Déchéance de la loi El Khomri ?

C’est le désespoir. Pour toute personne qui se passionne un peu, avec un tant soit peu de sérieux, de commenter le politique, c’est le désespoir de devoir commenter ce qui se passe en France aujourd’hui. Le souci, c’est qu’il n’y a personne a commenter, le capitaine du pédalo, sire François Hollande, brille trop par son impéritie.

On m’a raconté – je n’ai pas regardé cette émission de variétés – que le président des Français avait fait une allocution « couillue » après le 13 novembre, le 16 semble-t-il. Et puis voilà…

Notre cher Hollande a tonitrué qu’il fallait déchoir de la nationalité française les terroristes. Les vivants, ce qui limite singulièrement le corpus vu que ces quidams ont une certaine tendance à se faire crever avant de se rendre, voire même à se transformer en banale bombe humaine (c’est moi, elle m’appartient…).

Bon, ôter, à des gens qui n’y tiennent pas, la nationalité française, je ne suis pas contre, ni pour, bien au contraire. Parlons sérieux trois secondes, cette histoire est d’une stupidité sans fond ! Les terroristes mus par l’idéologie de l’État islamique ne ressentent aucun affect pour cette nationalité française qu’ils ont. Le président malgré nous s’imagine-t-il que la crainte de perte des allocs et du droit de voter pour lui et ses sbires retiendront les uns et les autres de faire boum boum ici et là au nom d’une foi – celle en l’État islamique et en son calife – qui n’a que faire de cette séculière appartenance à la nationalité française ? Ben non ! c’est évidence. C’est à peu près aussi puissant que d’excommunier un non-chrétien (par exemple, mettons que Sa Sainteté le pape me raye des membres de son Église, ça va faire quoi ? pour moi rien du tout qui ne suis attaché à l’Église que par la tradition, ce qui certes n’est pas rien mais n’est pas tant en ce monde). Résumons ! les premiers à rire de la « déchéance de la nationalité », ce sont tous les potentiels terroristes qui n’ont que faire d’une nationalité qu’ils ambitionnent de dénier par leurs actes. Mais c’était un symbole fort d’un président en mal de monstration de sa virilité – son scooter rue du Cirque n’aurait-il pas sublimé assez sa libido ? On nage dans le ridicule de cour de récré mon-papa-il-est-gendarme. Pas sérieux.

Et puis voilà que bang ! La déchéance de nationalité du monsieur moi-président, pfuit, elle s’est fait désintégrer par la réalité politique, voire politicienne. On pardonnera aux politiciens, pour une fois, d’avoir bananer une mesure sans la moindre utilité contre l’ennemi qu’elle s’était désigné – les terroristes islamistes – mais qui, par contre, aurait pu risquer de se retourner contre d’autres adversaires de notre bien cher prince qui auraient déplu à sa grâce.

De tout cet embrouillaminis, que ressort-il ? que notre grotesque ressort encore plus grotesque avec sa déchéance sous le bras, c’est-à-dire que sa mesure inutile qu’il avait balancée avec des airs martiaux, il pourra se la mettre où il voudra. Sublime gadin qui fait hurler de rire de Brest à Raqqa.

Mais le président des attentats islamiques l’est avant tout du chômage et nous a fait pondre une loi (El Khomri) censée aider l’emploi en facilitant les licenciements – un coup de billard à quatre bandes (à trois, ça ne marche pas). Une légitime mobilisation s’est levée contre cette atteinte aux droits des travailleurs, or elle ne pourra avoir gain de cause sans écraser totalement l’ego bien mis à mal de notre bon maître, François Hollande. Quoi qu’il arrive, le prince du Château de la Pompadour est contraint de faire passer sa loi anti-sociale – fût-ce par un nouveau 49-3 – sous peine de passer pour le pitre qu’il est.

C’est une conséquence politique de l’enterrement de la déchéance de nationalité que la « loi travail » ne pourra pas être rangée dans les placards. L’insondable mal-habileté politique de Hollande s’est ici illustrée avec maestria. Par ces deux mesures, il s’est coupé de sa gauche qui désapprouvait ces deux textes, ce tandis que la droite la plus ripoublicaine, économiquement libérale et antisociale, l’a d’une part malignement coincé en faisant capoter le projet de déchéance de nationalité (dont cette droite ne peut ignorer qu’elle n’aurait aucun intérêt réel), d’autre part en contraignant le gouvernement à faire passer à tout prix, probablement par un 49-3 (donc sans modification) face aux « frondeurs » du PS qui voudront garder un espoir de réélection, une loi El Khomri désapprouvée par tous ceux qui se sentent un tant soit peu socialistes tandis qu’elle réjouit une droite libérale qui n’aura peut-être bien même pas à la voter.

Décidément, François Hollande restera dans les annales comme un champion de l’art politique à l’envers ! Le plus grand ennemi de François Hollande, c’est lui-même.

 

 

 

 

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