Fillon et Macron sont dans un bateau

François Fillon a remporté la primaire de la droite et du centre. Il le doit au fait que, tout en étant un personnage connu, il n’était pas associé à grand-chose tant le président pour lequel il avait été le premier ministre pendant cinq ans, un Sarko trop avare de médiatisation pour laisser paraître ses serviteurs les plus fidèles, ne voulait pas se passer d’être aux premières loges. Résultat, le premier ministre, censé être un fusible pour le chef de l’État de la Ve, a grillé celui pour qui il aurait dû être ce fusible à l’électrocution-élection interne à la droite.

Passons sur le cas Juppé qui ne mérite même pas d’en parler.

Avec le « Pénélope Gate » et la découverte du vrai inconnu Fillon – un politicien très ordinaire qui « se débrouille » pour prendre l’oseille où on en trouve –, les Français découvrent qui était le personnage de l’ombre de Sarkozy. Quelqu’un de pas très brillant, un comptable qui prend pour lui les sous où il y en a sans trop se préoccuper de leur origine. Un homme politique à la petite semaine qui ne semble guère étouffé par des convictions de morale républicaine. La « banalité du mal » en plus moral mais moins probe que l’original.

Qui est Fillon ? Un technocrate européiste de la droite la plus traditionnelle, la pire, pas celle de valeurs qu’ont pu représenter en bien ou en mal Maurras ou De Gaulle, non, la droite orléaniste, la droite affairiste et bourgeoise, la droite qui sort de la messe pour fustiger ce fainéant de miséreux. Certes, à la droite de la droite de même qu’à l’extrême gauche la plus socialiste, son discours de détente avec la Russie avait des raisons de ne pas déplaire. Mais quant à ceux qui, comme les plus perdus des opposants au mariage gay, voyaient en lui quelqu’un qui refrénerait les dérives sociétales de la postmodernité, ils doivent avoir la mémoire courte puisque ce n’est pas Mme Vallaud-Belkacem, mais un des propres ministres du gouvernement Fillon, Luc Châtel, qui a imposé la théorie du genre qui-n’existe-pas au lycée en cours de sciences naturelles (alors que les gender studies recouvrent un camp de recherches universitaires en sciences humaines, c’est-à-dire littéraires, et n’ont aucun fondement en « sciences dures » telles les « sciences et vie de la terre », les SVT).

A priori, maintenant que la presse a déballé qui il était, Fillon est fini. Aucun regret.

Reste Macron. Pourquoi celui-ci pourrait-il plaire ? La réponse est simple, c’est la même que pour Fillon : parce qu’on ne le connaît pas. On a découvert ce souriant premier de la classe (je n’ai jamais aimé les premiers de la classe) il n’y a que deux ans et on ne sait pas qui il est. On a raconté des histoires d’amour ridicules pour faire pleurer dans les chaumières sur ce beau gosse, il est censé avoir des capacités par ses études et n’est pas associé par le quidam à grand-chose de concret, donc, beaucoup se disent, face à l’hécatombe des autres prétendants, pourquoi pas lui ?

C’est d’autant plus facile que ce Tintin n’a pas de programme et que, derrière les mots qu’il tricote comme un scoubidou, il n’y a à peu près rien, des envolées lyriques d’adolescent attardé, rien d’autre. Il est si vide que chacun peut mettre dans son néant ce qu’il aimerait y voir.

Le gentil freluquet de la banque Rothschild pourra-t-il continuer dans la vacuité pendant encore trois mois ? Ce sera difficile. D’autant qu’il a face à lui des adversaires qui ne sont pas aussi démunis d’idées énonçables que lui semble l’être. Il y a Marine Le Pen qui ne récite pas la messe évangéliste à la sauce macronienne. Il y a Jean-Luc Mélenchon qui a lui de vraies idées. Il y a encore Hamon, Dupont-Aignan, et même Poutou qui ne sont pas comme le beau-frère idéal Macron des perdreaux de l’année.

Tout porte à croire que, malgré ses soutiens élyséens, Macron n’est qu’une baudruche qui se dégonflera rapidement.

Publicités
Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Fillon et Macron sont dans un bateau

  1. Saligo dit :

    Moi aussi je n’aimais pas les premiers de la classe. Avec les pots à la récré, on leur mettait des baffes par anticipation, comme si on sentait qu’un jour ils nous pourriraient la vie.

    Même après un échec, je ne pense pas que Macron disparaitra de la scène « politique » aussi rapidement que cela. Les politiciens ou politicards traditionnels exaspèrent une frange de la population qui risque d’être de plus en plus importante et l’histoire Fillon va renforcer ce phénomène. Macron sera le réceptacle de tous les écœurés et déçus qui de crainte d’être taxé de populiste se tourneront vers lui. Car contrairement à Le Pen et à Mélanchon il n’a pas encore été affublé de cet adjectif.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s