Pourquoi je ne voterai pas socialiste aux élections européennes du 25 mai 2014

À la veille de ces chères élections européennes qui arrivent à grands pas et en réponse au cas d’un militant socialiste qui a intéressé un media numérique local, à celui-ci qui nous disait  » Pourquoi je voterai socialiste aux élections européennes du 25 mai 2014 « , point par point, je réponds pourquoi je ne le ferai pas.

Quoi qu’en veuille ânonner le triste père Boon dans son Nord pluvieux, l’Europe, c’est PAS la paix. L’élargissement de la démocratie à l’Est de l’Europe, après la chute du mur à Berlin et l’effondrement de cette autre Union européenne, la soviétique, c’est aussi la guerre en 1991 sur le sol du continent et ses centaines de milliers de morts en Yougoslavie. Une Yougoslavie dont l’empire bruxellois va grignoter les débris et les USA en coloniser d’autres, tel ce Kosovo, plaque tournante internationale des trafics de drogue et de la prostitution en même temps que l’hôte de la plus grande base américaine sur notre sol.

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Et Érasmus alors ? Tout le monde se congratule du succès d’Érasmus qui aurait inventé l’échange universitaire. C’est mépriser l’histoire que de le prétendre. Il y a toujours eu des échanges universitaires depuis le Moyen Age et même avant, et il y en a beaucoup avec bien des pays qui ne font pas partie de l’UE ! Les universités françaises accueillent nombre d’étudiants américains, africains ou chinois.

1962819_835094623183002_1682772833_nQu’en pense DSK ?

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Que nous ayons besoin d’institutions « renforcées et plus politiques », et surtout dans cette Europe, nous en conviendrons. Mais croire que l’UE en prendra le chemin alors même qu’elle ne cesse de s’étendre et de vouloir s’étendre, étant chaque jour davantage dans la dilution de son sommet – le Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement – par la multiplication déraisonnable du nombre de ses membres, on n’en prend pas le chemin. Plus l’Europe sera grande, moins les pays qui la composent trouveront des accords sur lesquels se retrouver. Or il suffit qu’un seul refuse pour que rien ne se fasse ; à vingt-huit, il ne se fera jamais rien. C’est là la vraie certitude qui nous a  été donnée par le traité de Lisbonne, ratifié par la forfaiture de Sarkozy et de ses collaborateurs du PS et des Verts, c’est qu’il a enterré toute possibilité pour l’Europe de devenir un jour quoi que ce soit d’autre que ce qu’elle est aujourd’hui. L’Union Européenne ne pourra plus jamais être souveraine. Qui plus est, le peu de ce qu’est cette Europe se fait dans le déni de toute démocratie au point que, parfois, on en vient à se demander si elle n’a pas été construite qu’à cette seule fin d’étouffer la voix des peuples.

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Il serait vain de rêver qu’une majorité « de gauche » vienne faire quelque interventionnisme économique que ce soit en Europe, et quand bien même cette « gauche » le prétendrait. Ce serait contraire à tous les traités qu’elle a cautionnés et qui interdisent tout interventionnisme.

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L’Europe a par contre des prétentions idéologiques assumées. Elle se targue de vouloir l’égalité des hommes et des femmes par exemple, égalité qui, hormis pour les privilégiés de quelque sexe que l’on voudra imaginer, se fera autour de la valeur zéro attribuée à chacun ou chacune. Elle se fait forte de prises de position écologistes quand la Méditerranée est la mer la plus polluée du monde, quand l’Allemagne délègue sa production d’électricité nucléaire à la France et que bien des multinationales européennes sont parmi les plus prédatrices dans le monde – que ce soit GDF en Amazonie ou Total en Birmanie. Pour ce qui est de la finance, entre les nombreux paradis fiscaux (Jersey, Guernesey, Wallis et Futuna, le Luxembourg, Monaco, l’Andorre… et même la City londonienne) qu’elle est jalouse d’abriter, elle ne parvient même pas à se mettre au diapason. Malgré ses velléités quant à protéger les consommateurs, malgré l’énorme consensus de ceux-ci contre les OGM, c’est ceux qui les combattent qu’elle condamne et ceux qui en disséminent le virus qu’elle soutient avec une remarquable constance.

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Si nous aurions peut-être besoin d’une Europe qui investisse pour la France, la réalité est que c’est la France et ses contribuables qui investissent pour l’Europe. La balance est sans appel et notre pays, qui est la cinquième puissance mondiale, donne bien plus qu’il ne reçoit ! Combien aurions-nous pu investir pour notre industrie, pour la culture, l’enseignement et la recherche si nous n’étions pas l’une des principales vaches à lait de ce ténia qu’est l’Union… Peut-être faut-il être solidaire des pays voisins et des plus lointains – d’ailleurs, ne devrions-nous pas l’être davantage avec ces anciennes colonies que l’on a abandonnées pour préférer à ceux qui parlent aussi notre langue, là-bas, ceux de qui ce sont des considérations géographiques et raciales qui nous rapprochent -, mais on ne peut dire sans se tromper et tromper son monde que la France peut attendre quelque chose de l’Union européenne, car c’est le contraire qui est vrai. Si la France n’a aucun besoin de l’UE pour exister, sans elle cette UE ne serait plus.

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La priorité absolue des grands partis qui siègent au parlement européen, c’est-à-dire ceux qui se disent socialistes, écologistes ou libéraux et dont les épigones français sont le PS, EELV, l’UMP et l’UDI-MoDem, c’est la lutte contre l’inflation inscrite dans le marbre de la Banque centrale de Francfort. Il ne faut pas que l’argent qu’ont placé ceux qui en ont assez pour en placer, il ne faut pas que cet argent de rentiers perde de la valeur. C’est l’ABC de l’Europe, il est gravé dans sa monnaie. L’argent est le nerf de la guerre ! et pour les épargnants et leurs porte-paroles politiques du PPE, du PSE et la ALDE, l’euro et son cours priment sur toute autre considération. Emploi, droits sociaux, justice fiscale… toutes ces choses sont subordonnées à l’euro, et l’euro au bon vouloir tyrannique des marchés qu’induit la phobie de l’inflation.

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Dans ces conditions, nulle chance que voit le jour jamais une vraie taxe – cette taxe fût-elle même utile – sur les transactions financières : cette taxe qui ne sera jamais ferait fuir sur les marchés qui ne l’imposent pas les liquidités auxquelles l’UE s’est condamnée par ses règles à devoir se soumettre, encourageant par là-même une économie casino déconnectée de l’économie réelle.

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Tout ne peut ainsi être au mieux que vœu pieux quant à agir pour des transformations positives, qu’elles soient environnementales, sociales, fiscales… – sur un vieux continent qui s’est mis dans les fers d’une technocratie, technocratie à qui seule la puissance des grands lobbies, avec leurs milliers d’experts et d’avocats, peut imposer ses vues. Des vues exclusivement vouées à la prolifération pandémique d’une finance sans fin ni frein, faisant toujours gonfler une bulle monstrueuse à la vitesse des microprocesseurs qui la gouvernent, bulle dont les ponctions de l’ « austérité » et de la réduction des dépenses publiques sont l’oxygène tandis que la vérole de la dette en est le symptôme purulent.

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Alors, plutôt que de choisir « notre Europe » comme on nous y invite dans les rangs de l’ordre des eurolâtres, il faut choisir une « autre Europe » que celle-là qu’ils ont faite et, tels vils parents en querelles de ménage, qu’ils font mine de ne pas reconnaître comme leur enfant, rejetant cette responsabilité qu’ils ont en papaschultzcommun, droite contre gauche et gauche contre droite. L’un vaut aussi peu que l’autre de ces deux époux qui n’assument pas leur concubinage, reprochant sans cesse à l’enfant d’être trop celui de l’autre parent. Mais cet enfant martyr, l’Europe, il n’est pas le leur, ils ne l’ont même pas conçu par PMA ou GPA, ils l’ont rapté. Rien à attendre le 25 mai de Papa Schultz ni de son clone luxembourgeois : il faut prononcer le divorce de ce couple incestueux PPE-PSE, et il faut enlever des griffes de ses tortionnaires l’Europe qu’ils ont mise sous tutelle.

 

 

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Un commentaire pour Pourquoi je ne voterai pas socialiste aux élections européennes du 25 mai 2014

  1. Saligo dit :

    Pour moi à ces élections, c’est le boycott.

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