sommes issus dont le modèle a été fondé par les patriciens romains. Romains et Grecs qui pratiquaient par ailleurs allègrement l’homosexualité ouvertement (mais généralement avec des esclaves ou des jeunes garçons). C’est aussi Rome – pas celle des papes, mais celle des (y sont fous ces) Romains – qui a défini l’adoption, pratique qui y était très courante.

 

Le troisième « modèle » est le modèle libéral promu d’abord par l’aristocratie anglicane, puis les mœurs de l’aristocratie du continent, enfin repris par la bourgeoisie des Lumières – Diderot, marié père de famille, et Mlle Volland, la maîtresse dont il va (ab)user pendant des années en est un bon exemple. On pourrait même remonter plus haut, au XIIe siècle, à l’amour courtois et Tristan et Yseult… C’est l’inspiration du « mariage pour tous ». La fin en est que les individus font ce qui leur chante avec qui bon leur semble, les femmes font des enfants si elles le désirent, aux hommes on trouvera des enfants achetés sur mesure. Chacun fait selon son bon plaisir, se met avec quelqu’un sans autre but que sa satisfaction libidinale égotiste, et s’en débarrasse sans état d’âme. C’est merveilleux ! (Pour ceux qui sont riches et beaux surtout.) Le souci étant que les statistiques sont formelles : les enfants qui réussissent le mieux dans la vie, qui sont les moins délinquants, qui se droguent et se suicident le moins, ce sont ceux de familles traditionnelles papa-maman stables.

 

On peut imaginer que ce serait les discriminations qu’ils subiraient (discriminations des enfants du divorce aujourd’hui ?…) qui en amène à ce constat et libéraliser encore la société ; c’est ce que veulent les marieurs-pour-tous les plus sincères… qui sont aussi les plus naïfs. Pour eux, de même que le libéralisme économique ou l’Europe ne marche pas alors il faut plus de libéralisme ou plus d’Europe, de la même façon, les familles décomposées ne marchent pas… donc il faut déconstruire encore plus les familles. Deux romans d’anticipation décrivent très bien où l’on en arrive alors : Le meilleur des mondes de Huxley, Les particules élémentaires de Houellebecq – ce n’est ni mon idéal ni celui de leurs auteurs. Au bout du compte, on aboutit fatalement à des sociétés où l’individu est seul à la recherche de son exclusif contentement hédoniste et en concurrence libre et non faussée sur le marché de la consommation sexuelle avec tous ses semblables. Je ne crois pas qu’une société soit viable ainsi, d’autant plus que, face à ces atomes humains, l’État d’un côté et les multinationales de l’autre sont des entités complices entre elles et toutes puissantes unies contre l’homme.

 

Le problème de ce modèle de société est qu’il génère des individus malheureux, toujours dans la concupiscence ; qui, au moindre incident dans leur vie, faute de famille autour d’eux, se retrouvent seuls, SDF ou dans des maisons de vieux en attendant leur euthanasie. Ce modèle amène un père qui se trouve à prendre dans ses bras la femme avec qui il a dû batailler devant les tribunaux depuis leur divorce, ce à la morgue devant le corps de leur enfant défunt. Père qui ne peut rien faire pour sa fille en dépression depuis deux ans, fille qui reproche légitimement à ses parents leur séparation. Parents qui sont anéantis et se morfondent, seuls, chacun de leur côté, sans pouvoir partager ensemble le plus grand chagrin du monde. Voilà où en amène cette société du « mariage pour tous » les cons qui s’aiment.

 

Il y a un troisième autre modèle social pratiqué par certains peuples de « races inférieures » (comme les nommait le chantre de Pépère Ier, le colonialiste Jules Ferry). Là, comme un peu dans les utopies socialistes de Fourier, les enfants sont élevés collectivement par la communauté. Donc la sagesse de nos ancêtres a cul_photoproposé trois modes sociaux pour prendre soin de nos progénitures :

– soit celle-ci est élevée par la mère et ses enfants,

– soit elle l’est par le couple procréateur,

– soit par la communauté.

Malheureusement, il se trouve que ces trois modèles ne peuvent pas cohabiter dans une même société : seules les filles héritent de leur mère dans la société matriarcale, dans la patriarcale ce sont les enfants qui héritent de leurs parents biologiques, dans la société dite « primitive » il n’y a pas de propriété privée ni d’héritage.

 

De là on voit bien que, paradoxalement, le mariage « gay » dit « mariage pour tous » n’est qu’une extension du modèle patriarcal : les couples dits homos ne sont couples qu’à l’image du modèle patriarcal, ce alors même que l’ethnologie a prouvé que ce modèle n’est pas universel. Donner à ces paires unisexuées des enfants par l’adoption plénière comme l’exige Taubira, cela va dans le même sens d’imitation du couple patriarcal homme-femme. Mais on continue vers le patriarcat tout en sapant ses bases que sont la filiation biologique et la perpétuité du mariage (et non pas le divorce, négation du mariage). Cela n’a juste aucun sens, c’est du n’importe quoi. Comme on dit : une chatte n’y retrouverait pas ses petits !

 

Et voilà certainement la raison pour laquelle il est plus difficile de s’en sortir dans la vie pour un enfant qui n’est pas issu d’une famille traditionnelle non décomposée. C’est peut-être regrettable, mais c’est tout ce qu’il y a de plus logique : nous sommes dans une société patriarcale où chacun rêve de trouver son alter ego ! Tant qu’on se morfondra devant de belles et niaises histoires d’amour (homo ou hétéro) qui véhiculent ce schéma de pensée, on n’en sortira pas. Ce n’est pas la théorie du gender qu’il faut enseigner à l’école, c’est la vérité : que des sociétés peuvent exister qui ne sont pas fondées sur le couple. Je ne suis pas contre le patriarcat (ni pour), je suis contre qu’on veuille faire croire qu’un âne est un singe ou une régression un progrès. Contre qu’on mente aux gens en leur racontant la fable absurde que de marier deux mâles ou deux femelles ensemble, outre que c’est très mignon je n’en doute pas, ce serait quelque chose qui répond à un besoin d’égalité quand il s’agit de couples de même sexe qui veulent jouer à la poupée. (Moi aussi, je me suis déguisé dans la robe de ma maman en portant ses talons hauts !)

 

Ah oui, je n’ai pas parlé d’homosexualité ni de Dieu, pourquoi ? parce que je ne vois aucun rapport avec le sujet, tout simplement.

 

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2 commentaires pour Mariage pour tous

  1. lkl dit :

    Cela me semble bizarre ce que vous dites. Je pense que la société patriarcale n’est que le greffon culturel apporté à l’homme et à la femme et que le couple existe depuis toujours grâce à une chose qu’on appelle l’Amour. Et il n’est pas question ici de parler de l’amour, dans le sens, de toutes ces niaiseries et sentimentalismes de jeunes adolescentes.

    L’Amour existe bel et bien et est un moyen pour la femme de survivre et pour l’homme de faire survivre sa conscience à travers l’enfant qu’il donnera à sa femme. Je pense que le matriarcat, ( peut-être que je me trompe ) est un non sens d’avidité, de désir frivole et de domination sur l’homme, qui, même si il a existé ou existe encore dans quelques régions du monde, n’est pas un modèle à suivre. Des femmes, qui se font défoncer chaque soir par un homme différent ? Un homme qui est lâché comme un mouchoir après ? Des enfants qui ne connaissent même pas leur propre père ou qui ont tous un père différent ? C’est juste immonde.

    Pour la communauté, je pense que ce modèle n’existe que sous l’effet de la contrainte et qu’il ne ne nie pas le modèle du couple qui serait naturel. Il y a bien bel et bien des couples chez les animaux, chez les mammifères précisément… Et sans vouloir faire de mauvaise comparaison entre l’homme et l’animal, je pense que le couple est un héritage de l’évolution chez l’homme, qui permet à la femme faible d’être protégée par un homme tout en mettant bas ses petits bébés. L’homme peut alors transmettre ses gènes aux générations futures et la femme aussi.

    Le matriarcat et l’hédonisme ( qu’on aurait appelées perversité en psychologie ou en psychanalyse il y a quelques décennies sont des dépravations de l’homme que la Culture dénature – l’homme dépravé par la Culture de Rousseau en opposition avec l’homme de Nature ).

    J’aime vos billets que je trouve bien écrits et intelligents, toutes fois, une chose me dérange, c’est que vous ne prenez pas une posture assez carrée concernant la sexualité, vous êtes encore un peu trop laxiste à mon goût dessus. La sexualité est un phénomène qui émane de la biologie, comme dans toute science, il doit exister des normes qui définissent qu’elle est la sexualité normale, saine, telle que l’évolution nous l’a donné… Et ce n’est pas comme on veut !

    • adelannoy dit :

      Très intéressé par votre commentaire !

      Personne ne pourra remonter aux débuts de l’humanité, mais on peut logiquement penser que le couple des amants qui restent ensemble élever les enfants, c’est plus une construction culturelle que quelque chose de naturel. Il est naturel que la mère élève ses enfants (et Élisabeth Badinter est une grosse conne de penser le contraire), mais pour le père, non. Le fait qu’il existe – malgré les féministes qui s’acharnent à le dissimuler – une société entièrement matriarcale encore aujourd’hui, incite à penser que c’est à peu près ainsi que ça s’est passé aux débuts de l’humanité. Scientifiquement on sait que la société pré-celte était très matriarcale et les sociétés celtes en ont hérité des traits : tolérance sexuelle traditionnelle en France ou licence amoureuse des Touareg par exemple.

      Quant à l’Amour, la chanson dit que ça dure ce que dure les roses ! Rendez-vous compte que les grandes amours finissent souvent en coups et en meurtres ! L’amour tue beaucoup, l’amour détruit énormément, le bilan de l’amour, c’est des enfants sans père ou sans mère, des avocats qui s’enrichissent des anciens amoureux, c’est des larmes et du sang. Et surtout, c’est mariez ces deux zozos du même sexe puisqu’ils s’HAIMEUUUNT ! Or, ce qui fait le mariage, ce n’est pas l’amour, ce sont les enfants qui peuvent naître du couple. Sinon, vive le mariage gay !

      Moi, je ne juge pas matriarcat ou patriarcat. C’est ennuyeux dans la société matriarcale, pour les hommes, de ne pas pouvoir avoir d’enfants. Frustrant ! De toute façon, on est d’une société patriarcale où même les « homos » veulent faire comme s’ils n’étaient pas homos et se mettre en couple, comme leurs papas-mamans ! Notre imaginaire s’est construit comme ça et, à part quelques nymphomanes, toutes nos femmes rêvent du prince charmant, et même encore à plus de 60 ans ! (Voir les sites de rencontres.) La question de passer au matriarcat ne se pose pas ; même si certains y pensent.

      Pour les couples chez les animaux, je crois que quelques races d’oiseaux me semblent de meilleurs exemples que les mammifères ! Pour les chats, le couple, c’est deux à trois nuits d’amour ensemble. Encore plus vite fait chez les chiens. Que le patriarcat vienne de la faiblesse de la femme qui a besoin d’une aide pendant sa grossesse et surtout après, quand le petit réclame continuellement assistance, ça me semble évident (mais la mère Badinter nous convaincra du contraire !). Et le fait que l’âge d’autonomie du petit humain étant si tardif – 13 ans / 80 de vie pour un homme, pour 2 mois / 20 ans de vie pour un chat -, cela fait aussi que les couples perdurent. C’est-à-dire que ce sont bien les enfants qui font le couple. L’amour n’est que cette jolie petite chose qui a poussé dans les bras l’un de l’autre les parents.

      Pour Rousseau, je rappellerai quand même que, contrairement à ce que dit Onfray et vomit Voltaire, le Genevois ne croit pas à « l’homme à l’état de nature », c’est pour lui une hypothèse pour démarrer sa réflexion, il s’en explique très bien dans le Discours sur l’inégalité.

      Effectivement, ne comptez pas sur moi pour condamner bien des formes de sexualité : hormis le viol, je ne suis contre ni les adeptes de la sodomie (excellent moyen contraceptif, 100% écologique), ni contre le lesbianisme, la polygamie (je trouve qu’il est moins dégueulasse pour un homme de prendre une deuxième épouse que de divorcer de la première pour partir avec une plus jeune)… Quant à la « norme », sans aller chercher des civilisations des antipodes, elle était pédérastique à Rome et Athènes ! Et pour certains bobos décérébrés, elle est de marier des de même sexe entre eux et de leur filer des enfants créés par des processus complètement artificiels en déniant tous ses droits à la nature ! Ce qui est rejeté, à mon sens, c’est ce qui est complètement stupide, comme le mariage gay qui est une crétinerie bouffonne pour débiles profonds ou pour purs salauds de profiteurs.

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