l’égalité dans la filiation

« La filiation en tant que lien de parenté doit désormais être résolument définie comme un lien commun à tous et animé pour tous des mêmes valeurs fondamentales de justice  : il nous faut ici rompre de façon décisive avec le passé de hiérarchie entre les filiations (légitime et naturelle  ; charnelle et adoptive) et promouvoir l’égalité entre tous les enfants par l’ unité de la notion de filiation. »

extrait d’un rapport rédigé sous la présidence de la sociologue télévisuelle Irène Théry pour le Ministère des affaires sociales et de la santé , Ministère délégué chargé de la famille : « F iliation, origines, parentalité , Le droit face aux nouvelles valeurs de responsabilité générationnelle », p. 24.

Cette seule phrase est embourbée de dogmatisme et d’aporie. Allons y gaiement : «  doit […] être résolument » euh ! ben pourquoi ? Pourquoi ce supposé « devoir » si « résolu » ? Au nom de quelle nécessité parle-t-on ? si ce n’est d’une nécessité immanente dont l’immanence ne s’impose qu’aux croyants en cette immanence. N’étant pas de ces dévots qui ont foi en ce Truc (avec majuscule divine), je doute et ne vois ni devoir ni résolution à s’engager par là. C’est tout au contraire de « devoir » et « résolument », « pouvoir » et « éventuellement » qu’on devrait écrire, précautionneusement…

De quelle affaire est-il question ici ? Le diktat déclame que tous les liens de filiation doivent être considérés comme égaux, pareils. Au nom de la justice ? non, au nom de « l’égalité ». L’égalité, c’est beau, c’est même dans la devise de la République et dans les Droits de l’homme. Sauf que, dans la déclaration de 89, comme dans celles qui l’ont suivie, il s’agit d’égalité… « en droit » ! Jamais il n’a été question de considérer les personnes comme égales, mais de proclamer que toutes avaient les mêmes droits. Or, là, dans le papier ministérisé, on saute à l’aporie de « l’égalité entre tous les enfants ». Or non, évidemment que deux enfants ne sauraient en aucun cas être égaux, sinon ils ne seraient qu’un seul enfant et non pas deux. On nage en pleine confusion intellectuelle, en plein délire schizophrène, il y a du « crétin » dans l’air, comme dirait un certain philosophe.

Toute la stupidité de l’argumentation est dans le « hiérarchie » qui traîne par là. Nos pontes ne veulent pas qu’il y ait de « hiérarchie » entre les reconnaissances officielles des naissances et des filiations. Il ne faut pas, dans leurs petits esprits étriqués, que l’on considère que celui qui est enfant naturel de son père et sa mère soit couronné supérieur à celui qui a été adopté ou fabriqué sur commande pour untel ou untel. Un concentré de la stupidité des gaugauchistes qui nous gouvernent, depuis les hommes de pouvoir jusqu’au magistère de l’université.

La débilité du « raisonnement » (en est-ce encore ?) devrait aveugler quiconque a plus de 80 de QI : ce que promeuvent nos têtes bien pleines de vide, c’est qu’il faut dénier toute différence car elle crée de la « hiérarchie ». On est bien là au centre de leur trouble mental : dès lors que deux choses sont « différentes », il y en a une qui est supérieure hiérarchiquement à l’autre. On a le même jus de cerveau malade (en hommage au cerveau malade de la Matinale de France Inter) dans la théorie du genre (qui-n’existe-pas) et les ABCD de la débilité de la sinistre de la déséducation nationale : les femmes, ça n’existe pas, sinon elles seraient inférieures aux hommes. Puisqu’elles sont proclamées égales aux hommes, il faut bien – c’est tout ce qu’il y a là de logique, pour une fois – que les hommes et les femmes soient la même chose*. Dès lors qu’on oublie que l’égalité est « en droit » et non en nature, il ne peut en effet plus y avoir de distinction qui différencie des choses qui sont égales. Or eh bien non,                                                                        BAmMWzvCEAENonI.jpg:large

LES FEMMES NE SONT PAS ÉGALES AUX HOMMES,

ET LES HOMMES NE SONT PAS ÉGAUX AUX FEMMES !!!

ils sont différents les uns des autres et les unes des autres. Un homme n’est pas une femme ni une femme un homme. Il ne saurait y avoir la moindre égalité possible entre les hommes et les femmes ; sinon, ce serait qu’il n’y a aucune différence entre les hommes et les femmes. Ça ne se discute même pas ; c’est comme ça.

Mais attention. Le vent qui souffle dans les crânes égalitaristes du déni prétendent que le contraire d’ « égal » est « supérieur » (ou inférieur). Or c’est faux, en mathématiques, mais aussi dans la langue, il n’y a aucune ambiguïté : l’antonyme d’égal, c’est différent, ça n’a jamais été supérieur ni inférieur qui sont antonymes l’un de l’autre et non d’ « égal ». Si l’on veut imposer l’ « égalité », cela signifie et ne signifie rien d’autre que de vouloir refuser la différence. On ne peut en aucun cas être égal et différent, ce qui est égal est le même ; l’égalité c’est la mêmeté. La déclaration des droits l’avait bien saisi qui exigeait que les droits soient égaux, que les droits soient les MÊMES pour tous. Mais les révolutionnaires n’étaient pas si sots que leurs lointains avatars pédants, ils n’avaient jamais prétendu que les individus étaient tous les mêmes, ni qu’ils étaient « égaux » entre eux. Eux avaient bien compris que raconter telle ânerie serait stupide.

Alors voilà, pour en revenir au fatras de cettefaire-l-autruche phrase ridicule du rapport au gouvernement, dans la mesure où nos chéris de réfléchisseurs** ne veulent pas que l’on stigmatise ceux qui auraient tels ou tels parents plutôt que d’autres, il faudra dénier qu’il existe toute différence entre les parents de toute sorte. Cette politique a un nom, on la nomme couramment « de l’autruche », elle consiste à mettre la tête dans le sable pour ne pas voir les choses telles qu’elles sont – une fois la tête dans le sable, effectivement, tous les grains de sable sont d’autant plus égaux qu’on ne les distingue même pas les uns des autres. « Cachez-moi ce sein que je ne saurais voir ! » est la phrase que devraient prendre en slogan tous ces apôtres de l’ « égalitarisme » à tout crin. S’il y a encore une fois une seule logique ici, c’est de refuser d’accepter les différences dès lors qu’on veut que tout soit égal.

Pourtant, si une serviette est quand même bien différente d’un torchon, celui qui y dénoncerait une supériorité de l’un sur l’autre serait bien aussi abruti que nos doctes rapporteurs ! Certes, pour essuyer une assiette, mieux vaut un torchon ; mais la serviette a ses utilités propres où elle se révélera plus efficace qu’un torchon. Lequel est supérieur de la souris et de l’éléphant ? l’éléphant est plus gros, il paraît même qu’il est plus intelligent, il vit plus longtemps aussi ; mais l’éléphant préférera souvent une pauvre petite souris à un de ses congénères éléphants ! Qui est supérieur de l’homme et la femme ? pour porter des enfants, en tout cas, l’homme est très très mauvais… en fait, il n’en est même pas capable. Cela ferait-il de la femme la supérieure de l’homme ? Eh bien non. Tout ça, ce n’est que parce que l’homme et la femme sont différents ! Eh oui : l’homme et la femme ne sont pas égaux.

Alors est-ce que tous les types de filiation sont pareils ? ou bien au contraire sont-ils différents ? Eh bien il y a bien deux liens de filiation qui s’opposent radicalement – scientifiquement et génétiquement prouvable –, il y a d’une part les enfants biologiques, d’autre part les enfants adoptés. Or ces deux liens sont essentiellement DIFFÉRENTS dans leur nature, il n’y a pas la moindre égalité entre le lien d’un père ou d’une mère avec son fils ou sa fille biologique, et celui d’un parent avec un enfant adopté. « Là où il y a différence de nature, non de degré, il n’y a aucune inégalité », rappelle Simone Weil. La science est là qui le dit à 99,999999 %, elle prouve que celui-ci est ou n’est pas l’enfant de celui-là. Ça n’est pas pareil. Point barre.

Alors pourquoi la loi devrait-elle dénier ce que dit la nature et que prouve la science ? c’est absurde. Pour autant, au nom de quoi faudrait-il voir que le lien biologique naturel de filiation serait « supérieur » (« inférieur », semble-t-il, si l’on en croit le sous-Moix grognon de la littérature française) au lien de parenté d’un adoptant ? Ces liens sont au contraire différents – pas en tout, d’ailleurs –, ces liens de filiation ne sont pas égaux, il n’y en a pourtant pas un qui soit meilleur que l’autre (sauf à nous le prouver). Il y en aurait un où il y aurait plus d’amour ou d’autre chose que dans l’autre ? j’en doute… Pour autant, fabuler que le rapport avec un enfant adopté est en tous points semblable à celui d’un parent avec le rejeton qui porte ses gênes, c’est perdre la tête ! Et sans aucune façon parler ici de supériorité de l’un ou l’autre de ces deux rapports différents. Il n’y a donc aucune raison de vouloir à tout prix « résolument » dénier la réalité et les proclamer pareils, en dépit de tout bon sens. Ils ne sont pas pareils, ils ne sont pas les mêmes, ils ne sont pas égaux, répétons-le ! et ils ne le seront jamais. Ce qui, par contre, n’empêche pas d’accorder les mêmes droits à ces deux filiations, dès lors que l’on accepte de reconnaître leurs différences.

* « toutes les comparaisons où l’on s’efforce de décider si la femme est supérieure, inférieure ou égale à l’homme sont oiseuses. » Simone de Beauvoir

** « réfléchisseurs » : mot qui leur convient d’autant mieux qu’ils réfléchissent davantage le mince halo de lumière qu’on leur a prêtée qu’ils ne réfléchissent par eux-mêmes avec leurs muscles cérébraux remplacés par des miroirs réfléchissant les clichés de la société postmoderne.

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