Tournante au lycée Montaigne

proxy« Dieu me tripote ! » disait Pierre Desproges. Au collège Montaigne, pas en banlieue mais à deux pas du Sénat, ce sont les petits garçons des beaux quartiers de Paris qui tripotent les petites filles. Faute du consentement de ces dernières, les garçons s’en passent.

Dans cette affaire, ce serait les sites pornos pour adultes que les mômes matent (« aux récréations », paraît-il, pas chez eux bien sûr) qui seraient la cause que ces bons gamins, à qui des idées comme ça – vous pensez bien – ne sauraient venir, en viennent à devenir de vilains petits pervers.

Internet… tout est de sa faute ! en janvier, ce sont même des tweets et des sites islamiques qui ont tué à Paris, on s’en souvient. Le grand mamamouchi, Valls, notre Fureur tremblotant comme son modèle allemand, a d’ailleurs sorti sa loi contre les pages fesse-bouc et la dangereuse « dieudosphère ». Il y a de la « haine » sur la toile… C’est même la haine qui tue en passant par des câbles électroniques : les kalachnikovs partout et les multirécidivistes en liberté ne sont pas dangereux, qu’on vous dit ! Il faut avoir peur des sentiments comme la haine, il faut craindre les mots, il faut se méfier des images cochonnes…

C’est bien connu, avant internet, les gosses, ils ne s’excitaient pas en regardant en loucedé les films du samedi soir de Banal +, les plus anciens ne reluquaient pas les photos dans le Playboy du frangin, et nos aïeux ne s’échangeaient pas des dessins olé-olé dans les cours de récré. Avant, les mômes, ils découvraient le cul des filles lors de leur nuit de noces – et le mien, c’est du poulet ?

Les mots de la présidente de la fédération de parents d’élèves PEEP résument toute l’intelligence contemporaine en la matière. Pourquoi des garçons commettent des agressions sexuelles ? Il y a « la banalisation du porno chez les ados » et il faudrait prévenir « les risques liés à Internet », sermonne-t-elle dans le sens du vent.

Le diable, il existe, il est sur internet ! Comment pourrait-il donc être ailleurs ?

Mais il faut pouffer en écoutant la suite du prêche de la chaisière quand elle en appelle à « la formation à la sexualité et au respect entre filles et garçons »… On croirait du Vallaud-Belkassine dans le texte. De la pure soupe de bobo bien-pensant, avinée aux confitures dégoulinantes de bons sentiments mielleux et mièvres de la postmodernité triomphante dans son jus. Le « respect entre garçons et filles » ? dès lors que l’homme et la femme ne sont plus que sujets et objets de désir et plaisir, c’est de respecter ces désirs et plaisirs, de leur laisser porte ouverte, de les laisser s’épanouir « sans entraves ». You kaï di you kaï da ! On ne va pas les frustrer, les mignons, ils ne font que ce qu’on leur a enseigné : « J’ai envie, JE fais. »

La bonne dame de la fédération veut qu’on forme à la sexualité les collégiens… Comme s’ils n’y étaient pas formés, à la sexualité même qu’elle voudrait, elle, voir professer ! Ils ont tout compris, ces petits pointeurs, la seule chose qu’ils aient loupé, c’est qu’il ne faut pas se faire choper. On ne les y reprendra pas ! ils ont bien enregistré la leçon. La prochaine fois…

Car elle veut quoi, cette prude dame patronnesse ? Qu’ils apprennent à respecter les filles au point de ne jamais pouvoir en aborder une sans rougir ? n’osant même pas s’approcher d’une professionnelle (avec des sueurs froides de peur de se faire verbaliser comme client) et puceau comme tonton à 35 balais ? se retrouvant, en fin de compte, maqué avec la dernière mocheté qui lui a mis le grappin dessus, le fait tourner en bourrique et lui a fait trois enfants… dont deux sont du facteur ? C’est ça qu’elle leur veut, à nos chérubins ?

Mais si, qu’elle me dit : « On va leur dire qu’il faut que le ou la partenaire soit d’accord ! » Comme s’ils ne le savaient pas, ces vicelards, prenez-les pour des cons, pendant que vous y êtes ! L’éducation sexuelle va leur apprendre à mettre des capotes, filer la pilule* aux gamines, comment les baiser et les sodomiser – et les mecs aussi – et se faire sucer. Mais tout ça dans le respect, attention ! et même avec de « l’amour », par-dessus le marché, quand on a le temps. Il ou elle a dit oui ? c’est bon ! allons-y servons-nous sur la bête ! Consommons ! Oublions surtout que la sexualité, derrière tous les fantasmes et les amusements qu’ont parfaitement réalisé les violeurs potentiels de Montaigne, c’est destiné à ce qu’un mâle et une femelle fassent ensemble des enfants.

Cachez-moi, en même temps que ce sein sur internet, le réel que je ne saurais voir !

* pilule, dont le sociologue communiste Michel Clouscard a dit tout le bien qu’il faut en penser : « La cible, c’est la fillette. La classe d’âge, la sous-classe d’âge, de 14 à 16 ans. Il faut l’amener à consommer la pilule ; tout le reste suivra. L’usage du produit entraînera l’idéologie de l’usage, une nouvelle initiation au système. Il faut saisir la femme à la sortie de l’enfance. Au moment de sa plus grande malléabilité, vulnérabilité. Affective, psychologique, morale, civique. Moment idéal du meilleur dressage : la moindre marque se fait indélébile. Le corps ensuite ne pourra que répéter. C’est un âge désarmé : il n’a plus la dynamique de l’enfance, il n’a pas la structuration de la femme. Un âge disponible. Énorme entreprise de subversion de l’âme d’une adolescente : il faut empêcher la psyché, l’écraser en son lieu d’éclosion. Car lieu de résistance à la consommation mondaine. Lieu de la pudeur et de l’imaginaire. » Le Capitalisme de la séduction – Critique de la social-démocratie, Éditions sociales 1981, p. 110.

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