À l’ouest d’Alger…

Bonnes et mauvaises surprises à la lecture de À l’ouest d’Alger signé Aldo Sterone.

Les mauvaises surprises, ce sont quelques fautes d’orthographe, syntaxe ou grammaire. Or il n’y a pas eu d’éditeur pour corriger ces horreurs. Ce sont aussi quelques instants où l’auteur perd son lecteur ; mais cela, c’est le cas dans à peu près tous les livres, ceux de Tolstoï inclus. Plus ennuyeux, il y a souvent un style assez « littérature contemporaine » avec ces phrases dont nous assomme qu’elles ne sachent commencer que par un sujet, un petit côté camusien en quelque sorte, ce qui fait que le style d’Albert Camus, aussi sympathique puissent être le personnage et sa pensée, est absolument insupportable. Serait-ce là une fraternité algérienne entre nos deux auteurs ? Non. C’est l’air du temps qui dicte ces phrases fades, Houellebecq n’y échappe pas.

Il y a surtout une bonne surprise générale dans ces pages. Le tableau que nous dresse le célèbre blogueur algéro-franco-anglais de son pays natal est attachant ; son non-manichéisme – à l’opposé, en ces temps troubles, tant des droitards de l’Europe blanche que des vivre-ensemblistes de gaugauche – nous laisse à voir une Algérie d’après l’Indépendance, d’avant les massacres de la décennie rouge, une Algérie des années 1970-80 dans laquelle, à l’image de ces équivalents d’outre mer de nos H.L.M., tant par la fatalité du destin qu’à cause d’un certain laisser-aller bien humain, on décline de ces vitrines du modernisme socialiste de la Révolution nationale à un cloaque débordant de matières fécales.

On saluera tout particulièrement une construction narrative originale et très réussie qui scinde une histoire principale – une « histoire d’amour » – en l’entourant de portraits d’humains ni méprisables ni parfaits (donc pas de ceux qui traînent en caricatures littéraires dans les pages du quotidien officiel de l’État français, Libération). On est loin ici des crétineries du « un musulman ne boit pas d’alcool » ou « une musulmane est très pudique », fables qu’aiment à se raconter, copains comme cochons, islamophobes racistes comme islamistes radicaux. On est ici en présence de gens qui font vrai, de personnes de chair qui se débattent dans une société et une culture qui sont ce qu’elles sont.

Ce livre sera donc une vraie déception pour tous les apôtres de l’idéalisation de l’Autre comme pour tous ceux du Choc des civilisations. Tout au contraire, on reconnaît dans le roman très autobiographique d’Aldo Sterone des bâtons de vie hominidés qui, plus ou moins bien-plus ou moins mal, comme tout un chacun, font ce qu’ils peuvent.

Un bon moment de lecture.

Aldo Sterone, À l’ouest d’Alger, CreateSpace Independent Publishing, 2015.

Publicités
Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour À l’ouest d’Alger…

  1. Pascale dit :

    « son non-manichéisme nous laisse à voir une Algérie dans laquelle, à l’image de ces équivalents d’outre mer de nos H.L.M. que l’auteur nous montre, passer de vitrines du modernisme socialiste de la Révolution nationale à un cloaque débordant de matières fécales. »

    Si vous voulez critique le style d’un auteur, attachez vous à ce que votre article critique soit impeccable sur le plan du style , ou au moins de la simple syntaxe….

    • adelannoy dit :

      Merci. J’ai corrigé. J’avais oublié le verbe. Rien que ça. On m’avait déjà fait remarquer quelque chose dans cette phrase, mais pas exactement ce qui n’allait pas. Je me perds parfois dans ma syntaxe, d’autant plus facilement que je n’en ai rien appris, ni à l’école ni à l’université. Mon blog est écrit vite, d’où ces ratés qui me font confus.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s