Macron ne veut pas se résoudre à ce que le FN soit le finaliste qui décide de l’autre

J’ai regardé l’interview de ce week-end d’Emmanuel Macron par Laurent Delahousse sur France 2. Rien n’a été dit qui dise quoi que ce soit et encore moins. Le candidat qui se proclame faire face à la « haine » (le FN selon lui) s’y présente, par trois fois, comme celui de la « colère ».

Je note cette phrase : Macron se définit comme « l’émergence d’une nouveauté profonde, radicale ». Il est donc l’émergence, vers le haut, de quelque chose de profond plongé dans les racines, vers le bas. Est-ce une figure de style, un oxymoron, ou une maladresse ? Ça ne raconte surtout pas grand-chose, n’importe quel candidat pourrait reprendre une telle phrase à son compte, ça ne mange pas de pain ! Je crois que c’est surtout assez symptomatique d’un caractère de « grandeur et décadence » du personnage, genre de Phaéton (ou d’Icare) qui a volé le char du soleil et retombe dans les profondeurs de l’océan.

Plus loin, M. Macron nous affirme que « faire, ça fait partie du pouvoir ». Certes, ça ressemble à un sujet de dissertation de philo mais il suffit de réfléchir trois secondes pour conclure que non, le pouvoir est la possibilité de lancer quelque chose, mais ce n’est pas « faire » qui le dépasse. C’est même le contraire : c’est le pouvoir qui n’est qu’une partie de faire.

Étrange encore que cette déclaration : « Je ne veux pas me résoudre à ce que le Front national soit le finaliste qui décide de l’autre. » Macron ne se résoudrait donc pas ce que le FN soit finaliste – il l’est, il y a deux finalistes, Mme Le Pen et M. Macron. Ne se résoudrait-il pas, alors, à ce que sa concurrente soit celle « qui décide de l’autre » ? Excusez-moi ! Ça n’a juste aucun sens, je ne comprends même pas ce qu’il a voulu dire, cette phrase est proprement inepte.

La seule chose qui nous en apprenne peut-être un peu sur le « projet » (mot qu’affectionne, autant que le fait le monde de l’entreprise, le leader d’En Marche) qu’il défend, c’est de qualifier d’ « empêché par les circonstances » François Hollande. En effet, s’il excuse celui auquel il veut succéder à l’Élysée, c’est donc qu’il juge que son « projet » était bon mais que les « circonstances » ont « empêché » Hollande de le mener à terme. Pour quelqu’un qui se prétend si différent et si loin du « système », voilà qui sonne faux !

Passons vite sur une belle faute d’accord, lui qui joue les grands intellectuels (mais en colère) dans un monde de brutes, par laquelle Emmanuel pourrait gagner un l et un e et s’appeler Emmanuelle : « Les lectures auxquelles elle [sa grand-mère] m’a ouverte ». Eh ! rigolo! C’est avec « m’ », toi, Macron, le philosophant du CAC40, que s’accorde ouvert, et ça fait donc « ouvert » et non « ouverte »… à moins que tu ne sois une fille.

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