La France est un peuple de race blanche

Puisque la polémique est quasi éteinte, autant revenir dessus !

La polémique, c’est Nadine Morano qui déclare sur le plateau d’On N’est Pas Couché que « la France est un pays de race blanche ». Entendant ça, on a tout à la fois reconnu la citation du général de Gaulle dont elle se réclame et l’on est à juste titre choqué par ces propos qu’elle tient tandis que ceux du Général ne nous ennuyaient pas.

LA RACE

On devrait passer sur la stupidité de ceux qui s’insurgent en bêlant que les-races-ça-n’existe-pas, troupeau aussi bête que celui des la-théorie-du-genre-ça-n’existe-pas. On saluera au passage la naissance d’une nouvelle race d’idiots au sein de la bien-pensance : celle des « ça-n’existe-pas ». Les ça-n’existe-pasProjet5 de la race se réfèrent en général au Larousse de 2012 (ou 2015, ce qui n’a aucune importance), confondant ce best-seller pour sapin de Noël avec un dictionnaire. De tels bouquins que les Larousse, Littré ou Robert, dans les recherches sérieuses (universitaires par exemple), on ne s’y réfère que pour aller y chercher les sottises qui, tout au long de leurs histoires, y ont été éditées à grand tirage. Quand on veut connaître le sens d’un mot à une période donnée, c’est aux neuf éditions du Dictionnaire de l’Académie que l’on s’adresse. La définition de la race, dans le sens que l’on doit comprendre de Mme Morano –  race blanche, noire, jaune… –, est clairement donnée dans le seul dictionnaire acceptable en France.

Capture du 2015-10-27 16:07:55

Oui, la race blanche existe, il n’y a à cela le moindre doute ; cette race consiste en cette constatation que font nos yeux que des hommes sont génétiquement destinés à avoir la peau d’une couleur ou d’une autre. Quand les petits malins affirment que les scientifiques nient l’existence des races, ils oublient juste de préciser que c’est le fondement scientifique que ces chercheurs nient. Clairement, dans un laboratoire ou un colloque de chercheurs en anthropologie, on n’emploie pas le mot race pour les groupes humains car c’est un terme qui, dans ce milieu des sciences dures, ne correspond à rien de leur définition du mot « race » (définition que ne connaissent que ces scientifiques). Morano, moi et vous, sommes-nous anthropologues ? non. Donc nous n’avons aucune raison de prendre le mot « race » avec la définition spécifique de ces scientifiques. On sait bien aujourd’hui, contrairement à ce que prétendaient nombre de scientifiques jusqu’en 1945 (et pas seulement en Allemagne nazie, aux USA et dans bien d’autres pays aussi), qu’il n’y a pas de « races humaines pures » au sens génétique. Cela ne nous empêche pas de dire de quelqu’un qui est noir de peau qu’il est de « race noire », de quelqu’un qui est blanc comme moi, qu’il est de « race blanche » ; ce car nous n’attribuons pas à ce terme de race le sens exclusif que lui donnaient ces scientifiques racialistes d’il n’y a pas si longtemps. Et nous n’avons pas à renoncer à user de ce mot « race » puisque nous ne l’employons pas dans son sens scientifique mais dans son sens commun. Il serait d’autant plus malvenu d’adopter ici le sens scientifique dans nos conversations quotidiennes ou des discours politiques que nous nous souvenons de la culpabilité de beaucoup de scientifiques qui ont travaillé à légitimer par leurs recherches des différences radicales entre les races humaines. On oublie trop souvent la responsabilité de la science et de certains de ses ouvriers dans l’Holocauste et dans bien d’autres horreurs ! Ces gens, les scientifiques, seraient bien mal avisés de donner des leçons à quiconque.

« UN PAYS DE RACE BLANCHE »

S’il n’y a rien de choquant, sauf pour des idiots, à parler de « race blanche », il y a bien pourtant quelque chose qui accroche les oreilles dans cette déclaration que « la France est un pays de race blanche »… Or, quoiqu’elle se légitime à de Gaulle, Nadine Morano ne reprend pas ce que disait celui-ci. En effet, ce n’est « pays » mais un « peuple » de race blanche qu’était la France du Général. Or il y a là une différence majeure. Si ces deux mots peuvent être considérés comme synonymes, sur une cinquantaine de synonymes en ordre décroissant, « pays » est dans les dix derniers synonymes de « peuple ».

Ce que donnait de Gaulle, c’est une définition de ce qu’est la France. Il expliquait ce que, selon lui, était « la France ». En parlant d’un « peuple de race blanche », avec tout ce qu’il y a de vague dans ce mot de « peuple », il cherchait une essence de la France hors d’une concrétude matérielle. La France de de Gaulle est de l’ordre de l’idée, c’est une abstraction, « un peuple ». À de Gaulle, il faut fuir une réalité triviale et légaliste pour circonscrire la dimension spirituelle de ce qu’est « la France » selon lui. Car oui, la France est autre chose qu’une administration, des habitants et des autoroutes !

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Or, que nous dit Nadine Morano ? Que la France est un « pays » – certes, la France est effectivement « un pays » – mais « de race blanche ». Elle ne se place plus dans le champ de la recherche de définition ; au contraire, elle veut faire un constat. Que dit-elle ? que ce pays qu’est la France – cette terre, cet État – est « de race blanche ». On n’est plus là dans la définition d’une essence de la France, on est dans l’affirmation que l’Hexagone est de race blanche (ou, du moins, que ses habitants le sont). Or, est-ce vrai ? bien évidemment non. Si certains pays – Allemagne, Israël… – peuvent se définir par leur « race » (étant entendu que ce n’est pas au sens des sciences dures que l’on emploie ce terme), ce n’est le cas ni de la France ni des États-unis ! Si l’Allemagne est historiquement, assez loin dans le temps, la terre des Germains et connaît le droit du sang dans sa législation, si l’Israël légitime ceux qui peuvent en être citoyen en fonction d’une race supposée (de nombreux États dans le monde font de même que l’Allemagne ou l’Israël), la France n’est même pas la terre des Francs mais plutôt celle de Gaulois et de Celtes et ne connaît depuis toujours que le droit du sol. Dans ces conditions, définir la France, sauf à la transformer, comme un « pays de race blanche », à cela on ne peut répondre que non !

On ne doute pas que toutes ces subtilités, qui font que la phrase de de Gaulle nous plaît quand celle de Morano est dure à avaler, n’ont pas effleuré la conscience de celle qui prétendait reprendre le Général. Contrairement à celui-ci qui savait ce qu’il disait, on n’a guère de doute que Morano s’exprime sans812905-000_par8263124 maîtriser le sens des mots qu’elle emploie… Ce qui est le cas de bien de nos politiques contemporains, à commencer par Sarkozy, Hollande, Valls, etc. tous connus pour leur manque de culture. On pourrait tout de même souhaiter que ceux d’entre eux qui ne maîtrisent rien aux sujets qu’ils traitent s’abstiennent de les aborder.

La plainte déposée par l’association pro-racisme LICRA a été avec justice classée sans suite.

 

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4 commentaires pour La France est un peuple de race blanche

  1. Saligo dit :

    Conformément à l’adage « je ne crois que ce que je vois », tout le monde n’ayant pas une éprouvette de laboratoire à son chevet ne peut donc s’en référer qu’à sa propre vision du Monde. Il ne peut que constater que des différences d’aspect existent. Ces différences à l’intérieur d’une même espèce sont le résultat de notre évolution dans des environnements différents. Nous avons utilisé le terme « race » comme on le faisait avec les espèces animales domestiques que nous transformons selon nos besoins.
    En voulant faire à tout prix une hiérarchie dans cette forme de classification, il est indéniable que les théories nazies et les exactions du colonialisme ont donné à ce mot une connotation très négative. Faut dire aussi que la science n’avait pas encore décidé qu’il n’y avait plus depuis belle lurette qu’une seule espèce humaine sur la planète, et ce quelle que soit son aspect physique.

    L’homme qui n’est qu’un animal est classé de la même manière qu’eux, en espèce, sous-espèce, genre, ordre, famille, etc.
    Les beaux esprits ont beau clamé haut et fort que nous sommes tous identiques, les termes multiculturalisme, pluriculturalisme, mixité, etc. sont très à la mode, mais on est bien d’accord pour reconnaitre que ce n’est pas demain la veille que le jeune cadre dynamique occidental bien propre sur lui se mettra en ménage avec sa sœur de « race » qu’est une aborigène d’Australie ou une pygmée des forêts d’Afrique centrale.

    Je ne suis pas d’accord pour dire que la France n’est pas un pays qui n’a pas toujours été occupé par des groupes humains, des peuples ou des ethnies de couleur de peau blanche, j’évite de parler ici de race.
    Les différents groupes humains qui ont peuplé le territoire connu aujourd’hui sous le nom de France ont tous été de couleur de peau blanche jusqu’aujourd’hui et cela depuis des lustres.

    Il y a une controverse quant à la couleur d’origine de la peau des humains. Une école de pensée pense qu’elle était noire et que les groupes qui ont migré sous des cieux moins ensoleillés que ceux d’Afrique ont vu leur derme viré au blanc. Cette thèse est très à la mode et elle est soutenue principalement par tous ceux qui y trouvent un bon argument pour lutter contre le racisme, scientifiques y compris, « nous serions tous issus de la négritude ».
    Une autre thèse nous dit le contraire, que les hommes auraient d’origine la peau blanche. La perte du pelage pour des raisons qui sont en débat, aurait exposé le derme aux ultraviolets du fort ensoleillement de la savane africaine, qui en réaction et par protection aurait viré au noir. Je passe le détail des arguments. Cette thèse peut elle aussi être utilisée contre le racisme, en clamant « nous serions tous issus de la blanchitude », mais elle n’a pas le même écho que la première et je ne sais pas pourquoi, bien que je m’en doute un peu, car personnellement c’est celle que je préfère.

    • adelannoy dit :

      Je me demande parfois si le cancer qui nous a enlevé Desproges n’était pas contenu dans son assertion que l’on pouvait rire de tout, mais pas avec n’importe qui ? Parce que, quand je l’avais entendu déblatérer cette stupidité même pas drôle, ça m’avait choqué. Y ayant réfléchi depuis, je sais qu’il n’y a aucun doute qu’il a tort et qu’il faut rire de blagues racistes, même avec les pires racistes, c’est peut-être même le début de la solution ?
      Vous dites beaucoup de choses très intéressantes mais je reprendrai que vous avez tort d’éviter d’employer le mot « race » dans l’un de ses sens, ce pour ne pas froisser des oreilles mal comprenantes (ou mal intentionnées). Ce n’est pas parce que certains individus (beaucoup chez les zantiracistes patentés Licra, Mrap, SOS racistes, etc.) sont complètement idiots qu’il faut reculer quant aux mots dont on use ! Au contraire, il faut protéger le dictionnaire et notre langue des fascistes de l’antiracisme.

      • Saligo dit :

        Vous avez sans doute raison par rapport à l’utilisation du mot « race », mais personnellement j’ai toujours pu éviter de l’employer dans les nombreuses discussions que j’ai pu avoir au long de ma vie, et ce de façon toute naturelle.
        Certainement le résultat d’une éducation au long des années soixante où la peur d’un retour du racisme était très vivace suite à la guerre d’Algérie et de l’immigration qui a suivie. N’empêche que je me suis opposé très souvent à ceux qui refusent d’utiliser ce mot sous prétexte qu’il n’est plus utilisé pour différencier les humains, voulant à tout prix effacer les différences avec des seuls mots. Cet argument était insatisfaisant pour moi.
        Dans la même veine, il ne faut pas dire de quelqu’un qu’il est noir, mais qu’il est une personne de couleur, etc.
        Les discussions deviennent de plus en plus difficiles et les gens refusent les arguments issus de la réalité y préférant ceux issus de leurs idées. Et vous avez raison de dire qu’il y a des fascistes de l’antiracisme.
        Nous sommes dans un conflit entre les sciences sociales et humaines qui s’oppose aux sciences de la vie. L’exemple le plus flagrant c’est celui ou l’humanité va bientôt décréter qu’à côté du genre féminin et masculin, il y en a un autre. Et bien entendu sur les 5800 espèces de mammifères, une seule, la nôtre aurait un traitement particulier en matière de sexualité.
        Un peu dans le même registre, Christian Combaz, écrivain, journaliste au Figaro, journal dont je ne suis pas lecteur, à écrit une phrase que l’on m’a retranscrite et que je trouve très vraie, même sortie du contexte où elle a été écrite, la voici ;
        « Il y a trente ans, avant que la vie des idées, en France, ne devienne hystérique, quand on ne partageait pas l’avis de son adversaire, on s’écriait. Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites. Désormais, on lui répond qu’il n’a pas le droit de le dire ».

  2. Ping : reductio ad islamum | Adelannoy's Blog

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