Lettre aux Musulmans de France

Je ne cherche à séduire personne que ceux qui aiment la vérité. Je n’ai aucune sympathie coupable envers l’islam, fût-ce celui dit modéré. Certes, je ne suis pas davantage islamophobe, ni dans le sens que je craindrais l’islam, ni dans celui que j’aurais une particulière détestation contre lui et ses adeptes. Je ne suis et ne serai jamais musulman, le ciel m’en garde ! mais il y a maux plus détestables que l’islam sur la terre.

L’ex-maire d’Orléans, personne tout à fait respectable et pour qui j’avoue une certaine sympathie, publie une « lettre aux Musulmans de France ». Je réagis à son apostrophe.

« Nouveaux sur la terre de France », qualifient-ils nos compatriotes mahométans ; certes, et puis ? Nos principes républicains ne légitiment pas de différence entre les Français qui seraient nouveaux et entre ceux qui le sont « de souche », comme on dit et comme je le suis à peu près.

Point de détail certes, mais donner deux mille ans à notre pays est une erreur historique. La France ne saurait exister sans les Francs qui lui ont donné son nom et qui l’ont consacrée en 498 par le baptême de Clovis, son roi.

La nécessité de devoirs plus que de droits pour les derniers arrivants entre en contradiction, non seulement avec le Contrat social de Rousseau, mais avec la tradition antérieure à la Révolution où le droit du sol était absolu et où toute prévalence – hormis pour les nobles – d’un sang était sans fondement. Tout Français n’a légalement davantage de devoirs que de droits sur le sol de France. Légitimement, la tradition royale, puis républicaine moderne, est sur le même constat.

Le devoir d’intégration, d’assimilation même, est en France le même qu’il se doit d’être dans toute contrée où un immigrant s’installe. Toute personne qui migre, et même vient en visite, dans un pays, se doit de respecter « les valeurs, les traditions, le mode de vie » du pays où il arrive. C’est une évidence, on est bien d’accord.

« Liberté, égalité, fraternité », est une belle devise… dont les plus avisés penseurs ont montré l’antinomie inhérente entre les deux premiers termes : l’égalité ne peut se faire dans la liberté, c’est un pléonasme. Soit on laisse libres les gens d’être inégaux, soit on les force à être égaux. Liberté et égalité ne peuvent se conjuguer que dans un certain équilibre entre une certaine imperfection de l’égalité qui autorise une certaine imperfection de la liberté. Cet équilibre est à trouver.

L’ « égalité homme/femme » est une stupidité absolue. Une femme est différente d’un homme. Or, nulle différence ne peut permettre l’égalité. Différent et égal sont des antonymes. Le principe républicain n’a d’ailleurs jamais été celui d’une égalité entre tous mais d’une égalité EN DROITS, ce qui change tout. Tous doivent avoir les mêmes droits sans pour cela être prétendus les égaux que la nature elle-même n’a pas voulu qu’ils soient. Les hommes ne sont donc pas plus égaux aux femmes qu’ils ne sont égaux entre eux, seuls leurs droits doivent l’être (ce sans nier la nature sauf à être un jean-foutre).

Après nous avoir sorti un padamalgam aussi niais que consensuel, M. le député Grouard participe de cette tentation d’identifier les terroristes s’inspirant de l’islam à des combattants uniquement fanatisés par un archaïsme de la lecture de leur Livre. Je devrais faire un travers pour expliquer où – comme beaucoup d’autres – il se trompe. On a opposé dans les médias menteurs des « déséquilibrés » aux vrais terroristes islamistes tels ceux du Bataclan. (Pour ma part, je n’emploierais pas le terme de « dégénérés » pour qualifier ces criminels.) Cette opposition est inepte. Non seulement parce qu’elle n’a aucune base théologique, mais surtout parce qu’elle exempte certains assassins de n’être pas sujets de problèmes psychiques. Or non, tout terroriste est plus ou moins un « déséquilibré ». C’est une catastrophe de notre monde moderne de vouloir tout isoler – psychique, religieux, politique… –, comme si rien n’avait d’incidence sur rien – ce qui est factuellement faux –, comme si une déception quelconque n’avait aucune incidence sur nous hormis le seul secteur où cette incidence a eu lieu. Comme si un différent avec son supérieur ne pouvait pas nous amener à penser que l’on est aussi ceci ou cela, musulman par exemple, et nous conduire à lui couper la tête au nom d’une croyance qui tombe à pic (conférer un fait commis en Isère).

M. Grouard a raison de dénoncer le repli identitaire. Par contre, on ne peut oublier que, dans sa ville, Orléans, les quartiers les plus peuplés d’étrangers, souvent d’origine musulmane, ont un taux de 50 % de chômage. Beaucoup d’entre eux viennent ou sont issus d’Algérie où le taux de chômage… est plus faible. Dès lors que des gens, faute d’espoir d’intégration par son moyen le plus naturel, le travail, sont perdus, ils se raccrocheront à ce à quoi ils peuvent ; effet de mode, tandis que c’était le communisme qui en envoûtait beaucoup il y a un demi-siècle, c’est la religion qui le fait désormais. En France, le problème n’est pas l’islam, le problème est le chômage ; et, avec ça, l’immigration qui n’arrête pas, à cause de l’Europe que soutient M. Grouard, de faire entrer des personnes sur notre territoire. Personnes qui n’auront comme seul avenir que des boulots au noir ou des aides sociales avant de se retourner vers les promesses de leur dieu.

Dès lors, comment reprocher à ces gens venus ici en croyant y trouver l’eldorado, confrontés à la réalité, de se rabattre sur leurs coutumes et d’opérer un « repli identitaire » qui virera au « communautarisme » ? Il ne fallait pas laisser entrer ces personnes ici où elles n’ont pas de place à prendre ; elles n’y auraient pas trouvé de frustrations à cause d’une situation économique déplorable depuis trente ans ; sans frustration, elles ne passeraient pas à la violence ; il fallait dire non à Maastricht et au traité de Lisbonne pour lequel M. le député a voté oui.

Bien sûr que les terroristes se revendiquent de l’islam, de là à les confondre, qu’elles que soient mes préventions quant à cette secte, avec des théologiens, c’est un saut qu’un abîme m’empêche de franchir.

Abrégeons. Le voile ne serait pas de nos traditions, ça n’est pas vrai. On voudrait prétendre que la tradition française est la jupe courte et le pantalon pour les femmes aux cheveux au vent ; tout le monde c’est que c’est faux. Ce que l’on sait, c’est que, hormis depuis une cinquantaine d’années, la femme en Europe n’a jamais été aussi libre qu’au Moyen Age où elle ne portait que robes longues et cheveux couverts. On peut penser que la femme postmoderne américanisée est plus libre que son aïeule de jadis, ou qu’elle est plus aliénée que jamais, mais en aucun cas on ne peut prétendre qu’il s’agit là d’une tradition française, ce serait an-historique, une contre-vérité.

Passons sur tout cela, on ne parle pas des problèmes, on se cache derrière des semblants pour ne pas voir les réalités.

 

Depuis ce post de M. Grouard, l’opposition gauchiste municipale Pseudo Socialiste (PS) a été saisie d’une crise de hainophobie en découvrant ce qu’avait noté celui qu’elle a essayé en vain (très en vain d’ailleurs) de détrôner. Sa rhétorique psychologisante est absolument indigente et complètement banale. C’en est fatiguant d’entendre ces soupes de moraline !

Capture du 2016-04-11 15:34:16

Il y aurait même des assos musulmanes qui voudraient ester contre M. Grouard… Voilà qui le rend tout-à-coup, quelque bêtise il eût pu dire, extrêmement sympathique !

Publicités
Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s