Le elgébétisme est une résurgence du racisme

On sait bien peu de choses de l’esclavage dans les anciennes colonies et aux États-Unis, mais l’on se persuade pourtant d’en savoir beaucoup. La première des choses que l’on méconnaît, c’est la différence radicale entre ce qui s’est passé dans les Antilles françaises et ce qui s’est passé dans les colonies de l’Angleterre, devenues, après la Guerre d’indépendance, la Confédération américaine.

Le Code noir instauré par Colbert pour donner un cadre juridique à l’esclavage des Africains importés par le commerce triangulaire en est témoin. Il ordonnait en premier lieu que les Noirs soient instruits dans la religion catholique, baptisés, et que leurs propriétaires ne puissent être que des catholiques (ce qui laisse supposer que ce n’était pas le cas). Sur le continent nord-américain anglo-saxon, au contraire, aucune religion n’était imposée aux esclaves, certains États allant même jusqu’à interdire l’instruction du christianisme aux Noirs.

Lire le Code noir (qui n’a jamais été parfaitement appliqué et a plusieurs fois évolué) est instructif ! On y ressent que le Roy, Louis XIV, se doit de légiférer devant un fait accompli : l’esclavage s’est instauré et se trouve dans un vide juridique, or il n’est pas possible de le supprimer – face à la concurrence économique des autres colonisateurs (Espagnols, Anglais, etc.), avec ces peu nombreux et ni obéissants représentants du roi à ces milliers de lieues de Versailles. N’empêche que ce Code noir ne se fonde pas sur des différences raciales mais de condition sociale – esclave, libre – et qu’il peut déjà être vu comme un premier pas pour amener tous les habitants des colonies à un même statut de sujets du roi, égaux devant sa majesté. Par deux fois – dès 1794, mais rétabli par l’époux de la fille d’esclavagistes Joséphine, puis enfin en 1948 -, l’esclavage sera aboli et laissera dans les colonies françaises des gens égaux en droit (certes uniquement en droit), quelles que soient leurs couleurs et origines. Le XIXe siècle littéraire français pourra s’enorgueillir d’un petit fils d’esclave, Alexandre Dumas, fils d’un fils d’esclave, le général Dumas. Après l’abrogation, plus de grands problèmes avec les descendants d’esclaves sur les territoires français et les populations n’ont cessé de se métisser.

Il n’en a pas été de même aux États-Unis.

Il faut lire le chapitre XIV de « De la démocratie en Amérique » de Alexis de Tocqueville (et ce qu’a écrit Gustave de Beaumont que cite Tocqueville) au sujet des Noirs en Amérique du Nord et les surprises de ces voyageurs dans le Nouveau Monde quant à la façon dont ils sont traités et considérés là-haut. Au nord, l’esclavage a disparu, mais les Français remarquent combien les quelques Noirs qui vivent là sont ghettoïsés, exclus des églises et des écoles pour Blancs, réduits à la domesticité. La libération des esclaves américains ne viendra qu’après cinq ans de guerre civile, en 1865. Mais des lois raciales organiseront encore un apartheid entre les races et il faudra attendre… 1967 ! et l’assassinat du révérend Martin Luther-King pour que les lois interdisant des mariages inter-ethniques soient proscrites par la Cour suprême. Plus d’un siècle après ce qu’avait réalisé la France. Aujourd’hui encore, les unions mixtes entre Blancs et Noirs sont peu fréquentes chez l’Oncle Sam et Blancs et Noirs continuent souvent de vivre en communautés ethniques séparées.

En effet, après la Guerre de sécession, l’égalité n’était pas acquise et la  goutte de sang africain continuait de diviser la population et une récente communication scientifique rapporte que, dans les tribunaux qui cherchaient à la déterminer, l’observation psychologique ne pouvait en rien suffire. La race fut évaluée comme construction sociale, de façon empirique, coutumière, mobilisant d’autres critères tels que la réputation dans la communauté, la façon de se présenter, le comportement, et, éventuellement, complémentaire bien que contradictoire, la notion scientifique essentialiste de race comme naturelle. Des juges s’escrimaient à déterminer – ce qui pour des Français cartésiens peut paraître surréaliste – à savoir, en fonction de tout plein de paramètres plus ou moins concrets, si telle ou telle personne devrait être considérée comme noire ou blanche !

(« Y sont fous ces Ricains ! » me dit Obélix.)

Or, cela ne s’accorde-t-il pas mot pour mot à la Théorie du genre qui promeut qu’il y a construction sociale du genre féminin ou masculin dans l’individu ? Ne demande-t-elle pas à ce que l’on se garde des conclusions hâtives quant au sexe. Le sexe devrait alors être évalué comme construction sociale, de façon empirique, coutumière, mobilisant d’autres critères tels que la réputation dans la communauté, la façon de se présenter, le comportement, et, éventuellement, complémentaire bien que contradictoire, la notion scientifique essentialiste de sexe naturel…

Troublant non ?

D’autant plus troublant que les théories Queer et autres, qui inspirent les réformes françaises de l’#ABCD portées à bout de bras par Mlle Peillon er Mister Vallaud-Belkacem (repérés pour les « Youngs Leaders » atlantistes de la FAF) au nom le « l’égalité », ces théories, quelque peu tirées par les cheveux comme l’étaient les abracadabrants procès quant à l’origine ethnique, ces théories sont sans aucun doute possible venus d’outre-Atlantique. Qui plus est, tout cela nous arrive du camp de la gauche américaine, les Démocrates… Or c’est le même parti démocrate qui, régnant pendant toute la première partie du XIXe aux États-Unis, a fait en sorte de maintenir l’esclavage, le Sud (où les Noirs ne votaient évidemment pas) étant le bastion électoral de ce parti populiste. Et c’est le premier président républicain élu, Abraham Lincoln, qui a embrayé la voie vers l’abolition de l’esclavage sur le continent américain…

Racialisme et LGBT, même combat ?

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