Le quinquennat de Sens commun

Le quinquennat de Sens commun*

  • Allocution du 18 septembre 2017

Françaises, Français,

Vous m’avez élu à la présidence de la République et je prends très au sérieux la charge que vous me donnez. Je tiens à remercier ceux, majoritaires dans le pays, qui, en déposant un bulletin François Fillon dans l’urne, m’ont confié la lourde tâche de conduire notre pays, la France. Il me faut les rassurer de suite qu’ils n’ont pas eu tort : je mettrai en route le programme pour lequel vous m’avez choisi.

[…]

Vous connaissez mon attachement aux valeurs de la famille et savez combien je suis un homme de conviction. J’ai donc décidé, dès à présent, de la mise en place d’une commission qui, sous la direction de Luc Chatel, étudiera les possibilités, si ce n’est de l’abroger, de revenir sur certains excès consécutifs à la loi dite du « mariage pour tous ». Dans ce sens, j’ai d’ores et déjà suspendu les décrets de Mme Taubira concernant la transcription en droit français de l’adoption d’enfants nés de mère porteuse ou par PMA à l’étranger en contravention avec la loi nationale.

Par ailleurs, avec mon gouvernement, nous allons restaurer une véritable politique de la famille par une revalorisation sensible des allocations familiales pour les pères et mères d’enfants. Je dois vous avouer que nous envisageons aussi de restreindre la portée du « délit d’entrave à l’IVG ». Tout en étant sensible au problème des grossesses indésirées, il nous faut nous interroger, dans un pays civilisé et développé comme le nôtre, le pays de la liberté d’expression, je vous le rappelle, sur la pertinence d’empêcher ceux qui voudraient proposer aux femmes d’autres solutions que le recours à l’avortement de pouvoir leur présenter leurs propres alternatives.

Nous sommes par ailleurs très préoccupés par ce que certains appellent la « théorie du genre » et étudierons comment revenir sur certaines dérives de cet enseignement, dérives craintes, à juste titre, par beaucoup de parents. Père moi-même de cinq enfants avec ma femme, Penelope, vous savez tous combien ces questions me sont chères.

  • Allocution du 25 avril 2018

Françaises, Français,

La commission présidée par Luc Chatel a rendu hier ses conclusions dont j’ai pris connaissance avec l’intérêt que vous devinez. Les rapporteurs insistent sur la difficulté de revenir sur cette mesure phare, le mariage entre personnes de même sexe, de mon prédécesseur à l’Élysée. En effet, les dernières recommandations de l’Union européenne, dont la France est membre, ce en conformité avec les prescriptions onusiennes, insistent sur la possibilité d’étendre sans restriction le mariage à toutes les formes de pratiques sexuelles et le plus librement possible.

Par ailleurs, la Cour européenne de justice et la Cour européenne des Droits de l’homme ont averti que tout retour en arrière sur ces questions au sein de l’Union serait poursuivi devant leurs tribunaux. Personne ne voudrait abandonner l’Europe de paix et de prospérité dans laquelle nous sommes depuis cinquante ans ; aussi, mon gouvernement ne reviendra pas sur la loi du mariage pour tous.

Toutefois, conformément à ce qu’avait promis avant de se dédire Monsieur Hollande, nous allons instituer la possibilité d’ « objection de conscience » pour les maires qui, au nom de principes qui sont les leurs – je pense notamment à l’objection soulevée par le maire de Puteaux, Souad Elkhomri –, ne voudraient pas célébrer de telles unions. Les préfets pourront dès lors désigner un maire de substitution pour marier les couples si le maire sollicité s’y refuse.

En ce qui concerne le délit d’entrave, le Conseil d’État s’est opposé à ce que l’on revienne sur ce texte et nous en prenons acte avec consternation.

  • Allocution du 12 novembre 2018

Françaises, Français,

Je suis heureux de vous confirmer que notre politique familiale a porté ses fruits puisque la natalité en France a augmenté d’un dixième de points. C’est une grande réussite et mon cœur vibre à l’idée de tous ces petits Français que nous allons aider à grandir dans ce beau pays. Malgré les difficultés économiques persistantes, nous continuerons dans ce sens. Cela pèse lourdement sur les finances de l’État, mais c’est un réel choix de l’avenir, l’avenir au travers des enfants pour demain.

En revanche, la décision de ne plus retranscrire en droit français les enfants nés par procréation médicalement assistée ou par gestation pour autrui s’étant vue attaquée par les instances juridiques européennes, soucieux de garder les meilleures relations qui soient avec nos partenaires, j’ai demandé à Madame la ministre de la Justice, Nathalie Kosciusko-Morizet, de rédiger un nouveau décret dans des termes moins idéologiques que ceux de Christiane Taubira. De toute façon, notre intention n’a jamais été de discriminer des enfants innocents à cause de fautes éventuelles qu’auraient pu commettre leurs parents naturels ou adoptifs. Ces petits garçons et filles seraient devenus, et nous nous en réjouissons, français à leur majorité, nos amis européens tiennent à ce que cela ait lieu plus tôt, cela ne change pas grand-chose et nous serons tout aussi satisfaits de les accueillir, dès leur arrivée sur le sol français, comme membres à part entière de la communauté nationale.

  • Allocution du 2 juillet 2019

Françaises, Français,

Suite à certains excès qui ont alimenté la polémique autour des études de genre, je tiens à fermement démentir certaines rumeurs persistantes. Non, les études de genre n’impliquent pas la négation de l’identité sexuée mais permettent, au contraire, de la redéfinir en fonction des perceptions des individus. Je rappelle, à ce propos, que j’ai été un précurseur, et j’en suis fier, quand c’est mon ministre, Luc Chatel, sous la présidence Sarkozy, il y a bientôt dix ans, qui a eu la sagacité d’importer les conclusions de philosophes et sociologues de l’université américaine dans nos programmes de sciences naturelles. Ce faisant, la France ne sera pas en retard sur cette grave question et nous pourrons nous réjouir des chercheurs de haut niveau que ces études nous font espérer.

Il me faut rassurer tous les parents, ces études ne présentent aucun danger. Mais, et même si je ne veux pas incriminer nos enseignants, il se trouve qu’il y a effectivement eu quelques erreurs regrettables de quelques pédagogues ayant mal compris certaines préconisations de l’Éducation nationale. Ces fautes seront sanctionnées si nécessaire mais ne remettent en rien en question l’enseignement du genre à l’école. D’ailleurs, les études de genre sont désormais incluses dans les programmes de quasiment tous les pays européens, elles seront d’un grand bénéfice pour tous les Français.

  • Allocution du 20 juin 2020

Françaises, Français,

Vous savez mes convictions et combien elles sont inébranlables. Pour autant, notre pays traverse une crise difficile en ce moment. Ayant, suite au quinquennat Hollande, hérité d’une situation désespérée, nos réformes du Code du travail et de la durée du temps de travail n’ont pu, autant qu’on l’aurait voulu, redresser la balance des paiements de la France. La dette pèse plus que jamais, nous ne pourrons nous ranger sur les critères de Maastricht sans quelques mesures de rigueur.

Les marchés financiers, dont dépend notre économie, exigent que mon gouvernement coupe dans certaines dépenses. Nous ne pourrons, chers concitoyens, conserver l’euro, cette monnaie à laquelle les Français tiennent tant, sans qu’il n’y ait certaines contreparties. Il me faut donc, au moins provisoirement, revenir sur certaines aides sociales, notamment les prestations familiales et limiter leur poids sauf à alourdir de façon insoutenable les impôts des Français.

Jusqu’à ce que nous ayons enfin reçu récompense des efforts conséquents, mais indispensables, suite aux réformes que nous avons lancés avec courage des marchés de l’emploi et de l’âge de la retraite, jusqu’à ce que nous soyons entrés dans une meilleure conjoncture, je me vois contraint, et vous comprenez bien combien c’est pour moi douloureux, de diviser par deux les montants des prestations familiales en les limitant à deux enfants ayant droit par foyer. Ceci ne pourra être que temporaire mais c’est nécessaire pour que notre pays puisse encore rayonner, grâce à l’Europe, dans le monde.

  • Allocution du 21 décembre 2020

Françaises, Français,

À quelques jours seulement de Noël, cette fête qui célèbre la naissance d’un enfant auquel vous me savez attaché, nous avons enfin de grands motifs de satisfaction. Oui, notre pays va mieux. L’économie redémarre, les statistiques le démontrent.

La mesure que notre gouvernement a eu l’audace de prendre, l’été dernier, a en effet porté ses fruits. Ces fruits sont ces enfants que des mères françaises, avec une charité que j’oserai qualifier de chrétienne, font naître depuis que nous avons légalisé la gestation pour autrui sur notre sol. Nous pouvons, mes chers compatriotes, nous enorgueillir que la France est, et ce en seulement quelques mois, passé premier exportateur dans le monde. Les revenus de ce commerce, un commerce que je n’hésiterai pas à qualifier d’amour, sont lucratifs et viennent redonner espoir aux malheureuses femmes que la crise persistante avaient conduites bien en deçà du seuil de pauvreté. Plus que le savoir-faire français, c’est l’être humain conçu dans des ventres français qui envahit la planète. Français, et Françaises d’abord, soyons fiers de nous !

 

  • Allocution du 12 juin 2021

Françaises, Français,

Je suis bien aise de vous faire part de mon intention de briguer un second mandat à la tête de l’État. Oui, je ne ferai pas davantage durer le suspense, je serai, en avril 2022, parmi les candidats à la présidence de la République.

Suite à la nouvelle loi sur la parité que nous avons fait voter, loi qui impose, je vous le rappelle, qu’à chaque élection se présentent autant de candidats femmes qu’hommes, conformément à la loi de juin dernier qui autorise légalement à déterminer son sexe d’appartenance, je me présenterai sous e164a012cf8ca78c0ee8e4144a272439le nom de Françoise Fillon. En effet, Françaises, Français, mes cher.e.s compatriotes, j’ai réalisé que j’étais une femme tout au fond de moi. Cela n’aura aucune incidence sur mon mariage puisque, dans le même temps, Penelope, mon épouse-mari que j’aime, a, de son côté, compris qu’elle était en fait un homme. Croyez, cher.e.s concitoyen.ne.s, que je serai heureuse d’être la première femme présidente de la France !

* Sens commun est un mouvement politique créé afin de récupérer les éléments les plus droitards de la Manif pour tous au profit de l’UMP-LR, et donc de Fillon.

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