Rapport « Cohésion républicaine » du PS

Au 30 janvier 2015, le PS avait pondu un genre de rapport assez tordu qui était passé sans que l’on s’y attarde. Il vaut malheureusement le coup d’œil !

On y fustigeait les « terribles attentats » (ceux de janvier 2015) : or attention à l’emploi d’adjectifs ! en particulier à « terrible », à la fois pathétique et, par là-même, quelque peu ridicule ; dans tous les cas, manquant du sérieux que l’on attend d’une étude sereine des faits. En l’occurrence, ce « terrible » n’ajoute rien ici qu’une dramatisation irrationnelle.

« La République est minée de l’intérieur par tous ceux qui placent la question de l’identité devant celle de l’égalité. » Peut-être… mais quel rapport avec les attentats ? Où sont les revendications d’identité et d’égalité dans les attentats de janvier ? nulle part ! Qu’il y aient d’éventuels problèmes d’identité et d’égalité n’est même pas incident, ou de très loin, avec ce qui s’est passé à Charlie et à l’Hyper casher. Les faits : des Français ont assassiné d’autres Français au nom de leur conception d’une religion, l’islam, ce en soutien à une puissance étrangère dans laquelle ils se reconnaissent plus ou moins, l’État islamique.

Au 3e § : « veulent forcer à se tenir à l’écart, en marge du récit républicain ». Il y a faute de syntaxe : la phrase, longue, se perd et sa fin n’a aucun sens. En effet, on ne sait pas qui sont ceux qui voudraient « tenir à l’écart » ni qui seraient ceux que l’on voudrait « tenir à l’écart » ! Par ailleurs, faut-il  comprendre « le gouvernement » dans l’emploi de « la République » quand on parle de « ceux qui considèrent que la République perturbe ou corrompt la vérité de telle ou telle religion » ? ça n’est absolument pas clair, c’est même particulièrement fumeux. En début de phrase-paragraphe, si l’on saisit à peu près de quoi il s’agit avec « les tenants du  « grand remplacement » » , pour ce qui est de « la « grande séparation » », expression que nous n’avons jamais entendue, on reste dans l’expectative… N’a-t-on inventé cette « grande séparation » que pour faire pendant au « grand remplacement ? Tout cela est très léger !

Le 4e § ressemble à un fourre-tout de tout ce qui n’irait pas en France. On regrette que sa seconde phrase soit une phrase non verbale ; on admettra que, ponctuation moderniste oblige, il faille voir un « : » dans le point final de la première phrase, la seconde se contentant de décliner les objets fustigés par la première. On remarque le chômage « trop élevé » : le chômage ne serait donc pas un problème en lui-même ? Le problème ne serait que le fait qu’il soit « trop élevé » ? doit-on croire que ce n’est là que maladresse ou que le PS se satisfait au contraire de la pérennité d’un chômage ?

Deux paragraphes plus loin, il faudra que l’on nous explique comment la liberté peut être « garantie par la primauté de la loi » ? C’est évidemment un non-sens ! En aucun cas la loi ne peut garantir la liberté mieux que l’absence de loi ; c’est contre-vérité de prétendre le contraire. La loi donne des limites à la liberté ; elle la garantit, si ce n’est dans ses prétentions, que rarement. C’est même là le fondement de l’anarchisme. On est en plein sophisme ! Par ailleurs, il est faux que la République n’ait « jamais cessé de se construire … sur l’égalité des sexes ». C’est même, sauf depuis la IVe République, exactement le contraire : les Ière, IIème et IIIe Républiques ont au contraire accentué, par rapport à l’Ancien Régime, cette inégalité des sexes. Tous les féministes sérieux savent que la Révolution a marqué une régression de la place des femmes dans la société.

« Défendre la République, c’est affirmer une volonté intransigeante de protéger ce qui apparaît comme le meilleur », certes, mais il faudrait préciser à qui cela « apparaît comme le meilleur » ! Pour les assassins de janvier puis de novembre, ce « meilleur » consiste à tuer des Français mécréants (ou non). Le « meilleur » est relatif, personne n’en a une définition universelle ; dès lors, cette proposition est un truisme, une déclaration creuse sans le moindre intérêt. La suite du paragraphe est d’ailleurs une série d’incantations langue de bois sans le moindre fond : « réinvestir le champ de la réflexion », « appeler à une nouvelle conscience démocratique, au sursaut des élites », « au réveil d’une opinion publique inquiète »… roulements de tambour, « ta-ta-ta ! » c’est de l’art pompier !

Au chapitre suivant, on parle du « moment d’unanimité comme celui que nous vivons depuis le 11 janvier », relativisons cette supposée « unanimité » : elle a rassemblé presque deux millions de Français de tous âges, dont Dieudonné M’Bala Bala qui a manifesté dans la rue le 11 janvier avec la foule, de même que ma jeune camarade de fac Ariane, c’est beaucoup et l’on peut penser qu’il y a eu une solidarité au-delà de ces seuls manifestants ; manquent tout de même 64 millions de Français – dont moi – à cette prétendue « unanimité » ! Dès lors, tandis qu’Ariane est décédée depuis au Bataclan et que l’humoriste franco-camerounais a été éjecté le soir-même de cette pseudo unanimité, dans laquelle, pour des raisons légitimes, je ne me reconnais pas du tout, on imagine mal comment « transformer en pratique effective » ce qu’il faut bien reconnaître pour ce qu’il est : un ensemble informe de Français extrêmement divisés entre eux, comme l’a pointé Emmanuel Todd, et que, au fond, faute de mot d’ordre clair à ce rassemblement de tout et n’importe qui du 11 janvier, rien de commun ne réunit. Suit une nouvelle série d’incantations creuses…

Quant à cette « unanimité », il n’en reste bientôt plus grand-chose : « Les socialistes doivent mener un combat politique contre l’extrême droite et contre tous ceux qui ne veulent pas reconnaître la République comme un creuset. » L’ « unanimité » ne concerne en réalité que la PS – nombreux étaient les FN, les identitaires, les racistes, les islamophobes, les royalistes, etc. à manifester le 11 janvier. L’ « unanimité », ce sont les 17 % de Français qui soutiennent encore Hollande, personne d’autre, la messe (laïcarde) est dite !

« Les socialistes doivent mener un combat idéologique, dont la laïcité est la pierre angulaire », affirme-t-on. Nous avons en horreur les « combats idéologiques » ! Libre au PS de s’affronter sur le même terrain – idéologique – que notre ennemi, l’État islamique ; nous pensons au contraire que c’est là la pire chose à faire et que le combat n’est pas dans les nuages ni dans les « idées » mais dans le réel et dans nos rues. Quant à mettre la « laïcité » en pierre angulaire, nous doutons de la solidité d’un édifice qui se bâtirait sur si tendre caillou proprement indéfinissable. Faut-il encore rappeler qu’on parle là d’une conception de la laïcité très française, issue directement de l’Église gallicane, étrangère à quasi toutes les républiques de la planète qui s’en passent très bien ? D’ailleurs, la phrase suivante vient en démontrer une interprétation partisane – maçonnique dans les faits – en prétendant que la « laïcité en France … organise la séparation des religions, relevant du domaine privé, et de l’État, relevant du domaine public » ; cette séparation entre « privé » et « public », que l’on retrouve jusqu’au FN, est étrangère à la loi de 1905 de séparation de l’Église et de l’État. C’est effectivement « idéologique » – mais pas spécifiquement « républicain » – de prétendre le contraire.

« Le premier (du « combat ») est celui de l’école », sentence-t-on. C’est-à-dire que l’école, plutôt que d’enseigner des savoirs, doit servir des intérêts « idéologiques ». Formater les élèves à la bien-pensance, sélectionner les mômes en fonction de ce qu’ils pensent et non de ce qu’ils valent, faire faire du bourrage de crânes de notions contestées plutôt que de connaissances universelles, scientifiques, voilà le but assigné à l’école par le camp des saints. Ce qui est d’essence proprement fasciste et, comme l’a montré l’historien israélien Simon Epstein dans son histoire des Juifs au XXe siècle, est contre-productif : la République de Weimar avait instauré la lutte contre l’antisémitisme à l’école, devenus grands, ce sont ces élèves qui ont mis Hitler au pouvoir ; les nazis avaient instauré l’antisémitisme à l’école, devenus grands, ce sont ces élèves qui ont fait l’Allemagne d’après-guerre. Reprenons sans cesse les mêmes recettes qui n’ont jamais fonctionné !

« Transmission des valeurs », nous raconte-t-on. Quelles valeurs ? « renouer avec l’éducation populaire », mais qu’est-ce qu’on entend par « éducation populaire » ? tout cela est du vent ! On nous promet des « des débats sur la thématique de la laïcité », des débats ! Des débats dont sont exclus, dès le début « Éric Zemmour » et Renaud Camus et son grand remplacement ainsi que les sympathisants du FN, si l’on suit bien. Soyons séreux ! Notre premier critique littéraire, Valls, a exclu Houellebecq, Onfray, Alain de Benoist, Soral, etc. du débat ; quant à la grande penseuse du ministère de l’Éducation nationale, du haut de ses 80 de QI, elle ne veut pas de la concurrence de « pseudos intellectuels » tels que des académiciens comme Finkielkraut ou Hélène Carrère-d’Encausse. Soyons clairs : pas de débat ! mais des raouts mondains entre bobos du PS.

« Le contournement de la carte scolaire … met à mal la mixité scolaire », prétend-on : ce n’est rien moins qu’une contre-vérité. C’est au contraire la carte scolaire qui empêche la mixité, c’est l’obligation d’inscrire ses enfants dans le quartier de résidence qui interdit qu’ils rencontrent les enfants des autres quartiers et d’autres classes sociales. C’est le contournement de la carte scolaire qui permet à des enfants de quartiers difficiles de fréquenter des établissements de meilleurs quartiers et de vivre la « mixité scolaire ». Nombreux sont ces enfants, souvent issus de l’immigration, à fuir l’école et le collège-poubelle auxquels ils sont condamnés par la carte scolaire pour se rendre dans des établissements – grâce à de fausses adresses ou en payant dans l’enseignement privé catholique – moins mauvais, seuls établissements où ils auront une chance d’une « promotion républicaine ».

On pleure ensuite sur « les fermetures d’un bureau de poste, d’une agence du Trésor public, des services de la Sécurité sociale ou de la Caisse d’allocations familiales », fermetures regrettables, mais conséquentes directement des politiques d’austérité et de baisses des dépenses de l’État reconduites d’années en années depuis au moins Sarkozy, politiques conditionnées à la vassalisation de la France à l’Europe de Bruxelles. Il ne peut y avoir de politique de sauvegarde des services publics dans cette Europe avec les principes néolibéraux qu’elle a érigé en dogmes. Prétendre le contraire serait se mettre des visières ou être de mauvaise foi.

Demander aux fournisseurs d’accès de « couvrir de très haut débit les parties délaissées du territoire national » est, non seulement très à côté des problèmes, mais de même interdit par Bruxelles. Le « regroupement des services  … CPAM, CAF, Pôle Emploi en un lieu unique » va par ailleurs à l’encontre de cette présence disséminée sur le territoire qu’on prétendre vouloir juste au-dessus. La centralisation des services va de toute évidence à l’encontre de la multiplicité de leurs implantations. D’autre part, ces services sont gérés par les partenaires sociaux et non par l’État. Quant à ce que « la concertation des citoyens et la participation de tous doivent être encouragés », ce ne sont que des vœux pieux !

Nos amis du PS disent leur « reconnaissance à ces millions d’hommes et de femmes engagés dans la vie associative », oui oui, sauf que… c’est faux. Ce ne sont que les associations qui plaisent au PS qui sont encouragés, toutes celles qui auraient des idées qui ne lui reviennent pas sont au contraire stigmatisées. Le « vivre-ensemble » du PS, c’est le vivre-ensemble entre eux seuls qui pensent pareil ! On comprend d’ailleurs pourquoi c’est aux « préfets » que l’on voudrait faire appel – plutôt qu’aux Conseils départementaux ou régionaux par exemple – pour recenser ces associations : les préfets sont directement des agents du pouvoir nommés par lui tandis que les autres sont de plus en plus rarement PS. Faire appel aux préfets signifie les charger de sélectionner les seules associations qui plaisent au PS pour obtenir les subsides de l’État. De « ces millions d’hommes et de femmes engagés dans la vie associative », il ne restera que quelques milliers des associations plus ou moins gauchisantes de ceux qui votent PS, au moins au deuxième tour. Clientélisme : ça ne coûte rien, c’est l’État qui paye ! On veut même se servir du « service civique » à grande échelle pour subventionner, pour un honteux salaire de misère (573€ par mois), ces associations politiques qui permettent, cerise sur le gâteau, de faire baisser les statistiques du chômage chez les jeunes.

On vante « notre action depuis bientôt trois ans pour la croissance et l’emploi », c’est probablement, au vu des chiffres, les gouverne-ments Ayrault et Valls étant parvenus à faire encore pire que leurs prédécesseurs et que tous nos voisins européens, d’humour qu’il s’agit ?

Oui, « la hausse des actes antisémites … est insupportable. De même, d’ailleurs, que la multiplication des actes antimusulmans » ; cela posé, ce sont les actes anticatholiques, en France et dans le monde, pas seulement au Moyen Orient, qui est le vrai fait du moment et qui est absolument obéré par ce rapport « idéologique » et in-objectif au possible. Plutôt que de s’indigner de « la haine de nos compatriotes musulmans » par certains groupes, plutôt que des sentiments de ceux-ci ou ceux-là, nos amis du PS feraient mieux de s’occuper d’actes qui visent des gens victimes, souvent victimes de musulmans, soient-ils femmes, apostats, juifs, catholiques ou « homosexuels » ! le PS devrait davantage s’inquiéter des Français victimes de faits que de ceux qui ne le sont que d’affects !

Bien sûr, nos chantres de la liberté d’expression veulent commencer par sévir contre elle sur le net « sous peine [pour lui] de devenir un vecteur de haines » – toujours cette obsession sentimentaliste qui craint davantage la haine que les balles de kalachnikov ! (Le monde est pourri d’idées chrétiennes devenues folles!) Sans oublier les « théories du complot » ! vraiment, c’est bien là le problème de la France et des Français que les « théories du complot » ! expression stupide qui désigne tout ou n’importe quoi et dont rappelons que l’origine est l’assassinat de JFK, le pouvoir américain ayant ainsi stigmatisé toute autre perception de l’affaire de Dallas que l’officielle (à laquelle à peu près personne ne croit).

Affirmer qu’ « il a fallu plus d’un siècle à l’église catholique pour accepter la laïcité » est faux : la laïcité est un principe chrétien, les laïcs sont ceux qui ne font pas partie du personnel ecclésiastique. Le conflit entre l’Église et la IIIe ne peut légitimement être ramené à cette caricature grossière.

Je suis surpris de lire qu’il a fallu « attendre l’affaire Dreyfus pour que les juifs identifient l’État à la République » ! c’est là exactement un des arguments des anti-dreyfusards qui avançaient que l’on ne pouvait avoir confiance dans les juifs parce qu’ils auraient une deuxième allégeance, juive, cosmopolite, non française, et donc non républicaine. Cet argument fleure l’antisémitisme – certes « de gauche » – à plein nez ! Lire ça en 2016 signé par des « progressistes » du PS a quelque chose d’écœurant.

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Ce vil pamphlet made in PS fut signé par Laurent Dutheil, Alain Bergounioux, Florence Augier, Ericka Bareigts, Jean-Louis Bianco, Colombe Brossel, Sylviane Bulteau, Luc Carvounas, Marie Colou, Kamel Chibli, Karine Gloanec-Maurin, Elsa di Méo, Samia Ghali, Estelle Grelier, François Kalfon, Marc Mancel, Emmanuel Maurel, Sandrine Mazetier, Claude Roiron, Isabelle This-Saint-Jean, Yannick Trigance. Quelques-uns d’entre eux auraient heureusement désavouer cette prose digne dézeurléplussombres.

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