Najaterie de Belkassine

« L’égalité entre les femmes et les hommes sans laquelle il n’est pas de réelle liberté » nous assène la ministre d’on ne sait trop quoi. Donc, si l’on suit cette brillante anulyse, il n’y aurait pas de liberté sans l’égalité entre les hommes et les femmes…Sans cette égalité, pas de liberté. Liberté pour qui ? au fait. Pour tous, hommes et femmes, voudrions-nous entendre. Liberté pour chacun, dirons-nous même.

La liberté, c’est celle de penser – celle-là, rien ne l’arrête, même toutes les inégalités possibles et inimaginables. C’est aussi la liberté de dire, la liberté d’expression ; liberté d’expression que l’inégalité ne saurait blesser que si la liberté de s’exprimer était différente pour certains. Elle l’est. Mieux vaut être du côté de la bien-pensance si l’on veut s’exprimer. Mais, homme ou femme, cela ne change rien à l’affaire, même si des conventions culturelles imposent des règles de bienséance pour la vie pacifiée en société et que le corps social attend des hommes et des femmes qu’ils aient des expressions différentes. Ces règles nulle part écrites mais que tous connaissent ont cet avantage magique d’autoriser la transgression avec toute cette subversion que l’on aime ou qui choque quand un sexe use des mots que l’on attend habituellement de l’autre. Qu’attend notre femme ministre pour nous sortir sa virilité afin d’être enfin révolutionnaire ? Mais qui désire vraiment que, au quotidien et en toute circonstance, les femmes causent comme des mecs et les hommes comme des meufs ? Ne préférons-nous pas nous émouvoir que l’un ou l’une se soit répandu en intervertissant les rôles ? N’est-ce pas peut-être même ces violations des limites convenues qui sont le seul réel progrès de l’humanité ? Alors, il faut bien convenir que l’égalité serait ici malfaisante. L’autre liberté, c’est celle de faire. Faire se décompose en agir et en être agi, être agi au sens de la possibilité d’être appelé à faire. Pour l’agir, cette première liberté de faire, l’égalité n’est encore contenue que par les convenances, et la transgression a les mêmes atouts et risques que pour la liberté de dire. L’égalité enlèverait beaucoup de sel à la vie humaine. Quant à la possibilité d’être appelé à faire, on retrouve encore ces mêmes convenances qui empêchent l’égalité tout en ne l’interdisant pas ; et on retrouve cette même vivifiante transgression que l’indifférenciation éteint en risquant de tuer tout intérêt à la subversion entre des égaux sans âme impersonnalisés.

Pour toutes ces libertés, aucune égalité ne saurait bien sûr être nécessaire. Ce qui est bien évident puisque liberté et égalité sont des concepts qui se situent sur des registres absolument opposés, voire inconciliables (c’est une autre question, et sérieuse celle-là).

Alors ce qu’a dit Belkassine, ça n’a une fois de plus exactement aucun sens. En suivant son « raisonnement », on pourrait dire qu’il faut qu’il y ait des bateaux pour que le soleil brille. Pauvre cerveau que celui qui ahanerait de telles sottises ! car tout cela ne veut absolument rien dire.

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